J’ai fait un vers solitaire.
« Tout seul, il ne rime à rien.
On dirait même un vers sot ! »
S’agitèrent les ariens.
« Le poème est un ruisseau :
Il lui faut début et fin !
Voyez ce vers tout pataud
Source jaillissant soudain,
Rentrant en terre aussitôt ! »
Ma muse, muet témoin,
Dans son coin ne pipant mot,
N’en pensait, certes, pas moins,
Assise sous les rameaux.
« Vos propos demeurent vains :
Vous n’êtes que des idiots !
Le poète est souverain
Comme les dieux primordiaux ! »
Fi de tous ces mandarins,
Se croyant maîtres du Beau !
Je sortis en Tartarin
Vainqueur des duels verbaux.
J’ai fait un vers solitaire.
Muse sous les rameaux © Mapomme

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