samedi 5 septembre 2026

Elégies nouvelles. Bannir l’altérité

  

Cocasse est la bêtise, empreinte d’amnésie,
Car l’idiot d’aujourd’hui ne peut pas ignorer
Bien que tant le dénient, saisis de frénésie,
Que l’ancêtre commun était très coloré.

Tout vrai suprémaciste y voit une hérésie,
Se sentant dans sa chair en vrai déshonoré ;
D’un espoir, leur âme devrait être saisie,
Puisque, par le climat, le noir fut minoré.

Quand un pays va mal et qu’il se voit hors course,
Qu’il claque sans compter, il faut un mouton noir,
Qui de nos errements pourrait être la source.

Haro sur le baudet ! pour garder le pouvoir
Et sauver les profits des géants de la bourse,
En chassant de l’Éden ceux qu’on ne veut plus voir.

Le beau pays purgé s’approchera du gouffre
Et fera s’accroître les maux de ceux qui souffrent.

Bannir l'altérité © Mapomme 

vendredi 4 septembre 2026

Elégies nouvelles. À la sueur du front

  

La canicule est là, pour la cinquième fois,
On fond, goutte à goutte, pour une longue peine ;
Si nous sommes sages, faisant ce qu’il se doit,
Dans dix ans on ira sans perdre ainsi haleine.

Marcher est un supplice et c’est avec effroi
Qu’on met le nez dehors, où un peuple se traîne ;
On se rend au super, où on ressent le froid,
Où légumes et fruits vident nos bas de laine.  

Le paysan se plaint en parcourant son champ :
La terre est craquelée et sa récolte maigre
Ne paie pas son labeur ; son banquier le fâchant

Exige des rentrées et ça tourne au vinaigre ;
Dans la rue, le péquin dégouline en marchant,
Regrettant les étés aux souvenirs allègres.

Reverrons-nous ces jours dans un futur lointain
Ou alors ce monde se sera-t-il éteint ?

A la sueur du front © Mapomme

Elégies nouvelles. Aux martyrs secourables

À Eva Reuter, au nom de tous les autres

 

Dans un conflit sans fin, bien des anges succombent,
Des anges de bonté qui offrent leur secours ;
Lorsque des missiles sur un même lieu tombent,
Que peuvent notre émoi et tous nos beaux discours ?

Un tyran sanguinaire emplit les catacombes,
Effaçant les printemps et tout élan d’amour
Par simple cruauté, dans la folle hécatombe,
Refusant que la paix fasse enfin son retour.

Faut-il être privé des semence futures,
En temps de pénurie, lorsque manquent les grains,
Offrir aux champs de mort votre progéniture ?

Qui peut se réjouir des moissons de chagrin,
Sinon quelque Merlin servant des dictatures,
Qui, aux projets sanglants, ne mettra aucun frein ?

Méprisons l’assassin, admirons les martyrs
Qui, vers des cieux meilleurs, ont dû soudain partir.

Aux martyrs secourables © Mapomme

jeudi 3 septembre 2026

Elégies nouvelles. Chassez le naturel...


On croit qu’une sorcière a renié ses sorts,
Et qu’elle se limite à une magie blanche ;
Chassez le naturel et bientôt il ressort,
Quand l’ostracisme ancien brusquement se déclenche.

Il est de vieux démons que l’on supposait morts,
Qui dans l’âme infectée à jamais se retranchent ;
Ils prennent le dessus, sans l’ombre d’un remords,
Sitôt que la sorcière a des paroles franches.

Alors le pays d’Oz, au futur pavé d’or
Exhume l’anathème et le vieil ostracisme,
Car on sourit dehors et on abhorre indoor.

La sorcière est-elle ivre et, sans nul exorcisme,
Elle bannit le voile à l’égal du tchador,
Possédée à nouveau par l’éternel racisme.

Le naturel chassé revient en vérité,
Car la sorcière l’a de son père hérité.

Chassez le naturel... © Mapomme  

mercredi 2 septembre 2026

Elégies nouvelles. Némésis vengeress

 

Il faut que l’assassin tremble si l’on prononce
Le nom de Némésis, la fille de la Nuit ;
L’évoquer agira tel un coup de semonce
Car la vengeance vient, résolument, sans bruit.

Aux crimes, autrefois, elle était la réponse,
Qui, pour le meurtrier, était source d’ennuis ;
À tout sanglant forfait, par avance, renonce
Et, droit vers l’horizon, pour longtemps pars et fuis !

Tyran, crains ton hybris qui te pousse à l’outrance,
À tuer un gêneur entravant tes desseins,
À voir dans la réserve une ample remontrance.

Un complot ne naît pas d'un silence succinct,
Augurant pour demain une brusque ingérence,
Et qui mènerait droit à un projet assassin.

Si l’orgueil te faisait commettre un homicide,
Némésis paraîtrait, te poussant dans le vide.

Némésis vengeresse © Mapomme 

Elégies nouvelles. Se fier aux étrangers

 

Il n’est pas spontané, face à un étranger,
Que d’un simple regard on lui fasse confiance ;
Ça l’est nettement moins, s’il vient nous déranger,
Même si l’on perçoit dans ses yeux sa vaillance.

La compassion incite à offrir à manger
Mais n’est-on pas trahi par son inexpérience ?
Pour chacun l’inconnu est source de danger,
Et un pressentiment ne vaut pas clairvoyance.

Tout son corps est meurtri par les flots écumants,
Et ne doit-on à l’autre empathie et entraide ?
Faut-il demeurer froid face à ce dénuement ?

L’humanité devient antisociale et laide,
Revêtant ses défauts de piètres arguments,
Et les humains en masse à l’égoïsme cèdent.

Conte-moi, naufragé, ton passé, tes ennuis :
Peut-être es-tu un roi que le malheur poursuit !

Se fier aux étrangers © Mapomme 

Elégies nouvelles. Paradoxal humain

 

Alors, c'est décidé, paradoxal humain ?
Tu déclines l'offre d'une éternelle vie,
Empruntant sur les flots un périlleux chemin
Où ton embarcation toujours sera suivie.

Ton épouse, peut-être, a accordé sa main
À quelque prétendant qui l’aura asservie ;
Et qui sait si ton fils, avant le lendemain,
Aura fini sa vie, par l’imposteur ravie ?

Un dieu farouche attend pour venger son enfant,
Sur ces flots incertains aux tombes abyssales,
Que nul pleur d’un parent des frissons ne défend.

Peut-être un prétendant parade dans ta salle,
Pourchassant tes parents que son épée pourfend,
Tandis que ton père porte des habits sales.

« Si je restais ici, qu’on me suppose mort,
Croirais-tu, Calypso, que j’irais sans remords ? »

Paradoxal humain © Mapomme 

mardi 1 septembre 2026

Elégies nouvelles. La tyrannie du look

 

Je vois autour de moi tant de temps épuisé,
Car le look compte plus que ce qui fonde un être ;
Le capital restant s’est donc amenuisé
À créer un reflet qui vous fait reconnaître.

Dans l’eau votre reflet est tellement prisé,
Qu’il devient sur le champ de vos pensées le maître ;
Se perd tout votre temps ainsi vampirisé,
Pour un précaire look qui viendra vous soumettre.

Je me douche, me coiffe et, une fois vêtu,
Du reste je me fous, en croquant l’existence
Dans le torrent des ans, où je suis un fétu.

Narcisse, pauvre idiot ! Qu’importe ta prestance :
Embrasse ton Écho, à bouche que veux-tu !
Plus qu’un reflet, son cœur gardera sa constance.

Fais mentir Tirésias, aux sombres prédictions :
Contemple dans ses yeux ton pouvoir d’attraction.

La tyrannie du look © Mapomme 

lundi 31 août 2026

Elégies nouvelles. Or le magicien ose !

 

C’est la triste histoire d’un acteur quotidien,
Qui voudrait annoncer des nouvelles radieuses ;
C’est la guerre de Troie que rime un tragédien,
Dont l’issue nous paraît lointaine et fastidieuse.

Le scénario n’a rien d’un film hollywoodien,
Où le triomphe bon d’une puissance odieuse ;
Plus de gentils cow-boys, plus de méchants indiens :
Rien qu’une guerre longue et surtout dispendieuse.

Nul n’en sait la cause, pas plus que l’intérêt !
On y va un matin, mais comme au pique-nique,
Une armée de fourmis rapidement paraît.

De gâcher le plaisir, ces bataillons se piquent,
S’attaquant au fromage et pinçant nos jarrets ;
Ce simple inconvénient devient combat épique.

Nul ne croit le tribun, aux récurrents bobards,
Sinon quelques fervents et de nombreux jobards.

Or le magicien ose ! © Mapomme 

dimanche 30 août 2026

Elégies nouvelles. La violence du monde

 

Le monde est emporté par un furieux torrent,
Dans un flot continu de haine et de violence ;
S’est emparé de lui un désir dévorant
De tout soustraire à l’autre avec grande insolence.

Le sage est trimbalé par l’élu ignorant
Dont l’esprit est guidé par la malévolence ;
À quoi bon négocier sur un ton implorant,
Quand le parti adverse aspire à l’opulence ?

Ton avoir n’est plus tien et devra être mien,
Dit le despote élu par la crainte et la haine,
Dont l’appétit sans borne est d’accroître ses biens.

Profitant d’un défaut, mû par l’effet d’aubaine,
Sur le faible il bondit et ne lui laisse rien,
Le détroussant soudain ainsi qu’un tire-laine.

La violence du monde est un mal hérité
De soustraire à autrui des gains immérités.

La violence du monde © Mapomme 

samedi 29 août 2026

Elégies nouvelles. L'arroseur arrosé

 

Un hâbleur des réseaux flattait une milice
Chassant des USA les sans papiers ;
Ses excès quotidiens s’avéraient un délice
Pour l’extrémiste fou désirant les copier.

Dire le contraire le mettait au supplice,
Et haïssait celui prenant le contrepied ;
Les traîtres opposants s’avéraient des complices,
Voulant la mixité avec des estropiés.

Au pays des excès, il a traîné ses guêtres,
Car le droit d’injurier s’y trouve soutenu ;
La Terre Promise, dont le serpent est maître,

L’a bloqué aussitôt, le jugeant malvenu,
Puis, sitôt la milice ailleurs le manda paître
Et ainsi s’acheva ce séjour saugrenu !

L’arroseur arrosé est un gag centenaire,
Si l’on soumet l’idiot à l’éclair, au tonnerre.

L'arroseur arrosé © Mapomme 

Un influenceur anglais avait vanté les mérites d'ICE aux USA, rêvant de les appliquer en Grande-Bretagne. Il a fait un voyage aux USA et ICE l'a chassé du pays : retour en Angleterre.

Elégies nouvelles. Les révoltes antiques

 

En fait, nous ignorons d’un important mystère
La cause originelle , en sachant cependant
Qu’un chaos vint frapper, en des temps plus austères,
Des royaumes puissants, amplement dépendants.

Jadis l’agriculture, sur de fertiles terres,
A enrichi des rois comme leurs intendants ;
Le peuple en prit ombrage, durant leur ministère, 
Subissant l’injustice à leur corps défendant.

Sitôt que le climat vint assécher la manne,
Des révoltes sont nées dans les stables pouvoirs,
Car la famine naît et sitôt les condamne.

Les ressources taries assèchent l’abreuvoir,
Si le commerce meurt, nul trésor n’en émane :
Ni peuple, ni allié n’honorent leurs devoirs.

Ainsi ont disparu des cités légendaires :
Des peuples affamés soudain les incendièrent.


Les révoltes antiques © Mapomme 

vendredi 28 août 2026

Elégies nouvelles. Vivre, mine de rien


L'esprit tient à vivre, la nuit, mine de rien,
Comme s’il faisait jour et que naisse l’aurore ;
En dépit du chaos, toujours elle revient,
Suivant la croyance que le cœur élabore.

Mais la nuit persiste sur les pauvres terriens,
Qui croient le jour venu si la Lune colore
L’ombre d’un bleu pâle, qu’enfin renaît le bien,
Après les ténèbres qui sans fin nous dévorent.

À l’encre on s’habitue, quand chaque astre pâlit,
Hormis la Lune pleine, au cas où des nuages,
Celant son pâle feu, ne l’aurait aboli.

L’œil s’accoutume à l’ombre et ses violents orages,
Tant son règne paraît désormais établi,
Au point d’en effacer de nos cœurs tout courage.

Donc, aveugles zombies, sans l’ombre d’un refus,
On tolère la nuit, effaçant ce qui fut.
 

Vivre, mine de rien © Mapomme 

jeudi 27 août 2026

Elégies nouvelles. La folie criminelle

 

Les infos annoncent quelques crimes odieux,
En évoquant un autre qui marqua les mémoires ;
Certains s’écrient alors : « Est-il normal que Dieu
Accorde à l’assassin une telle victoire ?!
»

C’est un fleuve de sang que constatent les cieux,
Qui coule sans arrêt et colore l’histoire ;
Toute vie est don, le bien le plus précieux,
Qu’ôtent sans hésiter les âmes les plus noires.

De mes jeunes années, un crime très précis
A marqué mon esprit : une future mère
Fut trouvée massacrée. Or cet affreux récit,

Me donne des frissons ; un groupe sanguinaire
Endurci, le cœur froid, drogué et sans merci,
S’en vint ôter deux vies, tel un acte ordinaire.

Pourquoi, un écolier, sans son bleu tablier,
Après cinquante-sept ans ne peut-il l’oublier ?

 

La folie criminelle © Mapomme 

mercredi 26 août 2026

Elégies nouvelles. Voir où le vent nous porte

  

Tout être a traversé un aride désert,
Sans trop savoir pourquoi ses illusions sont mortes ;
À quoi bon, au final, ce long chemin lui sert ?
Le marcheur voudrait-il voir où le vent le porte ?

Il peut très bien rêver de l’écumante mer,
Aux sombres profondeurs où tant d’espoirs avortent ;
Sans cesse un grand nombre dans l’abysse se perd
Même si à plonger toujours son cœur l’exhorte.

On se trouve en un lieu, aux herbages défunts,
Quitté par les troupeaux, les humains et la vie,
Montrant au songe-creux qu’il atteint les confins,

Siège des chimères, de nos âmes ravies.
Alors, le bel espoir ne peut plus être feint
Et la folle quête cesse d’être suivie !

Nous faut-il allumer un nouveau feu sacré
Pour s’enivrer encor de son nectar sucré ?

Voir où le vent nous porte © Mapomme 

Elégies nouvelles. Maître de l'Univers

 

L’autocrate se voit maître de l’Univers,
Désireux d’assouvir le goût de la victoire ;

Les plans qu’il entreprend s’en vont tout de travers
Et il ne marquera en aucun cas l’histoire.

Cet aigle décrépit enchaîne les revers,
Au lieu de conquérir de nouveaux territoires ;
Il se croit au printemps mais traverse l’hiver
Essuyant des affronts et de cuisants déboires.

César de pacotille aux lauriers décatis,
Il lorgne vers les cieux et d’inhabités astres,
Où des dômes miniers bientôt seront bâtis.

N’en ressortira-t-il quelque futur désastre,
Si jamais ce projet demeure inabouti,
Digne du ciboulot du pire des jobastres ?

Mettons-nous à l’abri des mutiples yakas
Prétendant résoudre nos mille et un tracas !

Maître de l'Univers © Mapomme 

mardi 25 août 2026

Elégies nouvelles. Accords et désaccord


Sur ma gratte sèche je sortais des accords,
Imparfaits à mon goût, adolescent sévère ;

Or on a évoqué, dans le plaisant décor
Du lieu de mes efforts, mon talent de trouvère.

Je suis toujours resté, sur ma valeur d’alors,
Frustré du résultat, tel un critique austère ;
Un demi siècle après, ces indigents efforts
Se voient complimentés : c’est un profond mystère !

Certains se voient plus beaux, d’autres se trouvent laids :
Aucun juste milieu, dans ces quelques sentences,
Où l’on estime bien un jeu qui me déplaît.

C’est tout le mystère d’une longue existence :
Je note les défauts de mon jeu incomplet,
Qui hante ma mémoire avec grande insistance.

Sachons nous pardonner quelques imperfections
Sans toujours élever une vaine objection !

Labyrinthe onirique © Mapomme 

Elégies nouvelles. Labyrinthe onirique

 

Dans quel rêve ai-je erré durant la nuit dernière ?
J’allais dans des couloirs sans issue, ténébreux,
Où mon âme égarée demeurait prisonnière
Du récit d’un conteur aux yeux d’un blanc vitreux.

Est-ce réalité qu’une ode sans lumière,
Mythique vérité d’un périple scabreux ?
Gardons-nous de la nuit ces impressions premières,
Dont un chaos mental assez malencontreux ?

Le matin est paré d’un vêtement nocturne
Où rêve et vérité se lient confusément,
Quand le conteur choisit le masque et les cothurnes.

Le chant de l’égaré n’a pas été vraiment :
Les brumes du songe, dans le jour taciturne,
Font un conte énoncé assez malaisément.

Comme la voie du jour tisse un voile fragile
Où l’aède se prend, malgré ses mots agiles !

Labyrinthe onirique © Mapomme 

Elégies nouvelles. Le danger sous l'espoir



Des récifs sont cachés sous l'écume des flots
Tel un piège mortel prêt à briser l’étrave ;
Le soleil de l’espoir tragiquement se clot
Et son navire gît au milieu des épaves.

Tout l’or de l’horizon est désormais forclos,
Sur un félon récif dont il sera l’esclave ;
La coque, sous les flots, grince d’un long sanglot
Et nul rayon doré de son spleen ne le lave.

Les rives du rêve sont proches, au lointain,
Couvrant d’amertume nos vaines espérances,
Et le bel avenir qui nous semblait certain.

Notre itinéraire nous parut une errance,
Sans un but très précis, et nos souhaits éteints
Stagneront en ce lieu, révélant nos carences.

Tout rêveur échoué sur ce morne récif
Espère le quitter tout en restant passif.

Le danger sous l'espoir © Mapomme 

samedi 22 août 2026

Elégies nouvelles. Perdu dans les ténèbres



Profondes ténèbres, est-il un seul remède,
Afin de vous chasser hors d'un des morts-vivants ?
Si un sorcier pouvait lui apporter son aide,
Sortirait-il de l'ombre où il reste souvent ?

Ses pensées le soustraient et un sourire tiède
Est accordé aux siens, s'ils lui passent devant ;
Mais cet esprit brillant n'a plus que pensées laides :
Où se sont envolés ses exposés savants ?

Croule une mémoire dans le monde des ombres
Et aucun dieu d’antan, ni aucun magicien,
Ne pourra l’extraire des permanents décombres.

Le voici étranger, bien qu’entouré des siens,
Qui viennent l’assister à tout instant en nombre,
Le sourire a quitté le facétieux ancien.

Ô jour reviendras-tu éclairer ce visage
Et ce regard joyeux dont il faisait usage ?

Perdu dans les ténèbres © Mapomme 

Elégies nouvelles. Mais qui contrôle qui ?

 

Pour l’humain le progrès est un fléau constant,
Versant une ciguë parmi les plus fatales ;
L’Éden tant espéré s’avère inconsistant,
Et il n’a pas de temple avec mille vestales

Au contraire, il est froid, inhumain et distant,
Puissance illimitée, intercontinentale ;
Elle met en péril l’équilibre existant,
Ultime plaie frappant l’économie vitale.

C’est une fois encor l'humain qui va morfler,
Écarté d’un éden où règne l’abondance ;
Par ce bannissement, on se fera enfler.

Misérable la troupe avec sa descendance,
Verront les dieux nouveaux, aux coffres surgonflés,
Exhiber leur fortune avec outrecuidance.

Ces dieux très passagers oublient les rébellions
Chassant de leur trône d'éphémères lions.


Mais qui contrôle qui ? © Mapomme

mercredi 19 août 2026

Elégies nouvelles. Saveur d'une praline


Je n'ai pas oublié le goût des grenadines,
Au café sur la place, mémorable saveur ;
Et j’ai gardé celle des exquises pralines,
Dans la paix revenue qui me rendait rêveur.

Au café l’atmosphère était très masculine
Et ma moustache rouge amusait le serveur ;
Les femmes demeuraient occupées en cuisine
Et remerciaient les cieux d’accorder ses faveurs :

Car tous rentrant en vie s’avérait un miracle.
Pour ma part j’appréciais cet univers nouveau,
Sans menace venant lui dresser quelque obstacle.

On prend comme un cadeau ces plaisirs estivaux,
Le soleil sur la place et ce vivant spectacle,
Et mille et un plaisirs demeurant sans rivaux.

Parfois, je songe encor à ces pralines roses
Et au flan pâtissier dont j'eus une ample dose.

Saveur d'une praline © Mapomme

mardi 18 août 2026

Elégies nouvelles. Les mois de notre enfer

 

 

Se pourrait-il qu’enfin la canicule cesse,
Que des fers des touffeurs nous soyons libérés ?
La tyrannie d’Hélios sans arrêt nous oppresse :
La nuit, par la chaleur, on est exaspéré.

Errant dans la maison, le sommeil en détresse,
On sue comme des veaux et on nous voir errer,
Prêts pour quelque repos, aux pires des bassesses :
Des pénitents s’en vont, clamant Miserere.

Qui aurait cru qu’un jour on puisse tous connaître
L’enfer pour les vivants, le repos pour les morts,
Pour le prix des erreurs que l’on a pu commettre ?

On erre dans la nuit, rongé par les remords,
Quérant un changement, au loin, par la fenêtre,
Quelque annonce de pluie qui nous viendrait du nord.

Les oiseaux migrateurs sont restés à demeure
Alors que, sous nos yeux, des espèces se meurent.

Les mois de notre enfer © Mapomme

lundi 17 août 2026

Elégies nouvelles. Le vent d'après l'été

 

Le vent d'après l'été, discret, a emporté
Lavoir et souvenirs de notre adolescence :
Nombre de nos projets, ensuite, ont avorté,
Car nous manquaient alors certaines connaissances.

D’un futur potentiel, nous avions disserté,
Tant de projets étant en pleine effervescence ;
Nous n’aurions pas sur tout entière liberté,
Ni dans tous domaines aptitude et finances.

Tant d’appétits naissants et si peu d’estomac !
Que le rêve est beau quand notre esprit le tisse,
Laborieuse araignée d’un estival climat !

Sur mille beaux projets, pas un qui aboutisse
Car tous sont retoqués dès les premiers frimas ;
Nos espoirs d’autrefois, peu à peu, en pâtissent.

Ils sont si merveilleux, esquissés au début,
Avant que le concret les mettent au rebut.

Le vent d'après l'été © Mapomme

Elégies nouvelles. On ne sait trop comment


Contemplez nos regrets qu’un long bec acéré
Dévore tel un foie livré au mont Caucase ;
En nos jeunes années, avec le cœur serré,
On recherche et on craint l’amour comme l’extase ;

J’avais cueilli un jour un baiser espéré,
Bredouillant, tout tremblant, une incertaine phrase ;
Il n’est pas de trésor par Jason déterré
Qui foudroie tout notre être et notre cœur embrase.

Les attristants romans parsemés de malheurs
Tissent la toile hideuse où les amours se prennent,
Où se prend l’amante, saisie de pâleur.

Puis, Tristan sans philtre, tes doutes t’entraînent
Vers des pays brumeux, dépourvus de chaleur,
Qui des jeunes passions feront périr les graines.

Ainsi, à trop lire de tristounets romans,
Ce qui va bien finit on ne sait trop comment.


On ne sait trop comment © Mapomme

dimanche 16 août 2026

Elégies nouvelles. Mort du vieil éléphant

 

Quand le vieil éléphant sent décliner ses forces,
Dans la savane il va avec un but précis ;
Un périple étonnant spontanément s’amorce,
Qu’ont déjà mentionné d’ahurissants récits.

Silencieux et pensif, cet animal énorme
Remâchant son passé, plongé dans ses soucis,
Quitte aussitôt sa troupe et son projet prend forme :
Le terme est arrêté et rien ne l’adoucit.

Son regard s’est voilé de nostalgie intense
Et son passé défile en moments décousus :
Joies et regrets en lui entament une danse.

Lesquels viendront alors à prendre le dessus ?
Rendra-t-il grâce ou pas à l’ample providence
Peignant gais ou amers ces souvenirs reçus ?

C'est la fin du chemin, dans le vaste ossuaire
Où il reposera, sans le moindre suaire.


Mort du vieil éléphant © Mapomme

samedi 15 août 2026

Elégies nouvelles. Les bienfaits des forêts

 

Alors que des forêts échappent aux crétins,
Préférant les flammes à la saine verdure,
Profitons du bienfait qui paraît enfantin,
Hors des chaleurs d’été qui, semble-t-il, perdurent.

Fichue canicule frappant dès le matin,
Désirant nous priver d’aller dans la nature !
Une marche en forêt et voici qu’on atteint
Une sérénité, malgré des courbatures.

On revient apaisé, délivrés des tracas
Auxquels nous a soumis une vie citadine :
On échappe en forêt au tumulte, au fracas.

La quiétude des bois paraît presque anodine
Qui creuse l’appétit, calmé par un en-cas,
Et on revient en paix, ayant l’humeur badine.

On sue le spleen profond qui nous colle à la peau
Et, de retour en ville, on nargue son tempo.

Les bienfaits des forêts © Mapomme

Elégies nouvelles. Au jardin des absents

 

Combien d’anciens amis ont passé l’arme à gauche,
Tant qu’il en reste peu aux fêtes du présent ?
Quel carnage sans fin sitôt que la Mort fauche,
Qu’on en dénombre tant sous la mousse gisant.

Suicide et Maladie dans des vies en ébauche,
Les firent sombrer tôt sur les premiers brisants ;
Tant n’avaient pas connu l’excès et la débauche,
Ni les plus beaux émois d’un bel amour grisant.

La mémoire est spoliée de nos journées futures,
De nos soirées de bal à danser à l’envi,
Tandis que face à nous s’offrait une aventure :

L'éclat de l’avenir qui peut se voir ravi
Dès qu’un grand froid nous livre à une sépulture,
Sans que nos rêvent soient moindrement assouvis.

Nos amis disparus se tiennent en grand nombre.
Autour de la fontaine où s'en viennent leurs ombres.

Au jardin des absents © Mapomme


Aujourd'hui nous avons décompté les absents, tous ceux que la maladie a emporté ou qui se sont suicidés. La moitié des amis ont ainsi quitté la scène. C'est une hécatombe indescriptible !

vendredi 14 août 2026

Elégies nouvelles. Un vrai théâtre d'ombres

À Jean en espérant qu'il repousse à plus tard la tragédie des ombres

Une fresque antique d’une joie éphémère,
Vrai théâtre d’ombres, montre de nos repas,
Des soirs improvisés à la saveur amère,
Qui mènent néanmoins de la vie au trépas.

Tant des chers convives sont aujourd’hui sous terre,
Et tant s’y dirigent, marchant à petits pas ;
Ils traînent leurs vieux os et ne font pas mystère
D’avoir peu à vivre d’instants aussi sympas.

Sale air et traitements nous maintiennent en vie,
La Camarde emportant les plus sérieux de nous ;
L’existence est donnée et puis nous est ravie :

Nul ne nous la rendra, nous remettant debout,
Telle qu'en l'ancien temps, elle nous fut servie.
Mais jamais on n’évoque un sujet si tabou.

Trinquons tant qu'il se peut, ombres au crépuscule,
Quand vers l'obscur des nuits nos frêles vies basculent.


Un vrai théâtre d'ombres © Mapomme

Elégies nouvelles. Un piano boréal

 

Dans ma tête il y a un piano qui résonne,
Un piano boréal et de sublimes cieux
Qui chatoient au rythme des airs qu’on emprisonne
Depuis la tendre enfance et m’est resté précieux.

Je l’ai aimé d’autant que mon cœur emprisonne
Un regret du piano, instrument trop spacieux,
Que je n’ai jamais eu, regret qu’hiver tisonne,
Aux neiges des frissons et des frimas otieux.

Aussi j’ai admiré ces accords qui maitrisent
L’instrument de mon cœur et de mon spleen d’antan ;
On a mésestimé l’ampleur de son emprise.

Ces rêves dédaignés nous hantent très longtemps,
Spectres inassouvis dont jamais ne se brisent
Les chaînes à leurs pieds, d’un poids les tourmentant.

Des chanteurs ont nourri de leurs accords modernes,
Tels des cieux boréaux, tous mes songes en berne.


Un piano boréal © Mapomme

Ce n'est pas un secret : j'ai toujours rêvé d'apprendre à jouer du piano, non pas pour devenir un concertiste ou un chanteur connu, mais par attirance pour cet instrument : plus tard les pianos électriques auraient pu prendre moins de place et faire moins de ramdam dans une maison.

Il suffisait d'apprendre les bases et de s'adapter aux airs du temps.

jeudi 13 août 2026

Elégies nouvelles. Dans la nuit, des aveugles


Des aveugles fixent les ténèbres des cieux,
Mais voient-ils le soleil ou sa lueur défunte ?
Les regards clairvoyants, autrefois si précieux,
Applaudissent l’éclipse et le pouvoir des juntes.

À l’instar d’Œdipe crevons nous donc les yeux,
  Afin de ne pas voir se confirmer nos craintes ;
On entend, ça et là, des discours séditieux
Qui ont laissé jadis une fatale empreinte.

La liberté solaire a ainsi dépéri,
Lorsqu’un peuple imprudent a cru à des promesses,
Qui ne sont que des mots dont le temps nous guérit.

Mais que de maux subis, qui sur notre âme laissent
La marque d’infâmie et les regrets nourris !
Une erreur, quelquefois, plus qu’une autre  nous blesse.

N'admirez pas l'obscur qui promet le meilleur,
N'offrant qu'un or des fous au novice orpailleur !




Dans la nuit, des aveugles © Mapomme

mercredi 12 août 2026

Elégies nouvelles. Ô Fortune variable !

  

Les bénéfices vont aux humains fortunés
Tandis que dans la rue s’étale l’indigence ;
Si les uns vendent plus, d’autres sont condamnés
À toujours emprunter pour leurs achats d’urgence.

On emprunte deux sous, voulant se dépanner,
Mais jamais le prêteur n’accorde d’indulgence ;
Le retard amplifie un crédit effréné
Tandis que le banquier accroît ses exigences.

Les multiples cartes jettent sur le trottoir,
Celui qui ne sait pas quelque peu se restreindre,
Car surviendra toujours une date butoir.

Maison, auto, salon et nos objets les moindres
Serviront à régler notre dette au comptoir :
Sur tous les biens perdus, inutile de geindre.

La fortune des uns s'accroît, mois après mois,
Et le malheur du gueux fait des riches des rois.


Ô Fortune variable ! © Mapomme

Le hasard veut qu'aujourd'hui (12/08/2026) sorte un rapport aux USA qui indique que les riches sont plus riches, et selon le principe des vases communicants, les pauvres s'appauvrissent et même dans les pavillons de banlieues, la dette des cartes de crédit s'amplifie, autrement dit de faux aisés sont plus pauvres que riches.

mardi 11 août 2026

Elégies nouvelles. La faim de territoires

 

La faim de conquêtes est l’appétit sans fin
Qui poussera le loup vers des contrées nouvelles ;
Si enivrant renaît le passionnant parfum,
De l’interdit commun qui au nez se révèle.

Il faudra déchirer tous les traités défunts,
Dont l’encre a tant séché chez un tyran rebelle ;
Pour durer un peu plus, on excite la faim
Et l’on vante combien l’orgie de sang est belle.

Le combat peut durer plus longtemps qu’espéré,
Et on exalte alors les glorieux sacrifices
Des héros du pays que l’on doit vénérer ?

De la guerre on vante les amples bénéfices,
Se résumant en fait à devoir enterrer
Une génération par ces mauvais offices.

Voici bien la folie des tyrans vieillissants,
Cherchant la jouvence dans un torrent de sang.


La faim de territoires © Mapomme

lundi 10 août 2026

Elégies nouvelles. La sagesse du fou

  

Est-il des mots sensés dans les propos du fou ?
Pourtant il regarde le monde qui s’agite,
En tirant des leçons d’un peuple au garde-à-vous,
Qui, à aucun moment, à l’avenir cogite.

Nous voyons le dessus, sans voir les dessous
Du pourquoi, du comment de ce qui nous attriste ;
Tant de rêves d’antan, peu à peu sont dissous
Et il n’en est aucun qui à ce jour persiste.

Alors, qui est le fou ? Celui qui rêve encor
Ou celui qui de nous muettement s’amuse,
En tirant des leçons de nos vains désaccords ?

Tout est sables mouvants, chausse-trapes et ruses,
Car il faut se méfier des gens les plus accorts,
Dont les manœuvres sont le plus souvent abstruses.

Alors, le fou dira, sans crainte à haute voix
Les travers des humains à la fin de l'envoi.


La sagesse du fou © Mapomme

Elégies nouvelles. Le bonheur des plaideurs

 

Les conflits de voisins engorgent la justice,
Mais font prospérer les avocats plaideurs ;
Le client chicaneur ne veut nulle armistice,
Espérant que sa loi s’applique avec raideur.

Les plaideurs en tirent un constant bénéfice,
Des causes mesquines étant les pourfendeurs ;
Leurs effets de manche sont leur grand artifice,
Acteurs de la bassesse, en habits de grandeur.

Perdre des jours entiers, en piètres arguties
Pour sauver son acquit qu’un voisin veut chiper,
Requiert maintes heures, où avec minutie,

On parcourt les actes, cherchant à s’extirper
Du fond des ténèbres, en quête d'éclaircie ;
Le voisin vise un bien qu’il tient à usurper.

Au diable les plaideurs, plaidoiries et verbiage,
Qui épuisent nos vies dans mille chicayages !



Le bonheur des plaideurs © Mapomme

D'après Honoré Daumier 


dimanche 9 août 2026

Elégies nouvelles. Capitan Spavento

 

Le monde tourne-t-il autour de la bêtise,
Dont nous étourdissent les grands ignorantins ?
Les nigauds glorifient leurs infimes sottises,
Car tout devient un cirque, un grand bal des pantins.

Un quart d’heure de gloire, au prix de balourdises,
Fondent le trait commun de ces nouveaux gandins ;
Les sauveurs du futur, bouffis de vantardise,
Menacent leurs voisins, agonis de dédain.

Menacer de détruire une île sans armée
Ou d’annexer soudain quelque pays ami,
Satisfaira la presse et la foule charmée.

Que sera la planète où ces excès commis
Deviennent des actions amplement déformées ?
L’annexion en fera un autre état soumis.

Capitan Spavento menace et après tergiverse,
Soupesant les pertes et les gains de commerce.


Capitan Spavento © Mapomme

samedi 8 août 2026

Elégies nouvelles. Le vertige de l'or


Bien d’intègres hommes, au vertige de l’or,
Soudain ont succombé, ivres de leur puissance ;
Acharnés au labeur, ils ne songeaient alors
À s’emplir les poches, sans la moindre décence.

Tel l’opium le pouvoir, au terme des efforts,
Étourdit un esprit auquel on fait confiance ;
Ensuite il prendra goût au respect, au confort,
Bénéficiant de tous d’une ample bienveillance.

L’ivresse du pouvoir accroît primes et gains :
Quand tant de PDG touchent d’énormes primes,
Qu’accordent les grossiums au conseil des requins.

L’injustice n’est pas un véritable crime,
Car elle est approuvée par d’honnêtes coquins ;
Et pas un fifrelin pour l’ouvrier qui trime !

Assis sur un tas d'or, des Midas vont rêvant
D'accroître leur magot par un micmac savant.


Le vertige de l'or © Mapomme

vendredi 7 août 2026

Elégies nouvelles. Le retour de la Paix

 

Cette nuit j’ai rêvé que survenait la Paix,
Vers un Éden perdu, debout sur une barque ;
Les songes sont si beaux quels que soient leur aspect,
Portant alors le sceau d’un espoir qu’on remarque.

Si ça n’était un rêve, qui de nuit nous dupait,
Faisant prendre pour vrai une vulgaire arnaque
Dont l’illusionniste sans arrêt se repait,
Notre souhait serait d'un seul coup très patraque.

Sur une île, un étang, une colombe en main,
Déesses ou bien fées attendraient la venue,
D’une paix absolue, après un long chemin.

Non sans quelque embarras, elle était obtenue,
Après des pourparlers, n’ayant rien de communs ;
Les concessions semblent boiteuses et menues.

Ne méprisez jamais une paix permanente,
Qui, si elle est solide, est plus que pertinente !

Le retour de la Paix © Mapomme


Elégies nouvelles. Nouvelle Inquisition

 

On voit des tribunaux presqu'inquisitoriaux,
Menant avec outrance une chasse aux sorcières ;
Or, tous ces possédés, des temps immémoriaux,
Professent des idées quelquefois outrancières.

L'accusé fait parti du clan des libéraux,
Fiers de leurs convictions, qui furent les premières ;
Ces dogmes de toujours sont quasi viscéraux :
Ils montrent un chemin fait d’or et de lumière.

Leurs tourmenteurs constants se tiennent dans la nuit,
Où flambent des bûchers, bourreaux des mauvais livres
Contredisant leur foi qui dispense l’ennui.

Des prophètes ils font des modèles à suivre
Alors que les écrits, pleins de guerre et de bruit,
Montrent les bons chemins à prendre pour mieux vivre.

Qui cogite autrement mérite un châtiment,
Selon ces tribunaux pour son dissentiment.


Nouvelle Inquisition © Mapomme



Elégies nouvelles. L'éventail salvateur


Qui naguère aurait cru qu’il faudrait agiter,
Comme une señora sur les places d’Espagne,
Un classique éventail, tout de simplicité,
Quand Phaéton se perd et brûle les campagnes.

Il existait déjà durant l’Antiquité,
Quand Éole, épuisé, par-delà les montagnes,
Avaient vu tous les vents au printemps le quitter
Et le soleil brûlait les pays de Cocagne.

Quand tombe la bise, que faiblit le Noroît,
Nous suons sang et eau, car Phaéton s’égare,
Et nous cherchons de l’ombre, emplis de désarroi.

Sans un bel éventail, dans les rues on s’effare
Et on croit dépérir, brusquement pris d’effroi :
À la brise fraîche son action se compare.

Éventail salvateur, les cités en ciment
Sont le nouvel enfer pour nôtre châtiment !


L'éventail salvateur © Mapomme

jeudi 6 août 2026

Elégies nouvelles. L’enchantement d’Orphée


Ah ! si un chant d’Orphée pouvait nous adoucir,
Que les fauves humains cessent leur dictature !
De sa lyre accompagné, il pourrait réussir
À nous éviter d’être aujourd’hui leur pâture.

Dans un monde où le jour semble s’obscurcir,
En raison des choix des peuples immatures,
Les cœurs des grands félins ne font que s’endurcir :
Les nôtres sont pourtant peu de cette nature !

Or, ils sont si faibles, si prompts à accepter
Tous ces rugissements effrayant la savane,
Monde auquel nous sommes assez inadaptés.

Alors pourquoi choisir ces chefs qui s’y pavanent ?
Vers l’extrême folie les faibles vont opter
Et les beaux lendemains rapidement se fanent.

Quel Orphée brisera le charme du Malin
Qui laisse accroire aux proies qu'elles sont des félins ?


L'enchantement d'Orphée © Mapomme