mercredi 22 juillet 2026

Elégies nouvelles. La beauté des enfers


Une infernale force avale les massifs
Et comme des enfants, captivés et sans arme,
Devant la cheminée, nous demeurons passifs,
Quand le feu exerce son dévastateur charme.

C’est beau et pourtant laid qu’un pouvoir oppressif,
Qui détruit la beauté des pins comme des ormes,
D’arbres centenaires, dans l’attrait excessif
D’une faim sans borne, gargantuesque, énorme.

Dans ce charme il y a l’attirance et l’horreur,
Face au pouvoir rendant lilliputiens les hommes,
Qui restent désarmés face au feu dévoreur.

Jardins, autos, maisons, l’appétit nous assomment :
L’apparente beauté, qui emplit de terreur,
Ne laisse que laideur, cauchemar sans qu’on dorme.

Les collines noires, sans charme ainsi souillées,
Rendent l’humanité peinée car dépouillée.

La beauté des enfers © Mapomme

Elégies nouvelles. Les forces du chaos

 On ne peut augurer quand surgiront les maux

Qui s’abattront sur nous sans la moindre Pandore,

Mais on peut pressentir qu’un simple tyranneau,

Pourra ressusciter les tourments qu’on abhorre.

 

Dès lors se voient brisés les utiles travaux,

Soumises à la furia des barbares cohortes ;

L’incendie et la mort, sur les pays rivaux,

Font tomber peu à peu toutes les places-fortes.

 

Chacun vivait en paix, à l’ombre des traités,

Qu’on croyait éternels ; le désir de conquêtes

Que nul front ne saura un instant arrêter,

 

Quand nul garde en la tour vers le lointain ne guette :

Sur des lieux pacifiés qui donc voudrait bretter,

Car à l’âge d’airain nulle contrée n’est prête ?

 

On oublie que la paix est un bref intervalle

Entre deux puissances depuis toujours rivales.

Les forces du chaos © Mapomme







samedi 18 juillet 2026

Elégies nouvelles. Le nouveau roi Midas

Ce n’est plus un mythe, mais la réalité :
Tout ce que le faux roi sur son trône imagine
Lui rapporte aussitôt d’amples liquidités,
Car il n’est pas un plan que le blond ne machine.

Tel un nouveau Midas, soudain ressuscité,
Il enrichit les siens par des moyens limites ;
Sa fortune s’accroît sans vraie nécessité,
Et tous ses courtisans quêtent quelques pépites.

Dans le pactole, il puise un trésor fructifiant,
Et tous plongent les mains dans la bénéfique onde ;
Prospectent dans le flot les gredins, les ruffians.

Chacun est au courant sans que le ciel ne gronde :
Nul feu jupitérien, aucun blâme édifiant,
Pour punir ce délit qu’initie le beau monde.

Midas, tu vas mourir, comme tout un chacun :
Sous la terre grasse, pauvres sont les coquins.


Le nouveau roi Midas © Mapomme

Donald Trump crée un nouveau service internautique payant pour favoriser les délits d'initié. Quelques instants avant d'annoncer une décision présidentielle, il publiera sur un service payant sur le réseau Truth social, l'annonce qu'il va faire et qui aura une influence sur les cours de la bourse. Ainsi les abonnés pourront vendre ou acheter selon le cas, les actions qui vont bouger et ainsi boursicoter. 

Make Rich American More rich again ! Pas très MAGA !

Comme Midas il pourra dire : "Ma fille je la dore !"

mercredi 15 juillet 2026

Elégies nouvelles. Le chapelier fou joue une partie d’échec

Le chapelier gigue sur l’échiquier terrestre,
Ébranlant le monde selon son bon vouloir ;
Il danse et se présente ainsi qu’un homme-orchestre,
Car la guerre lui sert, au fond, de défouloir.
 
Dans ses tweets très changeants, la paix est sous séquestre
Très proche ou s’éloignant entre matin et soir ;
Il voudrait asservir, en à peine un semestre,
Le globe agenouillé, l’adorant sans surseoir.
 
Il commence la guerre et puis propose un pacte,
Puis, si ça traine trop, insulte l’ennemi ;
Il prévient, il menace et passe enfin aux actes.
 
Il voudrait que chacun se prosterne soumis,
Face au Ramsès nouveau, à la légende intacte ;
Picrochole moderne, il agit à demi ;
 
Plus il se veut puissant, plus on voit ses faiblesses :
Il veut l'affrontement et soudain le délaisse.



Le chapelier fou joue une partie d'échecs © Mapomme

lundi 13 juillet 2026

Elégies. Tel un cyclope aveugle

Le monde est perturbé par un cyclope aveugle
Qui ébranle la paix tel un ancien palais ;
Est-il Polyphème, l’œil crevé qui beugle,
Provoquant le chaos, se vengeant sans délai ?

Il s’agite et s’écrie, ouvrant tout grand la gueule,
Car il n’attaque pas quelque monarque nain ;
Il se plaint et gémit que son armée est seule,
Crachant sur ses alliés, pour des motifs bénins.

Allumant un brasier, il crie « Au pyromane ! »,
Et voici l’incendie pris d’une folle ampleur ;
Il blâme ses alliés et son doigt les condamne.

Il voulait pour lui seul la couronne et les fleurs,
Mais voudrait partager échec et bonnet d’âne ;
À lui le déshonneur, les lazzis et les pleurs.

Il se voulait Samson qui ébranle le Monde :
Mais le temple croule sur sa tignasse blonde.



Tel un cyclope aveugle © Mapomme

jeudi 9 juillet 2026

Elégies. La balance et le glaive

Peut-on vraiment briguer un des pouvoirs sacrés
En contestant toujours celui de la justice ?
Sitôt que ce dernier est sans cesse exécré,
Naît le césarisme par le moindre interstice.

L’équilibre se voit peu à peu menacé,
Dès que Thémis n’a plus une juste balance ;
Alors nous marcherons, regrettant le passé,
Tandis que souffleront nombre de turbulences.

Il est vrai que le mieux est l’ennemi du bien,
Et notre société, à l’instar d’une horloge,
Marchera de guingois en changeant trois fois rien.

On dit que le diable dans les détails se loge :
Qu’un rouage se bloque et des démons chthoniens
Surgiront dans nos vies, issus des sombres bolges.

Si un pouvoir tenait les autres dans sa main,
L’ombre se répandrait sur les frères humains.


La balance et le glaive © Mapomme