mardi 1 septembre 2026

Elégies nouvelles. La tyrannie du look

 

Je vois autour de moi tant de temps épuisé,
Car le look compte plus que ce qui fonde un être ;
Le capital restant s’est donc amenuisé
À créer un reflet qui vous fait reconnaître.

Dans l’eau votre reflet est tellement prisé,
Qu’il devient sur le champ de vos pensées le maître ;
Se perd tout votre temps ainsi vampirisé,
Pour un précaire look qui viendra vous soumettre.

Je me douche, me coiffe et, une fois vêtu,
Du reste je me fous, en croquant l’existence
Dans le torrent des ans, où je suis un fétu.

Narcisse, pauvre idiot ! Qu’importe ta prestance :
Embrasse ton Écho, à bouche que veux-tu !
Plus qu’un reflet, son cœur gardera sa constance.

Fais mentir Tirésias, aux sombres prédictions :
Contemple dans ses yeux ton pouvoir d’attraction.

La tyrannie du look © Mapomme 

lundi 31 août 2026

Elégies nouvelles. Or le magicien ose !

 

C’est la triste histoire d’un acteur quotidien,
Qui voudrait annoncer des nouvelles radieuses ;
C’est la guerre de Troie que rime un tragédien,
Dont l’issue nous paraît lointaine et fastidieuse.

Le scénario n’a rien d’un film hollywoodien,
Où le triomphe bon d’une puissance odieuse ;
Plus de gentils cow-boys, plus de méchants indiens :
Rien qu’une guerre longue et surtout dispendieuse.

Nul n’en sait la cause, pas plus que l’intérêt !
On y va un matin, mais comme au pique-nique,
Une armée de fourmis rapidement paraît.

De gâcher le plaisir, ces bataillons se piquent,
S’attaquant au fromage et pinçant nos jarrets ;
Ce simple inconvénient devient combat épique.

Nul ne croit le tribun, aux récurrents bobards,
Sinon quelques fervents et de nombreux jobards.

Or le magicien ose ! © Mapomme 

dimanche 30 août 2026

Elégies nouvelles. La violence du monde

 

Le monde est emporté par un furieux torrent,
Dans un flot continu de haine et de violence ;
S’est emparé de lui un désir dévorant
De tout soustraire à l’autre avec grande insolence.

Le sage est trimbalé par l’élu ignorant
Dont l’esprit est guidé par la malévolence ;
À quoi bon négocier sur un ton implorant,
Quand le parti adverse aspire à l’opulence ?

Ton avoir n’est plus tien et devra être mien,
Dit le despote élu par la crainte et la haine,
Dont l’appétit sans borne est d’accroître ses biens.

Profitant d’un défaut, mû par l’effet d’aubaine,
Sur le faible il bondit et ne lui laisse rien,
Le détroussant soudain ainsi qu’un tire-laine.

La violence du monde est un mal hérité
De soustraire à autrui des gains immérités.

La violence du monde © Mapomme 

samedi 29 août 2026

Elégies nouvelles. L'arroseur arrosé

 

Un hâbleur des réseaux flattait une milice
Chassant des USA les sans papiers ;
Ses excès quotidiens s’avéraient un délice
Pour l’extrémiste fou désirant les copier.

Dire le contraire le mettait au supplice,
Et haïssait celui prenant le contrepied ;
Les traîtres opposants s’avéraient des complices,
Voulant la mixité avec des estropiés.

Au pays des excès, il a traîné ses guêtres,
Car le droit d’injurier s’y trouve soutenu ;
La Terre Promise, dont le serpent est maître,

L’a bloqué aussitôt, le jugeant malvenu,
Puis, sitôt la milice ailleurs le manda paître
Et ainsi s’acheva ce séjour saugrenu !

L’arroseur arrosé est un gag centenaire,
Si l’on soumet l’idiot à l’éclair, au tonnerre.

L'arroseur arrosé © Mapomme 

Un influenceur anglais avait vanté les mérites d'ICE aux USA, rêvant de les appliquer en Grande-Bretagne. Il a fait un voyage aux USA et ICE l'a chassé du pays : retour en Angleterre.

Elégies nouvelles. Les révoltes antiques

 

En fait, nous ignorons d’un important mystère
La cause originelle , en sachant cependant
Qu’un chaos vint frapper, en des temps plus austères,
Des royaumes puissants, amplement dépendants.

Jadis l’agriculture, sur de fertiles terres,
A enrichi des rois comme leurs intendants ;
Le peuple en prit ombrage, durant leur ministère, 
Subissant l’injustice à leur corps défendant.

Sitôt que le climat vint assécher la manne,
Des révoltes sont nées dans les stables pouvoirs,
Car la famine naît et sitôt les condamne.

Les ressources taries assèchent l’abreuvoir,
Si le commerce meurt, nul trésor n’en émane :
Ni peuple, ni allié n’honorent leurs devoirs.

Ainsi ont disparu des cités légendaires :
Des peuples affamés soudain les incendièrent.


Les révoltes antiques © Mapomme 

vendredi 28 août 2026

Elégies nouvelles. Vivre, mine de rien


L'esprit tient à vivre, la nuit, mine de rien,
Comme s’il faisait jour et que naisse l’aurore ;
En dépit du chaos, toujours elle revient,
Suivant la croyance que le cœur élabore.

Mais la nuit persiste sur les pauvres terriens,
Qui croient le jour venu si la Lune colore
L’ombre d’un bleu pâle, qu’enfin renaît le bien,
Après les ténèbres qui sans fin nous dévorent.

À l’encre on s’habitue, quand chaque astre pâlit,
Hormis la Lune pleine, au cas où des nuages,
Celant son pâle feu, ne l’aurait aboli.

L’œil s’accoutume à l’ombre et ses violents orages,
Tant son règne paraît désormais établi,
Au point d’en effacer de nos cœurs tout courage.

Donc, aveugles zombies, sans l’ombre d’un refus,
On tolère la nuit, effaçant ce qui fut.
 

Vivre, mine de rien © Mapomme 

jeudi 27 août 2026

Elégies nouvelles. La folie criminelle

 

Les infos annoncent quelques crimes odieux,
En évoquant un autre qui marqua les mémoires ;
Certains s’écrient alors : « Est-il normal que Dieu
Accorde à l’assassin une telle victoire ?!
»

C’est un fleuve de sang que constatent les cieux,
Qui coule sans arrêt et colore l’histoire ;
Toute vie est don, le bien le plus précieux,
Qu’ôtent sans hésiter les âmes les plus noires.

De mes jeunes années, un crime très précis
A marqué mon esprit : une future mère
Fut trouvée massacrée. Or cet affreux récit,

Me donne des frissons ; un groupe sanguinaire
Endurci, le cœur froid, drogué et sans merci,
S’en vint ôter deux vies, tel un acte ordinaire.

Pourquoi, un écolier, sans son bleu tablier,
Après cinquante-sept ans ne peut-il l’oublier ?

 

La folie criminelle © Mapomme