L'esprit tient à vivre, la nuit, mine de rien,
Comme s’il faisait jour et que naisse l’aurore ;
En dépit du chaos, toujours elle revient,
Suivant la croyance que le cœur élabore.
Mais la nuit persiste sur les pauvres terriens,
Qui croient le jour venu si la Lune colore
L’ombre d’un bleu pâle, qu’enfin renaît le bien,
Après les ténèbres qui sans fin nous dévorent.
À l’encre on s’habitue, quand chaque astre pâlit,
Hormis la Lune pleine, au cas où des nuages,
Celant son pâle feu, ne l’aurait aboli.
L’œil s’accoutume à l’ombre et ses violents orages,
Tant son règne paraît désormais établi,
Au point d’en effacer de nos cœurs tout courage.
Donc, aveugles zombies, sans l’ombre d’un refus,
On tolère la nuit, effaçant ce qui fut.
Vivre, mine de rien © Mapomme






