Le monde est emporté par un furieux torrent,
Dans un flot continu de haine et de violence ;
S’est emparé de lui un désir dévorant
De tout soustraire à l’autre avec grande insolence.
Le sage est trimbalé par l’élu ignorant
Dont l’esprit est guidé par la malévolence ;
À quoi bon négocier sur un ton implorant,
Quand le parti adverse aspire à l’opulence ?
Ton avoir n’est plus tien et devra être mien,
Dit le despote élu par la crainte et la haine,
Dont l’appétit sans borne est d’accroître ses biens.
Profitant d’un défaut, mû par l’effet d’aubaine,
Sur le faible il bondit et ne lui laisse rien,
Le détroussant soudain ainsi qu’un tire-laine.
La violence du monde est un mal hérité
De soustraire à autrui des gains immérités.
La violence du monde © Mapomme






