mardi 28 juillet 2026

Elègies nouvelles. Le renouveau d'un soir

  

On se retrouve un soir d’un apéro fortuit,
Qui magnifie la nuit d'une aura formidable ;
Apprécions cet instant délectable et gratuit,
Portant à l’improviste un bonheur insondable.

Chaque regard brille, tel un astre qui luit,
Offrant un souvenir qu’on croit inimitable ;
Il suffit d’un instant rare comme icelui
Pour qu’à la tablée naisse une joie véritable.

Mangeons, buvons, trinquons, pour éclairer la nuit,
Pour que dans le regard brille un éclat stellaire,
Qui chasse à tout jamais le démon de l’ennui ;

Ce soir, reste défait ce tourment séculaire
Alors que nous marchions privés du moindre appui,
Dans les feux des enfers, sans ange tutélaire.

Le renouveau d’un soir, sous les cieux scintillants,
Permet de mille discours joyeux et sémillants.

Le renouveau d'un soir © Mapomme

lundi 27 juillet 2026

Elégies nouvelles. Pourtant la vie triomphe

 

La barbare folie des tyrans sanguinaires,
Qui rêvent d’empire et d’âge révolu
Porte partout le fer des guerres millénaires,
Et l’affreux cauchemar d’un pouvoir absolu.

Cet âge disparu, étouffant la lumière,
N’était que tristesse, sans espoir de salut ;
Par quelle perversion, la sanglante bannière
Est-elle ressortie d’un coffre vermoulu ?

Même amputé, l’Espoir verra briller sa flamme,
Chassant les ténèbres et la brutalité,
En délivrant la paix que sollicite l’âme ;

Par-delà les noirceurs de la réalité,
Subsistera l’éclat que notre cœur réclame,
Une aube retrouvée où règne l’équité.

Un tyran ne peut rien contre la résilience
Qui d'un peuple a forgé l'indestructible alliance.

Pourtant la vie triomphe © Mapomme

Elégies nouvelles. Mad-Bull at Tea Party


On se retrouve assis, de bon ou mauvais gré,
À une Tea Party où règne la folie ;
Travaillant du chapeau, sans vouloir intégrer
Ce cercle où la raison se retrouve abolie.

Un chapelier dingo s’est auto-consacré
Le Maître du monde qui jacte et se renie ;
Qui s’en viendra siffler la fin de la récré,
Pour que les harangues se voient enfin bannies ?

Qu’on mène à l’asile ce dément coquardeau,
Qui effraie le monde, à force de diatribes,
Menaçant les uns de porter un fardeau

De taxes, de sanctions, sans que rien ne l’inhibe ;
Comment suivre un discours d’un esprit si lourdaud,
Engendré sans l’aide de quelque savant scribe ?

Le néant existe ! Nous l’avons rencontré,
Pérorant sans arrêt, sans jamais démontrer.

Mad-Bull at Tea-Party © Mapomme

Elégies nouvelles. Eheu ! Tempus fugit

 

Le chemin nous conduit vers l’immortalité,
Tant les progrès sont grands en science médicale ;
On fait des longues vies une banalité,
Quitte à nous momifier de façon radicale.

Hélas, le temps s’enfuit, si vite en vérité,
Et lentement spolie de la force vitale ;
Il défait nos savoirs, patiemment hérités
Des livres, des soirées, d’amitiés capitales.

De l’eau entre nos doigts : tels seront les instants,
Archivés patiemment tout au long des années,
De ce qui a paru un théâtre constant.

Plusieurs vies dans la vie et des joies surannées,
Des drames, du labeur, un chemin persistant,
S’étiolent peu à peu comme des fleurs fanées.

De la chaise au fauteuil, on redoute le terme
Du livre d'une vie que chaque jour referme.

Eheu ! Tempus fugit © Mapomme

mercredi 22 juillet 2026

Elégies nouvelles. Les chaleurs des enfers

 

Nous allons, chaque jour, plus avant vers l’enfer,
Damnés par la chaleur, accablés par les flammes,
Les saints et les pêcheurs, dans un tourment amer,
Tandis qu’en nos étés se préparent des drames.

La nuit comme le jour, un feu brûle nos chairs,
Nous torturant sans fin, jusqu’au tréfonds de l’âme ;
Des erreurs des puissants, il nous faut payer cher
La cécité qui fait que notre monde crame.

De funestes devins annonçaient ce présent,
Mais on a espéré d’improbables miracles,
Que viendrait nous offrir un futur très plaisant.

N’ayant pas fait aux maux suffisamment obstacle,
Nous subissons, dès lors, nuits et jours épuisants,
Constatant en tous lieux d’itératifs spectacles.

Au prix de déluges, suivis de sécheresses,
Le monde doit payer le prix de la paresse.


Les chaleurs des enfers © Mapomme

Elégies nouvelles. La beauté des enfers


Une infernale force avale les massifs
Et comme des enfants, captivés et sans arme,
Devant la cheminée, nous demeurons passifs,
Quand le feu exerce son dévastateur charme.

C’est beau et pourtant laid qu’un pouvoir oppressif,
Qui détruit la beauté des pins comme des ormes,
D’arbres centenaires, dans l’attrait excessif
D’une faim sans borne, gargantuesque, énorme.

Dans ce charme il y a l’attirance et l’horreur,
Face au pouvoir rendant lilliputiens les hommes,
Qui restent désarmés face au feu dévoreur.

Jardins, autos, maisons, l’appétit nous assomment :
L’apparente beauté, qui emplit de terreur,
Ne laisse que laideur, cauchemar sans qu’on dorme.

Les collines noires, sans charme ainsi souillées,
Rendent l’humanité peinée car dépouillée.

La beauté des enfers © Mapomme

Elégies nouvelles. Les forces du chaos

 On ne peut augurer quand surgiront les maux
Qui s’abattront sur nous sans la moindre Pandore,
Mais on peut pressentir qu’un simple tyranneau,
Pourra ressusciter les tourments qu’on abhorre.

Dès lors se voient brisés les utiles travaux,
Soumises à la furia des barbares cohortes ;
L’incendie et la mort, sur les pays rivaux,
Font tomber peu à peu toutes les places fortes.

Chacun vivait en paix, à l’ombre des traités,
Qu’on croyait éternels ; le désir de conquêtes
Que nul front ne saura un instant arrêter,

Quand nul garde en la tour vers le lointain ne guette :
Sur des lieux pacifiés qui donc voudrait bretter,
Car à l’âge d’airain nulle contrée n’est prête ?

On oublie que la paix est un bref intervalle
Entre deux puissances depuis toujours rivales.

Les forces du chaos © Mapomme