Que de parents, d’amis sont tombés en septembre,
Comme feuilles jaunies emportées par le vent ;
Déserte est la maison, inhabitée la chambre,
Et tristes, nous tremblons quand nous passons devant.
Les rousses feuilles choient, sous le souffle s’envolent,
Telle fauve nuée d’étourneaux sansonnets ;
Pouvions-nous demeurer l’âme et le cœur frivoles,
Quand au septentrion ce vent froid les menait ?
Les volets restent clos, la peinture s’écaille,
Et on ne sait où vont tous nos chers disparus ;
Nos rites ont changé, livrés à la pagaille,
Le souffle des Borées par les rues a couru.
Le marbre est tavelé par les ondées soudaines
Qui veulent effacer les noms, les souvenirs ;
On garde pieusement nos rires, nos fredaines,
Du moindre oubli sachant toujours nous abstenir.
Que de parents, d’amis à l’automne s’absentent,
Vers des cieux plus lointains, dans l’ombre des caveaux !
Mais nous gardons en nous l’image éblouissante
Des années dissolues par monts comme par vaux.
Telle fauve nuée d'étourneaux sansonnets © Mapomme






