samedi 18 juillet 2026

Elégies nouvelles. Le nouveau roi Midas

Ce n’est plus un mythe, mais la réalité :
Tout ce que le faux roi sur son trône imagine
Lui rapporte aussitôt d’amples liquidités,
Car il n’est pas un plan que le blond ne machine.

Tel un nouveau Midas, soudain ressuscité,
Il enrichit les siens par des moyens limites ;
Sa fortune s’accroît sans vraie nécessité,
Et tous ses courtisans quêtent quelques pépites.

Dans le pactole, il puise un trésor fructifiant,
Et tous plongent les mains dans la bénéfique onde ;
Prospectent dans le flot les gredins, les ruffians.

Chacun est au courant sans que le ciel ne gronde :
Nul feu jupitérien, aucun blâme édifiant,
Pour punir ce délit qu’initie le beau monde.

Midas, tu vas mourir, comme tout un chacun :
Sous la terre grasse, pauvres sont les coquins.


Le nouveau roi Midas © Mapomme

Donald Trump crée un nouveau service internautique payant pour favoriser les délits d'initié. Quelques instants avant d'annoncer une décision présidentielle, il publiera sur un service payant sur le réseau Truth social, l'annonce qu'il va faire et qui aura une influence sur les cours de la bourse. Ainsi les abonnés pourront vendre ou acheter selon le cas, les actions qui vont bouger et ainsi boursicoter. 

Make Rich American More rich again ! Pas très MAGA !

Comme Midas il pourra dire : "Ma fille je la dore !"

mercredi 15 juillet 2026

Elégies nouvelles. Le chapelier fou joue une partie d’échec

Le chapelier gigue sur l’échiquier terrestre,
Ébranlant le monde selon son bon vouloir ;
Il danse et se présente ainsi qu’un homme-orchestre,
Car la guerre lui sert, au fond, de défouloir.
 
Dans ses tweets très changeants, la paix est sous séquestre
Très proche ou s’éloignant entre matin et soir ;
Il voudrait asservir, en à peine un semestre,
Le globe agenouillé, l’adorant sans surseoir.
 
Il commence la guerre et puis propose un pacte,
Puis, si ça traine trop, insulte l’ennemi ;
Il prévient, il menace et passe enfin aux actes.
 
Il voudrait que chacun se prosterne soumis,
Face au Ramsès nouveau, à la légende intacte ;
Picrochole moderne, il agit à demi ;
 
Plus il se veut puissant, plus on voit ses faiblesses :
Il veut l'affrontement et soudain le délaisse.



Le chapelier fou joue une partie d'échecs © Mapomme

lundi 13 juillet 2026

Elégies. Tel un cyclope aveugle

Le monde est perturbé par un cyclope aveugle
Qui ébranle la paix tel un ancien palais ;
Est-il Polyphème, l’œil crevé qui beugle,
Provoquant le chaos, se vengeant sans délai ?

Il s’agite et s’écrie, ouvrant tout grand la gueule,
Car il n’attaque pas quelque monarque nain ;
Il se plaint et gémit que son armée est seule,
Crachant sur ses alliés, pour des motifs bénins.

Allumant un brasier, il crie « Au pyromane ! »,
Et voici l’incendie pris d’une folle ampleur ;
Il blâme ses alliés et son doigt les condamne.

Il voulait pour lui seul la couronne et les fleurs,
Mais voudrait partager échec et bonnet d’âne ;
À lui le déshonneur, les lazzis et les pleurs.

Il se voulait Samson qui ébranle le Monde :
Mais le temple croule sur sa tignasse blonde.



Tel un cyclope aveugle © Mapomme

jeudi 9 juillet 2026

Elégies. La balance et le glaive

Peut-on vraiment briguer un des pouvoirs sacrés
En contestant toujours celui de la justice ?
Sitôt que ce dernier est sans cesse exécré,
Naît le césarisme par le moindre interstice.

L’équilibre se voit peu à peu menacé,
Dès que Thémis n’a plus une juste balance ;
Alors nous marcherons, regrettant le passé,
Tandis que souffleront nombre de turbulences.

Il est vrai que le mieux est l’ennemi du bien,
Et notre société, à l’instar d’une horloge,
Marchera de guingois en changeant trois fois rien.

On dit que le diable dans les détails se loge :
Qu’un rouage se bloque et des démons chthoniens
Surgiront dans nos vies, issus des sombres bolges.

Si un pouvoir tenait les autres dans sa main,
L’ombre se répandrait sur les frères humains.


La balance et le glaive © Mapomme

Elégies. La courtine déserte

Comment pouvoir danser sur les braises du monde,
Alors qu’ont disparu nos frêles convictions ?
Elles semblaient pourtant solides et profondes,
Mais peu à peu sapées par un récit-fiction.

Lorsque la forteresse est minée par la fronde
Que mènent en son sein de multiples factions,
Quand sont abandonnés tous les chemins de ronde,
Pourrions-nous espérer de saines réactions ?

Hors du monde connu, après un long périple,
Qui peut se satisfaire des royaumes humains,
Sans les mortels périls, si variés, si multiples ?

Les orateurs savent dépeindre un lendemain
Qui serait sans risques pour eux et leurs disciples :
Ils croient que nul danger n’est déjà en chemin.

La courtine en ruine demeure sans un garde
Ne voit pas venir les troupes pillardes.


La courtine déserte © Mapomme

mercredi 6 mai 2026

Elégies. Telle fauve nuée d’étourneaux sansonnets

 Que de parents, d’amis sont tombés en septembre,
Comme feuilles jaunies emportées par le vent ;
Déserte est la maison, inhabitée la chambre,
Et tristes, nous tremblons quand nous passons devant.

Les rousses feuilles choient, sous le souffle s’envolent,
Telle fauve nuée d’étourneaux sansonnets ;
Pouvions-nous demeurer l’âme et le cœur frivoles,
Quand au septentrion ce vent froid les menait ?

Les volets restent clos, la peinture s’écaille,
Et on ne sait où vont tous nos chers disparus ;
Nos rites ont changé, livrés à la pagaille,
Le souffle des Borées par les rues a couru.

Le marbre est tavelé par les ondées soudaines
Qui veulent effacer les noms, les souvenirs ;
On garde pieusement nos rires, nos fredaines,
Du moindre oubli sachant toujours nous abstenir.

Que de parents, d’amis à l’automne s’absentent,
Vers des cieux plus lointains, dans l’ombre des caveaux !
Mais nous gardons en nous l’image éblouissante
Des années dissolues par monts comme par vaux.


Telle fauve nuée d'étourneaux sansonnets 
© Mapomme