lundi 27 juillet 2026

Elégies nouvelles. Eheu ! Tempus fugit

 

Le chemin nous conduit vers l’immortalité,
Tant les progrès sont grands en science médicale ;
On fait des longues vies une banalité,
Quitte à nous momifier de façon radicale.

Hélas, le temps s’enfuit, si vite en vérité,
Et lentement spolie de la force vitale ;
Il défait nos savoirs, patiemment hérités
Des livres, des soirées, d’amitiés capitales.

De l’eau entre nos doigts : tels seront les instants,
Archivés patiemment tout au long des années,
De ce qui a paru un théâtre constant.

Plusieurs vies dans la vie et des joies surannées,
Des drames, du labeur, un chemin persistant,
S’étiolent peu à peu comme des fleurs fanées.

De la chaise au fauteuil, on redoute le terme
Du livre d'une vie que chaque jour referme.

Eheu ! Tempus fugit © Mapomme

mercredi 22 juillet 2026

Elégies nouvelles. Les chaleurs des enfers

 

Nous allons, chaque jour, plus avant vers l’enfer,
Damnés par la chaleur, accablés par les flammes,
Les saints et les pêcheurs, dans un tourment amer,
Tandis qu’en nos étés se préparent des drames.

La nuit comme le jour, un feu brûle nos chairs,
Nous torturant sans fin, jusqu’au tréfonds de l’âme ;
Des erreurs des puissants, il nous faut payer cher
La cécité qui fait que notre monde crame.

De funestes devins annonçaient ce présent,
Mais on a espéré d’improbables miracles,
Que viendrait nous offrir un futur très plaisant.

N’ayant pas fait aux maux suffisamment obstacle,
Nous subissons, dès lors, nuits et jours épuisants,
Constatant en tous lieux d’itératifs spectacles.

Au prix de déluges, suivis de sécheresses,
Le monde doit payer le prix de la paresse.


Les chaleurs des enfers © Mapomme

Elégies nouvelles. La beauté des enfers


Une infernale force avale les massifs
Et comme des enfants, captivés et sans arme,
Devant la cheminée, nous demeurons passifs,
Quand le feu exerce son dévastateur charme.

C’est beau et pourtant laid qu’un pouvoir oppressif,
Qui détruit la beauté des pins comme des ormes,
D’arbres centenaires, dans l’attrait excessif
D’une faim sans borne, gargantuesque, énorme.

Dans ce charme il y a l’attirance et l’horreur,
Face au pouvoir rendant lilliputiens les hommes,
Qui restent désarmés face au feu dévoreur.

Jardins, autos, maisons, l’appétit nous assomment :
L’apparente beauté, qui emplit de terreur,
Ne laisse que laideur, cauchemar sans qu’on dorme.

Les collines noires, sans charme ainsi souillées,
Rendent l’humanité peinée car dépouillée.

La beauté des enfers © Mapomme

Elégies nouvelles. Les forces du chaos

 On ne peut augurer quand surgiront les maux
Qui s’abattront sur nous sans la moindre Pandore,
Mais on peut pressentir qu’un simple tyranneau,
Pourra ressusciter les tourments qu’on abhorre.

Dès lors se voient brisés les utiles travaux,
Soumises à la furia des barbares cohortes ;
L’incendie et la mort, sur les pays rivaux,
Font tomber peu à peu toutes les places fortes.

Chacun vivait en paix, à l’ombre des traités,
Qu’on croyait éternels ; le désir de conquêtes
Que nul front ne saura un instant arrêter,

Quand nul garde en la tour vers le lointain ne guette :
Sur des lieux pacifiés qui donc voudrait bretter,
Car à l’âge d’airain nulle contrée n’est prête ?

On oublie que la paix est un bref intervalle
Entre deux puissances depuis toujours rivales.

Les forces du chaos © Mapomme



samedi 18 juillet 2026

Elégies nouvelles. Le nouveau roi Midas

Ce n’est plus un mythe, mais la réalité :
Tout ce que le faux roi sur son trône imagine
Lui rapporte aussitôt d’amples liquidités,
Car il n’est pas un plan que le blond ne machine.

Tel un nouveau Midas, soudain ressuscité,
Il enrichit les siens par des moyens limites ;
Sa fortune s’accroît sans vraie nécessité,
Et tous ses courtisans quêtent quelques pépites.

Dans le pactole, il puise un trésor fructifiant,
Et tous plongent les mains dans la bénéfique onde ;
Prospectent dans le flot les gredins, les ruffians.

Chacun est au courant sans que le ciel ne gronde :
Nul feu jupitérien, aucun blâme édifiant,
Pour punir ce délit qu’initie le beau monde.

Midas, tu vas mourir, comme tout un chacun :
Sous la terre grasse, pauvres sont les coquins.


Le nouveau roi Midas © Mapomme

Donald Trump crée un nouveau service internautique payant pour favoriser les délits d'initié. Quelques instants avant d'annoncer une décision présidentielle, il publiera sur un service payant sur le réseau Truth social, l'annonce qu'il va faire et qui aura une influence sur les cours de la bourse. Ainsi les abonnés pourront vendre ou acheter selon le cas, les actions qui vont bouger et ainsi boursicoter. 

Make Rich American More rich again ! Pas très MAGA !

Comme Midas il pourra dire : "Ma fille je la dore !"

mercredi 15 juillet 2026

Elégies nouvelles. Le chapelier fou joue une partie d’échec

Le chapelier gigue sur l’échiquier terrestre,
Ébranlant le monde selon son bon vouloir ;
Il danse et se présente ainsi qu’un homme-orchestre,
Car la guerre lui sert, au fond, de défouloir.
 
Dans ses tweets très changeants, la paix est sous séquestre
Très proche ou s’éloignant entre matin et soir ;
Il voudrait asservir, en à peine un semestre,
Le globe agenouillé, l’adorant sans surseoir.
 
Il commence la guerre et puis propose un pacte,
Puis, si ça traine trop, insulte l’ennemi ;
Il prévient, il menace et passe enfin aux actes.
 
Il voudrait que chacun se prosterne soumis,
Face au Ramsès nouveau, à la légende intacte ;
Picrochole moderne, il agit à demi ;
 
Plus il se veut puissant, plus on voit ses faiblesses :
Il veut l'affrontement et soudain le délaisse.



Le chapelier fou joue une partie d'échecs © Mapomme