Je vois autour de moi tant de temps épuisé,
Car le look compte plus que ce qui fonde un être ;
Le capital restant s’est donc amenuisé
À créer un reflet qui vous fait reconnaître.
Dans l’eau votre reflet est tellement prisé,
Qu’il devient sur le champ de vos pensées le maître ;
Se perd tout votre temps ainsi vampirisé,
Pour un précaire look qui viendra vous soumettre.
Je me douche, me coiffe et, une fois vêtu,
Du reste je me fous, en croquant l’existence
Dans le torrent des ans, où je suis un fétu.
Narcisse, pauvre idiot ! Qu’importe ta prestance :
Embrasse ton Écho, à bouche que veux-tu !
Plus qu’un reflet, son cœur gardera sa constance.
Fais mentir Tirésias, aux sombres prédictions :
Contemple dans ses yeux ton pouvoir d’attraction.
La tyrannie du look © Mapomme






