Les jours coulent comme l’onde
L’onde si douce du Rhin
L’automne y verse serein
Tout l’or des aubes du Monde
Un homme jette du pain
Depuis la rive frileuse
Sous le regard d’un clampin
Maigre à la mine bileuse
Pourtant le vieil homme digne
Se fout du clampin bileux
Il jette du pain aux cygnes
Semblant avoir du sang-bleu
Ils glissent avec dédain
Placides sur l’onde lisse
Ce pain pourtant anodin
Toujours le met au supplice
Il venait avec sa mie
Son amour hélas perdu
Car la savante alchimie
Du coeur lui fut défendu
Depuis il s’en est remis
Et il est même grand-père
Pourtant tous les samedis
Il revient vers son repère
Pour jeter du pain dans l’onde
L’onde complice du Rhin
Où vont des cygnes sereins
Que l’automne fauve inonde
Cygnes du Rhin © Mapomme

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