Les vaisseaux d’autrefois gonflant d’espoir leurs voiles
Pour des mondes nouveaux cinglaient résolument
Des hordes soudaines s’en allaient transhumant
Vers d’autres horizons guidées par leur étoile
Fuyant la misère et un seigneur brutal
Pour un ailleurs meilleur ils affrontaient l’écume
Le calme la tempête et l’angoissante brume
Dans le chant terrifiant d’un serpent abyssal
En ces temps-là soufflait sur toute âme insoumise
L’espoir encor confus d’améliorer son sort
Et par son industrie de créer un essor
Ferment de Justice sur la Terre Promise
Après ce temps béni de nouveaux hobereaux
Sur le limon d’espoir ont bâti leur empire
Sous leur autorité de nouveaux cœurs soupirent
Il ne reste plus ni horizons ni héros
Non contents de bannir la moindre échappatoire
Les cadors du présent adorent inspirer
La peur de perdre le peu qu’on a transpiré
Distillant ici-bas un constant purgatoire
Aux esclaves sans nom avec délectation
Ils brandissent le spectre infernal du chômage
Nous tenant en laisse par cette simple image
Et nos esprits soumis tremblent d’agitation
Il n’est plus de progrès Voilà l’ignominie
Nous allons tremblants et délestés sur la grève
Dépouillés de l’espoir et dévêtus du Rêve
Seul reste le suicide ou la narcomanie
Ces vils asservisseurs bâtissent des remparts
Censés nous protéger de quelque conquérant
Depuis cette prison soyons intolérants
Détruisons les châteaux de sable des chats-pards

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