Jadis les poètes par les rues et chemins
Sous la pluie et mordante bise
Dans le frimas qu’Hiver attise
S’en allaient tout crottés ce jour comme demain
Trop tôt venue leur Muse énonçait des refrains
Que la foule dans sa bêtise
Qualifiait de pures sottises
Sans mot dire et maudits ils connaissaient la faim
De nos jours bien coiffés bien nourris et bien mis
Ils portent le bel uniforme
De l’intellectuel hors normes
Leur poème ronronne et a trop d’appétit
Car préservé de la souffrance
Le poète n’est qu’apparence
Quelques vers en chansons qu’un public a compris
Suffisent à faire un poète
D’un simple troubadour honnête
Le gotha possédant bien plus d’or que d’esprit
Prend des rimes sans queue ni tête
Pour le pur génie d’un esthète
Devant le Roi Sommeil le courtisan accepte
Pour de l’or de courber le dos
« Qu’on mène aux champs ce coquardeau »

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