dimanche 20 mai 2018

L'encre de Miséricorde. Invisible


À l’est se lève le soleil
En hiver tombera la neige
Le matin j’ai toujours sommeil
Et l’été est un privilège

À midi pétante j’ai faim
Le soir je songe à la retraite
Je rêve à mon passé défunt
Et des souvenirs d’opérette

Tel un fleuve coule le temps
Et tant de temps où l’on regrette
Craignant l’hiver dès le printemps
Égrenant des amours aigrettes

Au présent se trouvait la vie
Les passés futurs sont sans heurts
Et trop tard on les apprécie
Car trop discret est le bonheur
Invisible © Mapomme


samedi 19 mai 2018

L'encre de Miséricorde. Bon an finit mal


Nous allions par les chemins
Abeilles d’été grisées
Sans penser à demain
Les choses semblaient aisées

D’un vol insensé planant
Butinant les marjolaines
Nous ignorions l’immanent
Automne aux feuilles de peine

Du temps fuyant les hérauts
Avant la fin prévisible
Des temps bienheureux et chauds
Heures bénies et indicibles

Tout l’espace du bonheur
Est empli de son absence
Lorsque notre cœur a peur
De son silence
Bon an finit mal © Mapomme

mercredi 9 mai 2018

Sonnets. Rossignol Philomèle


Si le rossignol depuis les bosquets du jardin
Trille durant le jour comme dans la pénombre
Un chant aussi changeant qui n’a rien de badin
C’est qu’il sait de l’humain les aspects les plus sombres

Ayant toujours sa langue il s’en sert doublement
Philomèle violée eut la sienne coupée
Si le jour il est gai son chagrin nuitamment
Affecte sa portée Triste est sa mélopée

Des destins effacés la nuit portant le deuil
Dansons buvons chantons les soleils éphémères
L’automne nuageux les promet au cercueil

Et quand l’été revient notre joie est amère
Sachant des jours futurs les insidieux écueils
Messidor n’a qu’un temps et règnera Frimaire
Triste est sa mélopée © Mapomme



samedi 31 mars 2018

Rimes de saison. Messager dilettante

D’une fleur à l’autre vont les abeilles
De pollen ainsi se couvrant
Dans les jardins et sous les treilles
Répandant les futurs printemps

Des lianes de la salsepareille
Jusqu’aux rosiers ensorcelants
Œuvrant dès que le jour s’éveille
Elles sont des messagers ensemençant

Notre Démiurge s’est montré léger
Livrant les cœurs à l’infortune
Si d’invisibles messagers
Nous inspiraient des amours opportunes

Nous n’irions plus par le doute assiégés
Nul pollen fourni par aucune
Abeille venant soulager
Des cœurs cherchant une passion commune

Il faut hélas qu’on se contente
De nos messagers dilettantes
Messager dilettante © Mapomme



Rimes de saison. Vive l’espoir !


Même défunt en fin d’hiver
Il va fleurir
L’espoir ne saurait ainsi périr
Il va germer à découvert 

Dans l’Univers
L’espoir l’espoir va revenir
Et va brandir
Partout partout son drapeau vert

Tout cœur amer
D’une vague venant mourir
Doit retenir
Qu’elle renaît toujours de la mer

Notre âme est vide
Comme la boîte de Pandore
Mais va éclore
Le gage de l’Espoir viride
Vive l'Espoir ! © Mapomme
avec un coup de main d'Arcimboldo pour la grosse légume...


Rimes de saison. L’espoir est mort !


L’espoir est mort
Je l’ai enterré ce matin
Dans le jardin
Près du jasmin je sais qu’il dort 

Hier encor
Je le pressais contre mon sein
Luisant un brin 
Dans l’étable en un rayon d’or

Il s’est éteint
De chacun dit-on c’est le sort
Monde retors
Voici donc le commun destin

Dans le jardin
Repose à tout jamais son corps
Je sais qu’il dort
Je l’ai enterré ce matin

Sans lui la vie s’avère amère
Reste le Songe
Contre l’ennui du jour je plonge
Dans l’onde des chimères 
Hope is dead this morning ! © Mapomme

dimanche 3 septembre 2017

Stances. Tout instant étonnant porte la fange et l’or


La barque solaire vogue entre les récifs
De stratocumulus baignant de rayons pâles
Les prés blonds où paissent les troupeaux si passifs
Devant l’été qui meurt dans un ultime râle  

Une belle image qu’on garde en souvenir
Pour les frimas d’hiver dans un herbier collée
Une fleur desséchée ne cessant de ternir
Momie en son tombeau de journées envolées

Tout instant étonnant porte la fange et l’or
L’or du bonheur présent le regret qu’il s’achève
C’est pourquoi je ressens une amertume alors
Que chacun est joyeux or ces heures sont brèves

Devrais-je tout brûler enterrer effacer
Ne vivre qu’au présent sans regard en arrière
J’envie ceux qui oublient chaque heur du passé
En se laissant glisser en l’onde des rivières

Où s’égrènent les jours au cœur-même de l’été
Bienheureux oublieux qui droit devant eux arquent
Je n’ai jamais trouvé la source du Léthé
Et mon meuble à tiroirs s’emplit d’instants qui marquent 
Les prés blonds ou paissent les troupeaux © Mapomme