lundi 24 mars 2025

Élégies. Un cri dans la nuit froide

Maîtresse des pensées, Nuit tissée de silence,
Offre à nos insomnies cette pénétration
Qui permet de capter tous les cris qu’on te lance,
Les maux des oubliés dans la désolation !

Q
uand cessent les hauts cris des plaies superficielles,
Qui voulait avoir plus et n’obtient que son dû,
Des peines déclarées, bien que non essentielles,
Les malheurs plus profonds sont alors entendus.

Or, qui veille en la nuit pour percevoir ces ondes,
Qui migrent des pays moins bruyants et lointains ?
C’
est un puits ténébreux que très peu d’esprits sondent,
Où de tordent les mains des tragiques destins.

Nous avions un veilleur, oracle des révoltes,
Sachant mettre en chanson nos plus choquants dégoûts,
Qui voyait du futur les funestes récoltes
Des lâches abandons qu’on paie par contrecoup.

Si nul n’entend la nuit qui semble une onde lisse,
Les cris, les S.O.S., comme des ronds dans l’eau,
Aucun ne les verra qui, sans fin, s’élargissent,
Pour éveiller nos cœurs aux plus vibrants sanglots.


Un cri dans la nuit froide © Mapomme

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