À Jean en espérant qu'il repousse à plus tard la tragédie des ombres
Une fresque antique d’une joie éphémère,
Vrai théâtre d’ombres, montre de nos repas,
Des soirs improvisés à la saveur amère,
Qui mènent néanmoins de la vie au trépas.
Tant des chers convives sont aujourd’hui sous terre,
Et tant s’y dirigent, marchant à petits pas ;
Ils traînent leurs vieux os et ne font pas mystère
D’avoir peu à vivre d’instants aussi sympas.
Sale air et traitements nous maintiennent en vie,
La Camarde emportant les plus sérieux de nous ;
L’existence est donnée et puis nous est ravie :
Nul ne nous la rendra, nous remettant debout,
Telle qu'en l'ancien temps, elle nous fut servie.
Mais jamais on n’évoque un sujet si tabou.
Trinquons tant qu'il se peut, ombres au crépuscule,
Quand vers l'obscur des nuits nos frêles vies basculent.

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