lundi 9 novembre 2015

Rimes de saison. Le vallon des larmes de nuit

La nuit avait versé dans le vallon ses larmes
D’épaisses ténèbres Les cœurs s’y abreuvaient
Faisant trembler l’âme sous l’effet de ce charme
Jadis les amoureux enlacés s’y lovaient

Plus tard paraissait l’aube en ce lit de ténèbres
Que tous les chants de coq laissaient indifférent
Et l’ombre s’attardait plus alliée que funèbre
Offrant une heure en plus aux amants s’y terrant

D’automne suintent les branches dévêtues
Dont le froid imprègne les champignons jaillis
Telles des mouettes en session impromptue
À l’ombre du chêne dans le pré sans taillis

L’été a décampé par-delà les montagnes
Le lit de fougères son beau jade a perdu
Égaré sa fraîcheur son vert de cocagne
Il laisse les amants au froid des jours ardus

Où trouver le vallon ignoré de la lune
Quand sur les fougères règne l’éphernité
 D’un paradis d’ombre que nul feu n’importune
Où les serments brûlent leurs ailes tout l’été
Le vallon des larmes de nuit © Mapomme 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire