On tranche à tour de bras les emplois superflus
Et tant pis pour les gens qu’on
mettra sur la paille,
Car
pour avoir du blé, il faut que soient exclus
Les
épis trop coûteux qui dans leur job
traînaillent.
Foin
des vains entretiens, des larmes, des pourquoi,
Et
pourquoi justifier l’exécution sommaire ?
Quand
on tranche un épi, au moins il se tient coi,
Puis
noiera dans un bar ses émotions
amères.
Lorsque
dans des banques, avec un plein carton
Des
employés pleuraient d’avoir perdu leur place,
Se
gondolaient alors ces pauvres avortons,
Se
croyant à l’abri d’identiques menaces.
Mais
l’éden de la Tech, comme tous les secteurs,
Se
développe un max, versant des dividendes
Puis
l’horizon se bouche et il n’est qu’un facteur :
Dans
l’arbre qui faiblit, il faudra qu’on gourmande.
Les
plus gros salaires d’oiseux départements
Sont
remerciés soudain bien
avant la récolte ;
Ils
reçoivent un mail les tançant vertement
jeudi 31 juillet 2025
Élégies. Faucher pour plus de blé
Élégies. Se délester d’un poids
Se délester d’un poids, balancé dans le vide,
Est un acte violent, qui survient
tout d’un coup,
Pour
réparer l’erreur d’un dirigeant cupide,
Qui
ressort l’argument des charges et des
coûts.
En
fait, ne sommes-nous, pour ces très hauts salaires,
Que
du menu fretin, un coût d’ajustement,
Grains
de sables vidés dès la
moindre galère,
Congédiés
par un mail envoyé prestement.
Que
représentons-nous ? Un rameau que l’on taille,
Pour
laisser plus de sève au sommet souverain,
Seul
apte à diriger la mère des batailles,
Mais piètre stratège, méjugeant le terrain.
Quelle
est notre valeur quand le zénith
ignore
Les
tâches des grouillots assumant le
boulot,
Souvent
bien au-delà de ce qu’il subodore,
Pièces
remplaçables bossant sans ciboulot.
Vieux
mouchoir en papier,
voilà qu’on nous balance,
Pèlerins
du précaire en quête d’un contrat,
Du
chômage à un job, et puis tout recommence :
Ça
repart pour un tour, et puis boum patatras !
mercredi 30 juillet 2025
Élégies. Dansez après la guerre !
Dans les combats on meurt ou on est estropié,
Puis quand cesse la guerre, on signe
l’armistice ;
Rentrent
les survivants, dont beaucoup vont expier
Les
corps à corps cruels et bien des injustices.
Bien
des gueules cassées ne voient dans leur
miroir,
Qu’un
étranger meurtri, une caricature
De
prothèse affublée, qu’on regrette de voir,
Car
montrant que la guerre a changé de
nature.
Nombre
d’entre eux la nuit hurlent soudainement,
En
retrouvant l’enfer des obus qui s’abattent,
Des
tranchées s’écroulant dans ce déchaînement,
Cherchant
leurs traits d’avant, vainement ils se tâtent.
Mais
s’ils cauchemardent, on s’amuse à Paris,
On
danse à en crever, lors de réjouissances
Dont
tous furent privés ; le bonheur s’est tari,
Car privé d'un Léthé, nul oubli, nulle
absence !
Dansez
après l’enfer, effacez
les horreurs,
Puisque Vulcain stocke des armes dans ses forges,
Pour
répandre en tous lieux un brasier dévoreur,
La
rancœur du vaincu dont dont le monde
regorge.
mardi 29 juillet 2025
Élégies. Ne pas croquer le fruit
Ève
et Adam, suivez la voix de la
raison
En ne
croquant jamais sans précautions la pomme !
Cueillez
déjà le fruit à la bonne saison
Et
il faut l’éplucher avec un
économe.
Vous
n’êtes pas savants pour percer le
danger,
Sans
déguster le fruit offrant la Connaissance :
De
là naîtra la science qui viendra tout changer,
Servant
aveuglément l’immodérée
croissance.
En
croquant dans les fruits, on commet une erreur,
Non
point pour l’interdit, mais pour sauver nos vies :
La
science est pervertie et produit des
horreurs,
Quand
l’industrie commande et se trouve servie.
Pour
produire bien plus, on traite à fond les fruits
Et
leur peau est bourrée de produits qui nous tuent ;
Qu’avez-vous
fait, ce jour, car vous avez détruit
Toute
l’humanité qui se verra foutue ?
Insectes
comme oiseaux,
morflent pareillement
Et
tous leurs prédateurs passeront à la trappe ;
Tout
ça pour espérer un émerveillement,
Qui
conduit au chaos, dès que tout nous
échappe !
lundi 28 juillet 2025
Élégies. Les plus odieux commerces
Sur la planète ont lieu les plus odieux
commerces
Qui
jadis existaient à un moindre échelon,
Mais
les prix s’envolant, un fol attrait s’exerce
Et
on trouve l’ivoire en des cossus salons.
Les
forêts pour le bois, les sous-sols, le pétrole,
La
pêche industrielle, à la rapacité
Il
n’est pas un secteur atteint par la
vérole
De
l’aveugle profit qui a droit de cité.
On
détruit à gogo : plus rare est la matière
Et
plus son prix s’envole au cours du marché noir ;
Une
folle industrie, sur la planète entière,
Semble
vouloir mettre la vie sous l’éteignoir.
Le
prix de l’interdit s’élève
à toute allure
Et
gonfle les coffres des riches trafiquants ;
Des
cercles du pouvoir nul ne peut les exclure : (1)
On
est sans défense comme les éléphants.
Le
monde est un bazar, où
de rien on décide,
Et
où on s’enrichit, sans se salir les mains ;
Nous
allons au suicide en
n’étant pas lucides
Sans
voir sur quoi seront bâtis nos lendemains.
(1) Tout transite par des sociétés-écrans et l’argent sort blanc comme neige.
Élégies. Or la fête est finie
Le bal terminé et s’envole une affiche,
Sous
le souffle d’un vent de l’entre chien
et loup ;
Sur
un banc, désœuvré, caressant ma
barbiche,
Je trie les souvenirs d’un
passé semblant flou.
Notre
énergie décroît, bouffé
par une
goule :
Le
temps, ce fichu temps est un esprit malin,
Aspirant le sang noir
des jours morts qui s’écoulent
Et venant, silencieux, à l’instar d’un félin.
Les
fêtes ne sont plus aussi réjouissantes,
Dans
l’éternel combat de deux générations :
La
sono assourdit, car beaucoup trop puissante,
Faisant
franchir le seuil de
l’exténuation.
Pourtant
le souvenir légué à la jeunesse
Dans
des années fera s’asseoir un traîne-tard,
Regrettant
un passé, qu’à
nouveau méconnaissent,
Les
danseurs dans les rangs des plus vaillants fêtards.
Sous
les astres constants, les drames et les joies,
Les
guerres et les paix, les caprices du
sort,
Se
succèdent sans fin, tant les humains merdoient,
Et
je songe au passé, vieux pantin sans ressort.
dimanche 27 juillet 2025
Élégies. À quoi bon les regrets ?
Quel cœur n’a nul regret, perdu dans ses
pensées,
S’il
regarde en arrière et fait son examen ?
Dans
le torrent des jours et des heures passées,
L’esprit
s’est fourvoyé bien souvent en chemin.
On
a cru agir bien, mais nous ronge le doute,
Quand, bien qu’étant pensé, un mot nous fit défaut :
On
en a étouffé plus d’un sur notre route,
Et
dit le lendemain, il aurait sonné faux.
On
ne savait alors que le destin tragique
Nous
apprendrait bientôt quelque geste fatal :
Bien
sûr, un simple mot n’a nul pouvoir magique
Contre
un fusil de chasse ou tout moyen létal.
En
dépit des années, notre
âme se questionne
Car
une tragédie conduit à réfléchir,
Comme
si on voulait
qu’une
voix nous pardonne,
Pour
n’avoir pas trouvé ce qui peut infléchir
Un
acte décidé bien des jours à l’avance.
On retient ces décès assez peu naturels
Car contre la vieillesse, il
n’est pas de jouvence,
Contre les regrets nul saut spatio-temporel.
Élégies. Partir est édifiant
Je ne suis pas né à la maternité,
Mais
chez mes grands-parents au quatrième étage ;
J’ai
très peu quitté l’Île et, pour l’éternité,
De
sa folle beauté j’en demeure l’otage.
J’ai
toujours cru qu’ailleurs se ferait mon destin,
Puisque
le monde est grand et les cités
immenses ;
Nourri
par le soleil, je l’ai cherché d’instinct,
Car
sans un pur azur je frôle la démence.
Déjà
trop de béton, de goudron, de passants,
Trop
de bruits, de
fumées que crachent les bagnoles,
L’exercice
au marcheur s’avérant harassant ;
Déambuler
sans fin paraissait tartignole.
Je
détestais la ville, son boucan, ses autos,
Et
mon dernier boulot si loin
de la nature :
Je
songeais au village, au retour en bateau,
Puisqu’au
sein du passé serait ma vie future.
Partir
est édifiant, pour
trouver sa maison,
Celle
de mon enfance et de mes origines ;
Là,
je me sens chez moi, en toutes les saisons,
Entouré
de maquis où j’ai pris mes racines.
vendredi 25 juillet 2025
Élégies. Un beau jour printanier
C’était un beau matin d’apparence
ordinaire,
Avec
un ciel d’azur, comme on en voit souvent,
Mais
quelques nuages, sans
rumeur de tonnerre,
Présageaient
une ondée au lointain arrivant.
Mais
on voulait y voir
un beau
jour sans caprices,
Ces
nues se dissipant sous un zéphyr de mai ;
Nous
charrions une âme vierge de cicatrice,
Qui fait qu’aux
giboulées on ne croira jamais.
Nul
orage ou ondée qu’un tel azur présage
Et
aucun vol d’oiseaux qui vienne
éclaircir
Ce
que sera ce jour ; pourtant on l’envisage
Serein
puisque les nues ne semblent pas noircir.
Or
les cieux se plaisent à tromper les lectures,
Car
les oiseaux changent toujours de direction,
Volant
de droite à gauche ; aucune conjecture
N’en
peut être tirée pour quelque prédiction.
Puis,
d’un coup le ciel change et le monde s’affole,
Vu
que l’ordre établi est sens
dessus dessous ;
Tel
un oiseau craintif, la quiétude s’envole
Lorsque
l’ordre établi en un soir est dissous.
jeudi 24 juillet 2025
Élégies. Le moment de bascule
On ignore combien le bonheur est fragile,
Une
félicité qu’on supposait sans fin,
Surtout
si l’avenir avait des pieds d’argile,
Et
voilà nos rêves qui se trouvent défunts.
Tout
paraît irréel, même cauchemardesque
Tant
nous sommes surpris par sa soudaineté ;
Nous
n’aurions pas osé un récit
romanesque,
Sur
un tel scénario, venant nous inquiéter.
Des
cités désertées et le monde en désordre,
La
mort dans les régions, comme
aux temps médiévaux,
Quand
le destin tracé
paraissait se distordre,
Et
qu’étaient mis à bas des siècles de travaux.
Ce
n’était qu’un début, rien qu’une mise en bouche,
De
l’amère potion des pires trahisons,
Quand
tout va à vau-l’eau, dans l’écume farouche,
Et
qu’on perçoit alors l’absence
d’horizon.
Sans
amarres nos vies se voient en déshérence,
Livrées
à la tempête et ses flots furibards ;
Désormais
nous laissons nos vaines espérances,
Sans
ferme conviction de les trouver plus tard.
Élégies. La tentation du vide
On a parfois marché le long d’une falaise,
En
trouvant à l’abîme un charme captivant
;
Les
attraits du danger me mettent mal à l’aise
Et
je ne puis trouver le vide motivant.
Ce
mortifère appel de l’obscur et du vide
Me
sidère en tous points, sorte de déraison
Guidant
vers le néant,
et ressemble au suicide
D’un
troupeau pris soudain par cette inclinaison.
D’où
sortent les démons que le jour importune,
De
quel antre profond où vivaient en repli
Ces
êtres enragés stagnant dans des lagunes,
Craignant
les lumières et tenus dans
l’oubli ?
Leurs
idées infectent la raison générale,
Contaminant
parfois les esprits les plus sains,
Atteints
secrètement par l’hystérie virale :
Dans
les rues sont vantés les plus sombres
desseins.
Un
pays veut la guerre, un autre déraisonne
Et, à marche forcée, allant contre les lois,
Renverse
les piliers qui chacun conditionne
Une
démocratie sonnant de bon aloi.
lundi 21 juillet 2025
Élégies. Un sort de Maléfique
Par un sort Maléfique a détruit des
biscuits,
Destinés
aux enfants de deux contrées lointaines
;
Bloqués
depuis des mois, un étrange circuit
Les
fit incinérer par le Croquemitaine.
«L’Amérique
d’abord !», clama ce
cœur indifférent
Aux
malheurs de ce monde et même au
paupérisme
Au
sein de sa nation : il est désespérant
Qu’existent
la misère et le consumérisme.
L’Amérique
d’abord, surtout pour les rupins,
Qui
paieront moins d’impôts : aux autres les obstacles,
Travailler
pour balpeau, avoir plusieurs turbins,
Tandis
que le pays court droit vers la débâcle.
Que
peut-on attendre d’un satrape brutal,
Ne
songeant qu’au bizness et aux grandes fortunes ?
En
Asie, à Gaza, son projet est fatal,
Si
loin des préceptes qui souvent l’importunent.
La
morgue est son Credo,
l’or est son livre saint :
Pourquoi
donc s’encombrer de vaine bienveillance,
Qui
n’entre nullement dans ses féconds desseins ;
«In
gold we trust !» montre son
unique croyance.
dimanche 20 juillet 2025
Élégies. D’où vient le goût du mal ?
Durant notre jeunesse, on enseigne des
guerres,
Des Grecs aux Romains, Napoléon Premier ;
On
ressasse sans fin quelques combats vulgaires,
Qui
de l’Europe ont fait un immense charnier.
Nous
avons tous joué à des combats épiques,
Où
s’affrontaient des camps, en mourant pour de faux,
Le
bien contre le mal, deux
factions utopiques,
Où
au goûter les morts ne faisaient pas défaut.
Pas
de croix alignées, pas de tristes médailles :
Au
repas, décrassés, pas même un seul boiteux,
Pas
de Légion d’Honneur, pour
toute la marmaille,
Sinon
les plats goutus, mijotés, velouteux.
Les
rêves d’Empire, de gloire et de puissance
Égarent
les esprits sur de mauvais chemins ;
Si
certains s’en défient, d’autres sans réticence
Les
suivent enivrés, comme de vrais gamins.
D’où
vient le goût du mal, menant aux catastrophes ?
De
confondre des jeux, aux généreux
élans,
D’un
prestige passé, que le mensonge
étoffe,
Que
des récits partiels rendent étincelant !
jeudi 17 juillet 2025
Élégies. Changer le plomb en boue
Ô Nicolas Flamel, en
savant alchimiste,
Ôte
l’or d’un esprit pour le mettre d’aplomb,
Qui ne
songe qu’au fric,
en violent
polémiste !
Le
monde est racketté par ce fat géant blond.
Guidé
par la folie d’accroître la fortune
De
ceux qui sont blindés, dont
les coffres sont pleins
Et
qui ne veulent plus qu’on leur offre la Lune,
Mais Mars et l’univers : il
se fout du déclin
De
la Terre et de nous, gens simples du vulgaire.
À
nous le picotin, à eux l’herbe
et le foin,
Un
partage honnête ne l’intéresse guère :
Il n’est que des rupins dont il
prenne grand soin.
Ton
nouveau Grand Œuvre,
l’ultime panacée,
Consiste
à transmuter un cerveau de voyou
En
un esprit sensé ;
la raison trépassée
Ne
fut jamais incluse en son obscur caillou.
Ce
crétin blond change
l’or en plomb, puis en boue,
Et
ruinera le monde, à grands coups de décrets ;
L’opinion
est déçue et trouve qu’il la floue,
Pensant
que sur un point, il cache des secrets.
dimanche 13 juillet 2025
Élégies. Un avenir meilleur
Autrefois, le progrès, grâce à ses
découvertes,
Augurait
un futur qui serait plus radieux.
Les
guerres cesseraient, car
menant à la perte
Du
vivant, en conflits sanglants et insidieux,
On se
croit prémuni des tragiques bévues,
Par
les engrenages d’un engin infernal,
Déclenchant,
peu à peu, des tensions
imprévues,
Pour
attiser le feu d’un conflit au final.
Pourtant,
tout allait bien, en
un monde paisible,
Mais
les devins craintifs demeuraient alarmés :
Le
monde étant calme, l’émoi semblait risible,
Puisque
rien ne venait vraiment le confirmer.
On
ne sait trop pourquoi, proférant des menaces,
Un
dirigeant courtois, aux discours réfléchis,
Fait
battre le tambour et, se montrant tenace,
Convient de déclencher un immense
gâchis.
Nous
vivions dans la paix, puis, usant de la
force,
Le
canon tonne au loin, et une appréhension
Saisit
les sociétés, car la tragique entorse
À
nos traités de paix présage une extension.
mercredi 9 juillet 2025
Élégies. Quand chantent les cigales
Les cigales chantent : c’est l’été des
dangers,
L’été
des vents puissants et de la canicule ;
Les
ans se succédant semblent peu s’arranger,
Bien
qu’on entende encor des dénis ridicules.
On
quête une ombre fraîche, en un endroit venteux,
Mais
béton comme roc, soumis
à la fournaise
Aux
heures ensoleillées, nous rendent comateux,
Car
en leur cœur sommeille
un épais lit de braises.
Des
rivières sortent au-delà de leur lit,
Emportant
des maisons édifiées sans logique,
Là
où jadis les eaux avaient soudain jailli,
Voici
des décennies, en des années tragiques.
Or,
la main sur le cœur, il a fait le serment
Que
le réchauffement n’était que balivernes
Créées
par des esprits au arguments déments,
De
savants se vendant aux puissances
externes.
Mais
voilà Pinocchio qui, nous bourrant le mou,
Se
trouve enfin puni, lorsqu’enfin
son nez pousse.
Pour
gagner plus de fric, il s’est gaussé de nous :
Le
chant des
cigales désormais fout la frousse !
lundi 7 juillet 2025
Élégies. Soumission à César
Ah ! fallait-il vraiment se soumettre à César,
Et
lui lécher les pieds, après mille courbettes ?
Ensuite,
faudra-t-il baisser notre falzar,
En
prenant pour génie un vrai analphabète ?
«Ô
père,
assiste-nous,
face aux mille dangers !»,
Proclame
en tremblotant cette bande de lâches,
Comptant
sur sa force qui peut tout arranger,
En
lui laissant le soin de ce genres de tâches.
Sans
même ferrailler, sans grandeur ni honneur,
Nous
rendons les armes, soumis à la puissance,
Pour céder à César, cet odieux rançonneur,
Dealant
sa protection, dépourvu de décence.
Or,
Vercingétorix s’était au moins battu,
Bien avant
de se rendre au général de Rome ;
Là,
on baise les pieds, sans
que tout soit foutu,
En
croyant au ragot qui en fait un surhomme.
Puis,
ferons-nous de même à propos des «Tarifs»,
Qui
s’avèrent en fait une friponnerie,
Conçue uniquement par le nouveau
shérif,
Pour
baisser les impôts et autres conneries ?
dimanche 6 juillet 2025
Élégies. «Je suis désappointé !»
Il lui a tout offert, revenir dans le jeu
Des
plus grandes nations, de sauver sa jeunesse
Et
son économie : c’était avantageux,
Relançant
le bizness, plus des tas de promesses.
Il
fut pris pour un âne, en
laissant espérer
Un
beau traité de paix, qui le rendrait grandiose ;
Tout n’était que du vent, car
rien n’a tempéré
Des
idées guerrières nourries sans nulle pause.
Comme Emma Bovary larguée par son
amant,
D'un ami il rêvait d'une meilleure entente,
L'ami
qui souriait, dont le regard charmant
Présageait
une paix et la gloire éclatante.
«Je
suis désappointé !»,
clame-t-il, très déçu,
Comme
une fiancée par son amant trahie ;
Un
profond désarroi le prend à son
insu,
Dont
son âme brisée est dès lors envahie.
Le
monde est incrédule, entendant ses propos,
Quand
il cesse un soutien, pour modérer ses charges,
Ceci pour mieux baisser des riches
les impôts,
Ce
qui semble à chacun un vrai discours de barje.
samedi 5 juillet 2025
Élégies. Détrousser les manants
Détrousser les manants pour mieux gaver les
riches
Est
un programme odieux dont le Shérif est fier ;
Si
la chose est légale, il n’y a pas de triche,
En
douillant moins d’impôts qu’on n’en
réglait hier.
Les
soins seront payants, sans que l’état s’en mêle,
Les
gueux abandonnés crevant comme des chiens
;
L’injustice
s’accroît de façon plus formelle
Quand
on connaît le prix qu’exige un
praticien.
Le
shérif accable de surtaxes injustes
Et
d’édits déloyaux la vie des pauvres gens :
S’ils
menaient jusqu’alors une existence fruste,
Ils
tendent à présent à vivre en indigents.
Où
est Robin des bois, s’il est bien de ce monde,
Pour
débouler d’un coup en redresseur de
torts ?
Dans
la forêt rasée, en
sa fosse profonde,
N’a-t-il
nul héritier pour châtier les butors ?
Ni
Robin, ni Zorro et pas plus de Cartouche :
Les
pignoufs paradent et gagnent à coup sûr
Et l’on reste interdit quand
sortent de leur bouche
Les
pires outrances souillant le pur azur.
vendredi 4 juillet 2025
Élégies. Un futur sans humains
On nous promet encor un futur merveilleux,
Où
les robots feront tous les travaux pénibles,
Et
dans tous les bureaux les calculs ennuyeux
Seront
faits par l’I.A. de façon infaillible.
Les humains bosseront sur des jobs attrayants,
Pour
les cerveaux plus vifs qui habitent tout être ;
Demain
plus de loisirs pour chacun s’éveillant
Au
bien-être commun qu’on espère connaître.
Stop ! Arrêt
sur image ! On m’a déjà servi
Un
discours semblable qui semblait très probable ;
Les
machines-outils autrefois ont sévi,
À
tous les ouvriers jouant un tour pendable.
Les
PC, quant à eux, ont
frappé les bureaux,
En
divisant par sept dactylos et scribes :
N’attendez
nul secours d’un potentiel héros,
D’un
génial orateur maîtrisant la diatribe !
Comme
ce fut le cas, ils recommenceront,
Mettant
au chômedu la jeunesse présente :
Alors
s’enrichiront les éminents larrons,
La
noblesse du fric aux
idées fascisantes.
jeudi 3 juillet 2025
Élégies. Un gourou de la paix
Il gémit sur les morts qui tombent sous les
balles,
Jeunesse
sacrifiée dans d’horribles conflits ;
Sur
ce plan, tant d’humains maudissent les vandales
Qui envoient leur
futur qui crève sans un pli.
Pour
arrêter la guerre, il n’est rien de magique :
Il
faut décourager le pays agresseur,
Mais
punir l’agressé a un effet tragique,
Encourageant
surtout le tyran oppresseur.
De
plus, se refuser à fournir des défenses,
Accroîtra
le carnage et le mortel bilan ;
L’affreux
veut réduire le montant des dépenses,
Quitte
à porter la honte au moins pour dix mille ans.
Ses
mains sont couvertes du sang de ce carnage,
Sans
pouvoir les laver, tel un roi criminel.
En
monstre il restera cet affreux
personnage,
Trahissant
ses alliés, dans l’opprobre éternel.
Nul océan ne peut laver une âme noire,
Du
sang qui a couvert ces misérables mains !
Rien ne peut effacer, ce sang de nos
mémoires
Lorsqu'il a adopté un aussi vil chemin !
Élégies. Les tribunaux aveugles
On voit sur les plateaux de nombreux sachants,
Pointus
dans leur domaine, augurer des menaces,
Puis,
quelques jours plus tard, aussitôt
les lâchant,
Soutenir
l’opposé, se montrant peu tenaces.
Ils
applaudissent l’un, couronné de lauriers,
En
agonissant l’autre et
le mettant sous terre ;
Puis,
quinze jours après, leur
humeur a varié,
Inversant
d’un seul coup leurs anciens commentaires.
Ils
clament : «La guerre de Troie
n’aura pas lieu !»,
Inventoriant
pourquoi elle est plus qu’impossible ;
Puis,
lorsqu’elle survient, en
esprits vétilleux,
Ils
disent que les Grecs sont hélas invincibles.
Puis,
Troie ne tombant pas, en dépit des assauts,
Que
le roi Ménélas, épuisera ses forces,
Et,
de guerre lasse, à
bord de ses vaisseaux,
Répudiant
Hélène, requerra le divorce.
Déroutants,
les tyrans trompent les grands esprits,
Trop
férus de logique, en ce monde qui
beugle :
Vont
en randonneurs, par le danger surpris,
Les juges des médias qui marchent à l’aveugle.
mardi 1 juillet 2025
Élégies. L’équation insoluble
Garder les dépenses, aller vers l’équilibre,
Sans
un impôt nouveau est un problème ardu ;
Dans
les ministères, on pèse et on calibre
Les moyens d’empêcher que du fric
soit perdu.
Si
les Danaïdes dans un récipient versent
De
l’or hélas liquide, qui par de nombreux trous
Disparaît
aussitôt, par d’autres trous qu’on perce,
Toute
épargne faite se perdra peu ou prou.
On
restreint, on débat et sur tout on chipote,
Mais
jamais le chaudron ne consent à s’emplir ;
Quelque
mauvais génie disperse la cagnotte
Et
l’impossible espoir ne viendra
s’accomplir.
Le
budget d’un état, tel un tanker immense
Dont
l’inertie empêche un arrêt immédiat,
Fait
toujours accroître le total des dépenses,
Et
réduire l’impôt dans un grand charabia.
Pauvres Danaïdes, œuvrant à une
tâche
S’avérant
sans effet : jamais le récipient
Ne
consent à s’emplir et chaque année relâche
Toujours
plus, nous forçant à vivre d’expédients.






















