mercredi 4 août 2021

Elégies. Le réveil d’Endymion sera traumatisant

Parvenu à un âge où on ne change guère
S’imprime en notre esprit une image de nous
À l’encre indélébile et que les ans léguèrent
Semblable au tatouage ancestral des hindous

Peut-être nos trente ans en nôtre âme taguèrent
La jeunesse éclatante au visage si doux
Qui défie les années pénibles et vulgaires
Mirage pour certains coureur de guilledou

Si dans notre miroir durant quelques secondes
Pour un bref coup de peigne on accorde un regard
Notre imagination toujours vive et féconde

Occupe nos pensées avec beaucoup d’égards
Une triste photo dont les fêtes abondent
Livre la vérité d’un vieux chauve et ringard

La photo montre hélas des autres la vision
Loin du jeune éternel qui n’est qu’une illusion


Le réveil d'Endymion sera traumatisant © Mapomme

mardi 3 août 2021

Elégies. Quand le vent déchire les cirrus bigarrés

C’est un été chagrin qui ressemble à l’automne
Quand le vent déchire les cirrus bigarrés
Qui depuis la plaine courent l’azur atone
Jusqu’aux monts où se meurt le soleil effaré

Les rosiers sur le mur de la maison festonnent
Et le drap au séchoir étendard chamarré
Claque au vent du large comme voile bretonne
Clipper cherchant un phare en la nuit égaré

Folles sont les saisons comme toute personne
Vivant sur la hauteur soumise à Hurlevent
Nous sommes au mois d’août et nul ne le soupçonne

Car la mer moutonne vers l’Elbe au levant
Sur la terrasse au vent où le store frissonne
Nous allons tous manger ce fâcheux temps bravant

Au clocher midi sonne et rien ne refroidit
Ni ambiance ni plats primordial interdit



Quand le vent déchire les cirrus bigarrés © Mapomme

Elégies. L’hiver revêt l’habit d’un tout proche outremer

L’écume bat le roc et des gouffres béants
Paraissent s’être ouverts là où un bleu de rêve
En été invitait à un bain bienséant

Le proche Abysse ouvert expire sur les grèves
Étrange est la beauté des ires de géants
Qui teintent d’outremer sans désirer de trêve
Les bords comme les fonds des lointains océans

Ô saisons loin d’Éden sous le froid les colères
Nos vingt ans sont si loin qu’ils sont presqu’étrangers !
Avons-nous donc rêvé hors des bises polaires

Ces étés insouciants aux parfums d’oranger ?
De nos beaux souvenirs le temps nous fait salaire
Nous poussant plus avant vers l’ultime danger

Renaissent nos rêves dans la gerbe d’écume
Et nos regrets au vent s’envolent comme plumes

L'hiver revêt l'habit d'un tout proche outremer © Danielle Lastrajoli

Elégies. Un parasol persiste à l’arrière-saison

Septembre grisouille sans son été indien
Un parasol persiste à nier l’évidence
Que se sont dissipés les tilleuls rimbaldiens
Les amours naissantes et le bal où l’on danse

La mer d’huile a fait place aux remous neptuniens
Qui parfument d’embruns l’air de la plage immense
Quand l’été finit-il ? On ne sait pas trop bien
Mais avec les départs dit-on la fin commence

Un parasol demeure ultime franc-tireur
Les feuilles de la vigne à présent roussissent
Et le raisin est mûr sans potentielle erreur

Plus de joggeurs faisant leur étrange exercice
Chassant des calories dont le monde a horreur
À force d’avaler des tranches de saucisses

Un parasol persiste à l’arrière-saison
Faut-il pour s’entêter de valables raisons ?


Un parasol persiste... Automne © Mapomme

lundi 2 août 2021

Elégies. L’intemporalité des plages de l’été

Le chant hypnotique des vagues de l’été
Évoque des jadis insouciants de lumière
Serviette et parasol afin de farnienter
Et l’oubli pour seule nécessité première

Ondines et tritons droit venus des cités
Dans l’écume apaisent les flammes coutumières
D’un bronzage marquant cette félicité
D’avoir mené un mois d’une vie buissonnière

C’est une parenthèse en des temps incertains
Où le monde est livré à l’étrange anathème
Qui nous frappa depuis un empire lointain

Pour laver nos tracas en des bains opportuns
Allons par les chemins tout bordés d’hélianthèmes

Réimprimons les pas que l’onde a effacés
Pour retrouver la voie d’un bienheureux passé


L'intemporalité des plages de l'été © Danielle Lastrajoli

Elégies. Silences et soupirs, Aria d’avril frileux

L’hiver y a fait place à un avril atone
Sans un cri pour briser ce silence inconnu
Sinon le lamento qu’une mouette entonne

Hors saison ce spectacle a l’attrait saugrenu
De l’ire équinoxiale au début de l’automne
Nous trouble et nous séduit le calme entretenu
Hormis le clapotis de l’onde qui chantonne

Le sable humide et froid n’a rien du feu brûlant
Qui contraint l’estivant à rejoindre un point d’ombre
Sans crainte on peut marcher à pas souples et lents

Sur les monts de longs pins forment la forêt sombre
Gros tuyaux d’orgue issus d’un végétal élan
Quel Requiem jaillit de fûts en si grand nombre ?

Au sud sur les rochers la mer vient se briser
Et Neptune a sculpté les rocs martyrisés


Silences et soupirs, Aria d'avril frileux © Danielle Lastrajoli

dimanche 1 août 2021

Nouveau Siècle. Greta est une ado victime d'obsessions

Greta livre sans fin une diatribe haineuse
Et pointe des pays qui sont peu polluants
Chine Inde et USA nations plus enfumeuses
Échappent au discours pourtant tonitruant

Ce n'est au fond qu'une ado ennuyeuse
Au trouble obsessionnel compulsif évident
La prophétesse énonce assez peu vétilleuse
Son diktat écolo qui n’est pas concluant

La pollution serait aux quidams imputable
Et non aux industries sans réglementations
Allons donc en vélo lorsque d'incriminables
Usines empestent les diverses nations

Greta n'est que le fruit de quelque élan instable
Qu'amplifient les réseaux de lubie en passion

Greta est une ado victime d'obsessions
 
© Mapomme