jeudi 11 décembre 2025

Rimes drolatiques. Maudit miroir de mort !

Maudites ! Tes rides sont un reflet des miennes
Et tes kilos sont nés dans les mêmes repas !
Las ! d’un siècle à l’autre et de nos vies anciennes,
Que sont donc devenus nos candides appâts ?

Vois, au creux de nos mains, la ligne saturnienne,
D’un destin qui conduit tout droit vers le trépas !
Il n’est aucun savant, pas une magicienne
Pour contrer le sort que l'on n’évite pas.

Tu hais mes cheveux blancs et mes profondes rides,
Dont le Temps a tracé sur mon front les sillons
Quoiqu’il ne pousse rien sur ce champ trop aride.

Où sont les jeunes ans pris dans un tourbillon,
Alors qu’on effeuillait un sombre éphéméride ?
Nous parcourons la vie tels d’ivres papillons.


Châtiment de l'oubli © Mapomme

lundi 8 décembre 2025

Rimes drolatiques. Châtiment de l’oubli

De retour au village, en cet été ardent,
Il posa son barda dans la maison ancienne ;
Il y avait connu des festins abondants,
Aux saveurs mijotées par quelques magiciennes.

Il alla faire un tour vers l’église d’antan,
Poussant la porte en bois qu’il ouvrit à grand-peine ;
Il marcha vers la nef, en absent repentant,
Fixant le maître-autel ciselé dans l’ébène.

Le toit avait croulé sur les bancs tous détruits,
Un arbre avait poussé, gonflant le carrelage
Et, au lieu du silence, on percevait les bruits

Venus de l’extérieur. Que faisait le village ?
De ce danger pressant, nul ne l’avait instruit :
Lui-même étant absent s’était montré volage.

Châtiment de l'oubli © Mapomme

dimanche 7 décembre 2025

Rimes drolatiques. L'origine du Mal

Naïvement on rêve à un monde plus juste,
Où d’émergents pays pourraient respirer mieux ;
Ils seraient invités à la tablée auguste,
Où ne siégeaient jadis que quelques demi-dieux.

Le Commerce devint un monde de flibuste,
Et le profit naquit de calculs odieux ;
Le savoir ouvrier, au bleu de chauffe fruste,
Apparût comme un frein aux porteurs ambitieux.

On a mis à la rue, pour de gros dividendes,
Sans jamais investir, des pays en entiers,
Dans l’ivresse absolue des cécités marchandes.

Après les bâtisseurs, sont venus les rentiers,
Qui adorent Mammon et livrent en offrande
Tout un monde ouvrier, aux temples des courtiers.


L'origine du Mal © Mapomme

samedi 6 décembre 2025

Rimes drolatiques. Le coût des hamburgers

Le Monde obèse assis sur le désert sans fin
Rêve de hamburgers de plus en plus immenses ;
Il s’empiffre à crever, jusqu’à n’avoir plus faim,
À deux doigts de gerber, comme pris de démence.

On assèche les sols pour nourrir des bovins,
Tandis qu’on meurt ailleurs, privé de subsistance ;
Des devins de malheur interviennent en vain :
Le Monde dans l’orgie plonge avec insistance.

Il sue, il se sent mal et croit cent fois crever,
Mais plonge dans l’excès qui masque un profond vide,
Et un flot de soda s’en viendra l’achever.

Son foie le travaillant, quand il devient livide,
Par le bide bourré le cœur est soulevé :
L’ogre, ainsi se camant, de bouffe reste avide.


Le coût des hamburgers © Mapomme


jeudi 4 décembre 2025

Rimes drôlatiques. Le vrai coût de la guerre

Un monstre sanguinaire expédie sa jeunesse,
Sur le front, au combat, pour y verser le sang,
Celui de l’ennemi et le sien en l’espèce,
César ayant prédit un pouvoir renaissant.

Mourrez, braves soldats, pour la fière promesse,
D’une fatale plaie ou sous des vents glaçants,
Qu’une génération s’éteigne avec noblesse,
Inspirant des romans et des chants indécents.

Dévorant ses enfants, ce tyran est Saturne,
Petit titan pâlot, qui se veut immortel,
Aux yeux inexpressifs, glacés et taciturnes.

Il lui faut sacrifier sur ces fumants autels,
Le sang de la patrie, les cendres dans les urnes,
Pour vivre dans l’histoire et paraître éternel.


Le vrai coût de la guerre © Mapomme

mardi 2 décembre 2025

Rimes drolatiques. Bannir la féérie

Bruxelles, Noël triste, où de nombreux enfants
Se voient privés des joies des fêtes coutumières :
Un maire mécréant soudainement défend
L’annuelle crèche de nos années premières.

D’horribles mannequins, que l’opinion pourfend,
Aux visages sans trait, plantés sous les lumières,
Affichent leur horreur, nos rêves étouffant,
La féérie étant d’un dogme prisonnière.

Ailleurs on a banni les crèches et sapins,
Qui indiquaient la joie des cadeaux, du partage,
Des tablées réunies, qu’on soit ou pas rupin.

Quelle est cette folie qui nous prend en otage,
Où un sectaire veut, jouant les turlupins,
Bannir la féerie qui est notre héritage?


Mères des bleus éteints © Mapomme


lundi 1 décembre 2025

Rimes drolatiques. Mères des bleus éteints

Brumes atlantiques, mères des bleus éteints,
Combien de cargaisons, volées à d’autres terres,
Ont enrichi les cours d’épices du lointain,
De trésors abondants, soudains et salutaires ?

Les comptoirs du ponant et ceux du levantin
Ont fait des rois mineurs, religieux et austères,
De puissants souverains dominant le gratin
Des cours de l’Europe sur ce simple critère.

Les possessions d’hier, soudain s’émancipant,
Ne resta que l’orgueil pour unique fortune,
Aux marchands démunis, jamais n’anticipant

Qu’une source tarit de cause inopportune ;
Le sort d’un peuple entier des aléas dépend :
Ne reste que la brume et l'or pris par Neptune.

Mères des bleus éteints © Mapomme

dimanche 30 novembre 2025

Rimes drolatiques. Un bleu marmoréen

On aimerait s’enfuir aux confins de la Terre,
En des lieux inviolés par l’ogre des réseaux,
Arpentant les déserts parsemés de cratères,
Dont certains sont emplis de féériques eaux.

On vogue sur des flots, nées d’un profond mystère,
D’un bleu presque irréel, sans algues ni roseaux :
Des falaises se dressent, rocs non sédimentaires,
Où nichent par milliers de mystérieux oiseaux.

Des sublimes dessins, tatouages des âges,
Illustrent les parois d’un bleu marmoréen,
Reflété dans les eaux comme sur nos visages.

Un antre ténébreux des temps solutréens,
Qui augure un danger, - du moins, on le présage -,
Gueule affamée qu’ouvre le marbre azuréen.


Un bleu marmoréen © Mapomme

Rimes drolatiques. Sous la pensée unique

Défions-nous désormais, en des temps outranciers,
De perdre tout relief sous la pensée unique ;
Nous irions formatés, privés de nuancier,
Acceptant, sans mot dire, un avenir inique.

Tout est aseptisé, lisse, indifférencié,
Pas un mot expressif, dans ce monde édénique ;
De blancs couloirs semblant percés dans un glacier
Néonisent des feux quasi cryogénique.

On n’ose plus penser, de peur que le cerveau
Ne soit examiné par d’intrusives ondes,
Détectant les germes d’un rebelle nouveau.

Donc, on ne pense pas, puisqu’un robot nous sonde,
Ou on songe à faire chez soi quelques travaux,
Et ainsi notre esprit de mille riens abonde.

Sous la pensée unique © Mapomme

samedi 29 novembre 2025

Rimes drolatiques. Des ballons vers le ciel

Nous avons envoyé, quand nous étions gamins,
Des ballons vers le ciel, emplis des plus beaux rêves,
Des rêves si légers, d’espoirs de lendemains,
Qui, se hissant trop haut, sous la pression se crèvent.

Nous avons longtemps cru qu’au bout de leur chemin,
Garants de nos espoirs qui au plus haut s’élèvent,
Ces désirs recevraient un patient examen ;
Ils n’ont reçu, hélas, qu’un méchant coup de glaive.

Nous avons tous grandi, mais restons ingénus,
Portant d’anciens rêves, sous des cieux d’anthracite,
Mais devinant, bien sûr, qu’ils s’avèrent ténus.

Le flot des ans coulant, l’échec est implicite,
Et nous sommes amers, bien qu’aujourd’hui chenus,
Conservant un espoir, malgré l’irréussite.

Des ballons vers le ciel © Mapomme

vendredi 28 novembre 2025

Rimes drolatiques. Un vieux rocker sommeille

Un vieux rocker sommeille au cœur de mon esprit,
Demeurant révolté par l’infinie violence
Secouant notre monde, où règne le mépris
Des puissants imposant à nous tous le silence.

Ils l’achètent aux gueux, sans rougir, à vil prix,
Qui n’ont par conséquent que très peu en balance ;
Or, il nous faut choisir entre deux malappris
Vantant dans les médias une fausse excellence.

Plus ma toison blanchit et moins je suis patient,
Lorsque je vois dans l’onde un requin qui s’approche,
Faisant un grand sourire aux nageurs insouciants.

Il viendra nous croquer, sans la moindre anicroche,
Car nous allons vers lui, du danger inconscients,
Sans se barricader, à l’instar de Gavroche.




Un vieux rocker sommeille... © Mapomme

Rimes drolatiques. Homo Pacificus

L’humain croyait aller en paix dans la forêt,
Mâchouillant un épi, sous un azur limpide ;
S’il y avait danger, pour sûr ça se saurait,
Tant la notion paraît à tout jamais stupide.

Paisible est le présent et ce qui effarait,
Dans les siècles passés, barbares et sordides,
Fit place au dialogue ; hors des coupe-jarrets
Troublant le quotidien, nos jours semblent splendides.

L’homo pacificus voit soudain déferler
Des monstres du passé, dinosaures voraces,
Qui surgissent d’un coup, près de nous, sans hurler !

Fossiles bien en chair, ils viennent sur nos traces,
Se fichant des traités et des vains pourparlers,
Mais veulent des humains éradiquer la race.

Homo Pacificus © Mapomme

dimanche 23 novembre 2025

Rimes drolatiques. Buissons ardents de rage

L’invocateur de l’Ombre a semé en tous lieux
Des buissons épineux qui, dans la nuit constante,
Agitent leurs branches en direction des cieux,
Mais aux appels les nues semblent rester distantes.

Ces buissons, bras levés, dressent des poings furieux,
Rêvant d’une aurore qui serait persistante
Et d’un empire allant sur un chemin glorieux,
Sous sa botte écrasant la vermine existante.

Délivrez-nous des nuits où croissent ces démons,
De la raison privés, et sans miséricorde,
Tels des vaisseaux voguant sans cap et sans timon !

À cet invocateur, trop d’égards on accorde,
Ainsi qu’à son délire, en forme de sermon,
Entravant la pensée de maléfiques cordes.


Buissons ardents de rage © Mapomme

mardi 11 novembre 2025

Rimes drolatiques. Délivre-moi de l’ombre

Bougie mi-consumée, délivre-moi de l’ombre,
Enténébrant l’esprit des humains esseulés !
Dans le doute, égarés, les minces espoirs sombrent
Et par tous, vainement, le jour est appelé.

Nos étés se vêtent des habits de décembre,
L’âme et le corps tremblent, tels des oiseaux gelés,
Et dans les draps frileux, réfugiés dans la chambre,
Contre la nuit, chacun s’entête à grommeler.

Bougie, pâle soleil qui, en tremblant, m’éclaire,
Apporte un jour nouveau, un peu moins incertain,
Si tu daignes enfin par bonté me complaire !

Un sombre avenir règne en tyran importun,
Prédisant un destin pernicieux et polaire,
Qui fait de la maison un fragile fortin.

Délivre-moi de l'ombre © Mapomme

dimanche 9 novembre 2025

Rimes drolatiques. Le vol des goélands

Elle fixe l’azur où vont les goélands,
Qui dominent les vents et recherchent dans l’onde
Le reflet argenté d’un poisson excellent,
Dont les flots oscillants depuis toujours abondent.

Bien qu’allant dans les airs, ils ont un cri dolent,
Comme pris d’un tourment que nul savant ne sonde ;
Elle les voit volant, libres et insolents,
Sans chaînes ni doxa, qui sur rien ne se fondent.

S’envoler et suivre, selon l’inspiration,
Un chemin ou un autre, hors des règles prescrites,
Est le seul vœu à prendre en considération.

On doit l’offrir à tous, quels que soient nos mérites,
Sans rester l’attribut d’une génération ;
Volent les goélands, loin des lois hypocrites.


Le vol des goélands © Mapomme

samedi 8 novembre 2025

Rimes drolatiques. Les illusions perdues

La guerre a le pouvoir de changer les humains,
Les rendant féroces, sans âme et sanguinaires,
Pouvant enténébrer les tristes lendemains
D’un être, jusqu’ici, paraissant ordinaire.

S’il a vu les horreurs parsemant le chemin
De ceux qui combattent de cruels tortionnaires,
En ayant pu mûrir un honnête examen,
Comment pouvoir rester quelqu’un de débonnaire ?

Quand on sait qu’un conflit nous fait envisager
La mort des soldats, comme simple variable,
Pour atteindre la paix, qui pourra présager

Qu’on ne deviendra pas le plus sanglant des diables,
Comme ceux dans les camps, s’avérant enragés,
Voyant de l'Abîme les maux irrémédiables ?

Les illusions perdues © Mapomme

vendredi 7 novembre 2025

Rimes drolatiques. Une pièce pour soi

Voici des décennies, la femme à la maison,
Jour après jour restait, hors du monde, recluse
Et s’y sentait souvent quasiment en prison,
Dans la moindre pièce, allant telle une intruse.

Apprenant qu’une amie disposait du cocon
D’un boudoir personnel, sans dispute, ni ruse,
Elle l’enviait d’avoir, par un débat fécond,
Repoussé d’un époux les mille et une excuses.

Que, pour elle, une femme ait un douillet endroit,
Afin de ne rien faire ou selon son choix lire,
Permet de s’exempter des jugements étroits.

Le farniente enrichit tout esprit qui s’exile,
Hors d’un monde sans joie, dans une pièce à soi
Qui offre à la pensée le plus sublime asile.


Une pièce pour soi © Mapomme


Rimes drolatiques. Pétri d’ombre et lumière

Je ne sais si l’humain fut pétri dans la glaise,
Et qui, sans l’avoir vu, pourrait le garantir ?
Selon moi, il est fait de noirceur et de braise,
D’ombre et de lumière, d’orgueil, de repentirs.

Nous marchons, chaque jour, au bord de la falaise,
À deux doigts de chuter, ne pouvant s’en sortir ;
Craignant du sombre abime un futur qui déplaise,
Notre esprit augure qu’il veut nous pervertir.

Parfois, j’entraperçois, reflété dans la glace,
Entre ombre et lumière, mi-fiel et mi-candeur,
Un humain ignorant sa véritable place.

À la bonté succède une violente ardeur,
À laquelle on cède, défait de guerre lasse,
Quand l'âme est pénétrée d'une sombre froideur.

Pétri d'ombre et lumière © Mapomme

mardi 7 octobre 2025

Rimes drolatiques. Quand l’herbe se fait rare

Quand l’herbe se fait rare, alors du jamais-vu
Paraît autour de nous, aux jours caniculaires ;
Renards et sangliers se tiennent à l’affût,
S’approchant d’un danger pour pallier leur galère.

Ces animaux sauvages viennent vers les maisons,
Où de curieux humains ne semblent pas hostiles ;
À ce comportement, il est une raison :
Ils donnent aux oiseaux quelques graines utiles.

On peut voir des chèvres grimper sur l’arbrisseau,
Sur de minces branches, quérant un rameau tendre ;
Pour boire, il faut chercher un des rares ruisseaux,

N’étant pas asséché, ou des humains dépendre.
Pour survivre, il leur faut soudain faire un grand saut,
Allant vers le danger, quitte à moins se défendre.

Quand l'herbe se fait rare © Mapomme

vendredi 3 octobre 2025

Rimes drolatiques. Les notes suspendues

Il fut un temps lointain, néanmoins assez proche,
Où nous ne glandions rien, lisant divers romans,
Ou écoutant Satie, ses airs taxés de moches
Par ses contemporains ; ils se gouraient vraiment,

Car sa mélancolie répondait à la nôtre.
Incertains du futur, habités de tourments,
Nous déclinions la foi de tous les bons apôtres
Qui vantaient un progrès tenant mille serments.

De sombres nuages menaçaient le bien-être,
Quand nous devions chercher un job pour l’avenir,
Dont peu donnait, hélas, envie de les connaître.

De certains employeurs, mieux valait s’abstenir,
Lorsqu’ils tenaient compte de nos chétives lettres :
De notre jeunesse, voulait-on nous punir ?

Les notes suspendues © Mapomme