vendredi 30 mai 2025

Élégies. La Lumière des Gueux

Qui parle au nom des gueux est-il une lumière
D’
autant que son père fit un sombre parcours ?
Il ne possède pas de modeste chaumière
Et son pesant discours trop souvent tourne court.

La mesure annulée s’avérait nébuleuse,
Trop mal accompagnée, handicapant les gens ;
La victoire du non est assez scandaleuse,
Puisque le Parlement se montra négligent.

Un député sur cinq : quelle étrange victoire,
Ne solutionnant pas un sujet de santé !
On ignore pourquoi maigre était l’auditoire,
Et de sa lâcheté nul ne vint se vanter.

Le projet est à terre, car il manquait Voltaire,
Le nez dans le ruisseau : mais où était Rousseau ?
Afin de l’abolir, quatre-vingt-dix votèrent,
Étouffant le bébé dormant dans son berceau.

Voici sur les plateaux le nouvel Alexandre,
Fier de l’infanticide en souverain des gueux !
N
e resta de ses mots que d’anonymes cendres,
Et le vent emporta tous ces propos argueux.


La Lumière des Gueux © Mapomme

Si le projet était mal ficelé et devait offrir des solutions pour financer l'acquisition en fonction des revenus des gens afin de pouvoir accéder au centre ville, fallait-il pour autant le jeter aux orties ?

Déjà, le refus pourrait coûter 3 milliards d'euros à la France. Tant qu'^à faire, autant les mettre là, en y ajoutant les 8 milliards de trop payés par les Caisse d'Allocations Familiales et la Caisse Primaire d'Assurance Maladie.
Et pour une personne qui ne viendrait qu'une fois par quinzaine, ce ne serait pas la fin d'une monde d'avoir une dérogation, si elle habite dans la région.

jeudi 29 mai 2025

Élégies. Le délit d’opinion

Voilà qu’aux USA, cette ex-démocratie,
On n’accorde un visa que si, sur les réseaux,
On n’a pas critiqué une des idioties
Dites par Trump crachant le feu par les naseaux.

On commence à rogner, quelques droits secondaires,
Et on passe au-dessus, puis à des droits majeurs ;
Ainsi, tous les tyrans, autrefois, sabordèrent
Toutes les libertés en sales naufrageurs.

Pas à pas, nous entrons dans une nuit profonde,
Lorsqu’allant à tâtons, s’égare la raison ;
Sans un astre apparent, les pilotes confondent
Nord et sud,
le lointain et cap de la maison.

Vers quel antre allons-nous, en toute incertitude,
T
ant la démocratie, jadis en plein essor,
Prend du plomb dans l’aile, quand partout on l’élude ?
D
es oracles rendus rien de bon ne ressort.

Les enfants seront-ils chassés de leur école,
Menottes aux poignets, payant pour leurs parents
Un délit d’opinion, une simple bricole,
Quelques propos moquant un projet délirant ?


Le délit d'opinion © Mapomme

mercredi 28 mai 2025

Élégies. Avoir le cœur serré

Qui pourrait demeurer insensible au spectacle,
Lorsqu’on voit des enfants quêter de quoi manger,
Qu’ils soient noirs ou bien blancs, et qu’on leur fait obstacle,
Quand le monde effaré ne peut rien y changer ?

D’
infâmes dirigeants se voient à l’origine,
De la situation, empêchant les camions
De leur porter secours, souhaitant la famine,
En dépit des hauts cris de leur propre opinion.

Les enfants dépités, font la queue et attendent,
Marqués par cette épreuve et l’avenir éteint ;
Quand se portent les deuils, les grands espoirs se rendent,
Ayant perdu la foi en un meilleur destin.

Les regards ont perdu cette vivante flamme,
Qu
i habite l’enfant non soumis aux horreurs ;
Pouvons-nous supporter ces exécrables drames
Qui naissent des folies de tyrans en fureur ?

Nous tous, à cet âge, connaissions la quiétude
Des jeux heureux d’antan, d’un âge presque d’or :
C
omment rester distants, blasés par l’habitude ?
Notre esprit de révolte avec les ans s’endort !


Avoir le cœur serré © Mapomme
D'après une photo

lundi 26 mai 2025

Élégies. Parler plus clairement

Demeurent circonspects ceux qui aiment la paix,
En entendant parler les élus des puissances,
Car ils ne montrent pas un absolu respect
Pour les serments anciens oubliés sans décence.

Et voici Rodomont, croulant sous les bravos,
Qui promet la concorde et des aubes radieuses,
Lazare électoral ranimé à nouveau,
Qui trouve, en vérité, la guerre dispendieuse.

Il déteste la mort qui frappe aveuglément
Et fauche violemment la précieuse jeunesse,
La sève vitale qu’un carnage dément
Ôte à l’économie, des vies aux amples promesses.

Si les puissants offrent un charitable avis,
Qu’ils l’énoncent enfin d’une façon plus claire ;
Ceux qui croient aux serments, en sont d’abord ravis,
Mais, sans effet probant, seront pris de colère.

Ce monde quelquefois semble une nef des fous,
Allant sans cap précis, dépourvu de boussole ;
L
e doute des marins nous emplit de dégoût,
Car les maigres progrès jamais ne les consolent.

Parler plus clairement © Mapomme
Un Dom Juan recréé selon mes goûts

dimanche 25 mai 2025

Élégies. Spassiba, Lioudmila !

On ne peut prononcer le vilain mot de guerre,
Quand le tyran parle de simple opération,
Pour remettre d’équerre un allié de naguère
Qui se tourne à présent vers bien d’autres nations.

Dans les ors du palais flotte un parfum d’empire,
Tel un regret ancien, exhalé d’un caveau,
Enivrante senteur qui des rêves inspire,
Où renaît la gloire restaurée à nouveau.

Qu’importe l’interdit, qui paraît un oukase !
Tout peut se contourner en feignant le respect,
La double négation servant alors de base :
L
e «non à la guerre !» devient «oui à la paix !»

A
près un bref procès, héritant d’une amende,
La survivante née lors du siège glorieux,
Au cœur de Stalingrad, sait que jadis commande
De résister toujours dans ces moments furieux.

Sortant du tribunal, la voici acclamée,
Sans qu’il fût utile de prodigieux débats ;
Aux calmes ovations résonnant enflammées,
On devrait se joindre : «Lioudmila, Spassiba !»


"Spassiba, Lioudmila !" © Mapomme
D'après une photo

Élégies. Ubu équilibriste

Roi de la Terre, Ubu l’inonde de bêtises,
De propos inexacts, d’un infini torrent
De caprices soudains, qui d’un coup électrisent
De faux débats télé aux infos
s’instaurant.

Sans
Savoir, c’est un clown, moins drôle que néfaste,
Auto idolâtre, centre de l’univers,
Qui poste sans arrêt, en fol iconoclaste,
Des sujets nous mettant le cerveau à l’envers.

Tel un taureau furieux, tête en avant il fonce,
Faisant crouler des murs qu’il croit de Jéricho ;
M
ais n’est pas Dieu qui veut, et il faut qu’il renonce,
Quand ses propositions demeurent sans écho.

Tout complexe sujet devient un labyrinthe
Dans lequel ses idées s’égarent sans arrêt ;
S
es nombreux opposants à qui mieux mieux l’éreintent,
Disant qu’il est vraiment plus fou qu’il n’y paraît.

Dans mille dédales on le verra se perdre,
Cognant contre des murs qu’il a tout seul construits :
Dépité et frustré, il s’exclamera «Merdre !»
Lorsque de ses échecs, le monde fait grand bruit.

Ubu équilibriste © Mapomme

samedi 24 mai 2025

Élégies. Perdre ses certitudes

On se nourrit souvent de belles certitudes,
Un soupçon de rêve mêlé de convictions,
Se croyant à l’abri des pis vicissitudes
Aptes à infliger de vraies malédictions.

La puissance illusoire, aux faux airs de l’Empire,
Tombée dans le ronron d’officiers médaillés,
Tremblant au mois de mai, près de l’âtre soupire,
Tandis que ces messieurs ne cessent de bâiller.

Tous ceux dont les parents, en ces années lointaines,
Ont su que l’ennemi leur fit subir l’affront
De venir parader de manière hautaine
Ne pourront l’oublier si longtemps qu’ils vivront.

Durant ces temps maudits, l’Amérique puissante
Songeait à faire affaire avec un dictateur :
Q
ue peut la finance face aux armées puissantes,
Le tyran s’avérant un plus grand prédateur ?

On perd ses convictions sur l’amitié sans borne,
D’un allié influent, ainsi que sur la paix ;
Un ami nous trahit et on porte les cornes,
Car il ne voue qu’au fric un immense respect.


Perdre ses certitudes © Mapomme
D'après des photos n&b de la débâcle de 1940