On s’effare en sachant qu’en un pays
d’Asie,
Ont
péri à Dacca au sein d’un atelier
Cent
neuf ouvrières, du fait d’un incendie
Se trouvant empêchées d’user des escaliers.
Les
victimes piégées ont sauté dans le vide,
Comptant
sur un miracle, afin de s’en sortir ;
C’est là toute l’horreur d’une
logique avide
Des
coûts réduits
dont nul ne veut se départir.
On
se dit que les lois de ces contrées lointaines
Restent
inadaptées et que l’on n’y peut rien ;
La
chose, en vérité, n’est pas du tout certaine
Car
nos prix écrasés ont un éminent
lien.
New
York 1911, aux
trois derniers étages
D’un
building, on faisait nombre de vêtements ;
Des
tas d’ouvrières se trouvèrent otages
Des
lieux fermés à clés avec entêtement.
Cent
quarante-six mortes, toutes venant d’Europe,
Sans
que les associés aient subi le courroux
Des
tribunaux d’alors : les profiteurs écopent
D’une
amende et ne sont pas mis sous les verrous.
lundi 10 mars 2025
Élégies. Par appétit du gain
dimanche 9 mars 2025
Élégies. De ton sommeil profond
Dormez bien, braves gens, il est bientôt
minuit,
Mais
reportons l’effort après
la blême aurore !
Des
tas de ganelons
se trouvent dans l’ennui,
Et,
face aux caméras, confusément pérorent.
Qu'elle
est longue la liste énonçant les dangers,
Pour
les acquis sociaux et
le poids de la dette !
Les
obstacles en nombre empêchent de changer
Et
nous ne savons plus où donner de la tête.
Prisonniers
du passé, en vain nous implorons
Un
grand frère puissant qui prendrait la défense
D’égoïstes
enfants ; d’espoirs nous nous leurrons,
Car
vivre sous tutelle entraîne des dépenses.
Couper
donc le cordon
s’avère bien plus sain,
Quand
la voie du frangin de notre vie
diverge ;
Allons
libres enfin, vers nos propres desseins,
De
l’emprise d’autrui restant
désormais
vierges !
De
ton sommeil profond,
princesse éveille-toi,
Et
n’attends plus, sans fin, le doux baiser d’un prince !
Notre
monde ignore le langage courtois,
Mais
connaît les pressions usées dans ses provinces.
Élégies. Et les femmes violées ?...
La Russie veut la paix et cependant bombarde :
Les
charniers
et le reste seraient-ils
méconnus ?
Les
crimes effarants d’une armée furibarde
Ont
été constatés et décrits par l’ONU.
En
ce jour des femmes, celles
qu’une armée viole
En
toute impunité, laissent froid le pouvoir
D’un
tyran sans pitié qui n’y voit que babiole,
Du
moment que l’armée remplit tous ses devoirs.
Des
enfants enlevés, disparus
en Russie,
L’hôpital
bombardé peuvent-ils
s’effacer,
Comme
le théâtre fut, avec minutie,
Détruit
et les enfants, hélas, sont trépassés.
Est-ce
cela la paix ? Faut-il s’en satisfaire ?
Voir
une fois de plus le pouvoir du plus fort
Triompher
comme aux temps des plus obscures guerres,
Permettant
aux marchands d’amasser un vil
or ?
Quoi ?
Viols, crimes et rapts, exécutions
sommaires,
Tuer
des opposants seraient pipi de chat ?!
Le
rameau d’olivier de
la force
primaire
Ferait
fi, oubliant les
horreurs de Boutcha ?
Élégies. Poignarder dans le dos
Devant les caméras, pieusement on prie
Et,
à peine sorties, de tous les livres
saints
On ne
tiendra plus
compte ;
on lorgne, on s’approprie
Les
richesses des sols, s’alliant aux assassins.
On foule aux pieds les droits,
y compris de la presse,
Triée
sur le volet parmi les affidés ;
D’un
pays étranglé, qu’importe la détresse !
On
veut que ses
coffres soient
à jamais vidés.
Si
rendre l’Amérique à nouveau très puissante
Consiste
à enrichir les friqués seulement,
En
laissant aux autres une vie
indécente,
Mieux
vaut un pays faible et sans isolement !
Bel
allié à vrai dire, un Brutus qui
poignarde
Dans
le dos en fonction de ses seuls appétits !
Il
parade et lance des menaces braillardes,
Visant uniquement les
états plus petits.
Méfie-toi
des amis et surveille le reste !
C’est
une trahison qui longtemps
marquera,
Un
fléau comparable à celui de la peste,
Pandémie
des esprits que propagent
des rats.
samedi 8 mars 2025
Élégies. Quand règne la folie
Qui veut vraiment la paix,
ne l’impose jamais
En
tordant les deux bras de l’affligée victime ;
Le
monde est stupéfait des actes qu’on commet,
Le
goujat insultant qui est digne d’estime !
Car
voici qu’en direct triomphent les tyrans,
Quand
le rustre voudrait humilier le malingre ;
On
étrangle un peu plus le martyr expirant,
Et
sur l’aide apportée, on se montre plus pingre.
On
va dans le brouillard vers le siècle abhorré,
De
l’Ancien Régime, sans un brin de
noblesse.
À
défaut de sang bleu, le fric est arboré :
Qu’importe le
bon droit et si le mépris blesse !
Les
rois des temps présents évaluent en milliards,
Les
gains faits par le sang que les
économies
Offrent
à l’arrogant ; passent
les corbillards
Des
héros emportés d’un
peuple à l’agonie.
Le
puissant a raison, les
plus faibles ont tort,
Tel
est le nouvel ordre asservissant le monde ;
Crachez
sur les héros, ces losers qui sont morts,
Et
honorez sans fin une richesse immonde !
Élégies. Il en perdrait le nord !
Sur sa boussole il cherche et retrouve le
nord,
Pareillement le sud et son ouest sans problème ;
Mais
le levant est-il passé par-dessus bord
Ou
s’enfouit-il craignant ses nombreux anathèmes ?
Il
supprime des aides, des emplois, des impôts
Et, avec
ses alliés, les solides
alliances,
S’attelant
à saper tous les droits, sans repos,
Montrant
au monde entier mépris
et malveillance.
Ce
monde est une œuvre bâtie au fil du temps,
Temple
dont les piliers soutiennent l’édifice :
Qu’on
détruise l’un d’eux puis, sitôt tressautant,
Il
vacille un moment et s’écroule d’office.
Tel
un vrai éléphant, l’élu républicain
Détruit
tous les accords, brise la porcelaine
Des
pères fondateurs,
le rêve américain,
Ivre
de son pouvoir, semble
une ivre phalène.
Il
va dans tous les sens, devant
les caméras,
Dénigrant
les pays réfutant sa parole ;
Perdant
le nord, il dit que chacun d’eux paiera
Un
écot au saigneur
qui marche sans boussole.
vendredi 7 mars 2025
Élégies. Retour du roi dé-Lear
C’est le grand retour du dément
roi dé-Lear,
Répudiant
ses alliés, à coups de phrases creuses,
Couronnant
l’ennemi au lieu de l’avilir,
Et
empruntant souvent des voies aventureuses.
Il
laisse dans la nuit un peuple combattant
Et, du vil agresseur, admire les armées,
Lesquelles
massacrent de pauvres habitants
Et
violent des femmes, en brutes affirmées.
Des
manants tels que nous, sous leurs laids oripeaux,
Cherchent
à expliquer d’où vient cette folie,
Qui
transpirent l’excès dans ses moindres propos ;
À
quoi bon la raison, puisqu’elle est abolie ?
C’est
un vieillard puissant, et c’est un grand malheur,
Quand
le pouvoir se voit aux mains de la démence !
Mû
par l’appât du gain, il se
fout des
valeurs,
Exigeant
des
contrats,
montre sa véhémence.
Dans
la nuit, les princes,
bannis hors du
jardin,
Ce
bel éden douillet, vont
privés de
boussole,
Pris
dans l’obscurité, chassés
avec dédain :
Ils cherchent
un astre, sans qu'un seul les
console.






