jeudi 6 mars 2025

Élégies. Dans l’ouate de la paix

Il y a un avant et bien sûr un après :
Ceci dit, j’enfonce bien des portes ouvertes.
Mais il était un temps où nous vivions tout près
D’un grand conflit mondial menant à notre perte.

Tel un fleuve sorti d’un seul coup de son lit,
L’Amérique y revient pour gérer sa puissance ;
L’Europe, continent dont l’étoile a pâli,
Doit gérer ses soucis avec des réticences.

Une génération n’ayant connu ce temps,
A frémi au seul mot d’une affreuse menace,
Qu’un lointain ennemi, sur un air entêtant,
Agite en la sachant dans l’effort peu tenace.

C’est un profond fossé entre jeunes et vieux,
Les premiers ne vivant qu’un rêve pacifique,
Les chenus connaissant de pires contentieux,
Puis cinquante années jugées plus bénéfiques.

Nucléaire, affreux mot d’un conflit sans pardon,
Résonnant tel un sort que chaque être réprouve !
Dans un débat sans fin, tremblants, nous nous perdons,
Quand un fleuve soudain son ancien lit retrouve.


Dans l'ouate de la paix © Mapomme

lundi 3 mars 2025

Élégies. La Terre est un bizness

Depuis la nuit des temps, souveraine est la force,
Des barbares venant pousser des incursions
Dans de riches contrées, quitte à faire une entorse
À des traités trahis par cette submersion.

« 
Je viens pour extorquer tes fruits de l’opulence,
Et je repartirai après t’avoir pillé ! »
C’est la part du guerrier qui vit de la violence,
Dans les riches greniers s’en venant grappiller.

Les progrès de la science
ont joué sur les armes,
Mais le but des conflits a le même objectif :
Cueillir le fruit d’autrui, en venant sans vacarme,
Pourvoir à ses besoins par un sac sélectif.

Les grandes puissances, depuis des décennies
,
Prennent aux plus faibles pour que les plus féconds
S’emplissent les poches, quand un mauvais génie,
Trouvant un bon motif, franchit le Rubicon.

«
Pour m’offrir tes trésors, ratifie-moi sur l’heure
Ce pacte avantageux pour tripler mes avoirs ! »
Interloqués, on voit des rois faire leur beurre,
Sans penser aux effets qu’impliquent leurs devoirs.

Appauvrir les pauvres, enrichir les riches,
Embrasser l’ennemi, trahir tous ses alliés,
Assécher le pays, mettre les champs en friche,
Nous laisse tous sans voix : ce chef est fou à lier !

La Terre est un bizness © Mapomme

Élégies. La déesse de l’ombre

L’enfant est à ses pieds, tel un boulet qu’on traîne,
Le boulet d’un bagnard priv
é de liberté ;
Liberté tant chérie, combien pèsent les chaînes
Des conventions
faites pour ainsi l’écarter !

La vie s’offrait à elle, à l’instar d’une pomme,
Rouge, mûre et juteuse, à croquer goulûment,
Sans même réfléchir qu’aux pesants codes d’hommes
Obéi
ra la femme, cloîtrée résolument.

Quel étrange cocktail issu d’une naissance,
Libérant la saveur d’un d’un morose bonheur !
D’un génie créateur, on ressent la puissance,
Mais l’homme jouira des plus fervents honneurs.

À l’ombre le travail, au père la lumière !
D
e la jeunesse on passe à l’âge des devoirs,
Sachant que sa fille, n’aura en la matière
Qu’un très bref âge d’or, mais privée de savoirs.

Comment être optimiste, avoir les yeux qui brillent,
Lorsqu’on est esclave, corvéable à merci ?
L’épais rideau cloître, telle une belle grille,
Et coule ainsi le temps, triste et sans but précis.


La déesse de l'ombre © Suzanne Valadon
Musées des Beaux-Arts de Lyon
Véritable titre : Portrait de Marie Coca et sa fille

dimanche 2 mars 2025

Élégies. Négocier un bon deal

Seule compte la force en vue de la fortune,
Quand la folie d’un homme entraîne des conflits,
Pour des trésors enfouis, et qu'un pacte importune
Afin de l’usurper sans que ça fasse un pli.

C’est l’eau dans le désert ou des minéraux rares,
Qui éveille un bizness fait au son du canon !
Mourez pour la patrie, dans la guerre barbare,
Afin qu’un mémorial affiche votre nom !

M
odestes vous êtes, mais aurez cette gloire
D
u noble sacrifice en ces âges troublés :
H
onorons vos cendres qui ont marqué l’histoire,
Et qui nous ont permis de nous faire du blé !

Voilà bien le discours d’un faux nationalisme,
Que les culs cousus d’or aux foules ont vendu,
Car l’ombre du drapeau masque un féodalisme,
Pour que les grands pouvoirs se trouvent étendus.

Négocier un bon deal fait bouger les frontières,
Lorsque le plus faible par le fort est contraint :
D
e tels faits sont présents sur la Terre entière,
Où les rois conquérants furent des malandrins.


Négocier un bon deal © Mapomme

Élégies. La voix de son banquier

Le sentiment d’être le maître d’un empire
Fait bomber le torse d’un blondasse crétin ;
Qu’il est
inébriant de menacer du pire
Des alliés dont l’éclat, peu à peu, s’est éteint !

Le rodomont béat sourit face à la foule,
A
ffichant l’air benêt d’un être suffisant :
D’aucuns disent alors «
Ce bougre en perd la boule ! »
Et ce n’était pas mieux, voici plus de dix ans.

Cet homme d’affaires, au bord de la faillite,
Fut sauvé par l’argent qu’ont alors balancé
Quelques mafieux russes voyant que périclite
L’empire du dadais qui se vit relancé.

Faut-il donc s’étonner des ultimes diatribes,
Où il vient s’aligner sur l’ancien ennemi ?
Il l'a toujours montré, mais formulé par bribes,
Sans alors s’avérer simple vassal soumis.

Crachant sur ses alliés, il cherche la rupture,
Dépourvu de boussole autre que le pognon ;
C’est la voix du banquier qu’il colporte, immature,
Délaissant, un à un, ses anciens compagnons.


La voix de son banquier © Mapomme

samedi 1 mars 2025

Élégies. Quand la flamme s’éteint

J’avais vu la photo des migrants arrivant,
Au début d’un siècle semé de grandes guerres,
Apercevant New York, les buildings s’élevant,
Et l’immense statue qui notre monde éclaire.

C’était la Liberté qui tenait un flambeau,
Promettant un futur où la vie s’améliore !
Les migrants arrivent d’un passé en lambeaux,
Mais qu’un esprit nouveau follement élabore.

Quel symbole inspirant, quel songe merveilleux,
Nous disant : « Toi qui viens, chez nous pour y renaître,
Si tu sais te montrer assez industrieux,
Tu connaîtras alors la joie et le bien-être ! »

Hélas ! Trois fois hélas ! Ayant les yeux bandés,
La Liberté n’a vu que la flamme est éteinte :
Les pays non-vassaux se voient vilipendés
Et leur gorge ressent une puissante étreinte !

Les libertés gravées sur la table des lois,
Ont été annulées par une signature,
Au bas d’un vil décret, qui offre des emplois
Aux très riches bannis de quelques dictatures.


Quand la flamme s'éteint © Mapomme

J'avais étudié un texte, en cours d'anglais, extrait du roman d'Anzia Yeserskia "How I found America". Le livre de cours était illustré par une photo en noir et blanc des migrants venant d'Europe de l'Est.
J'ai conservé en tête cette photo et le sens de ce texte.
Amérique, qu'es-tu devenue ?

Élégies. Comment se faire entendre ?

Lorsque les chiens aboient, comment se faire entendre ?
La meute est enragée et croient trouver un cerf
Qui, sans combattre doit piteusement se rendre :
La gueule grande ouverte, ils hurlent de concert.

Les chiens se pourlèchent en vue de la curée,
Mais le cerf leur révèle un caractère de chien :
Bien que sa position se voit mal assurée,
Il sait montrer les dents et ne cède sur rien.

Les dogues sont furieux et jouent la comédie :
« Proie, comment oses-tu affronter ton seigneur,
Qui ne veut qu’un cuisseau, sans nulle perfidie,
Ton ennemi étant un carnassier saigneur ? »

L
a scène n’a pas lieu dans des fourrés sauvages,
Loin des humaines lois, en toute discrétion :
Cette meute s’est crue aux temps de l’esclavage,
Ne voyant que des serfs dans toutes les nations.

Jamais on n’a vu ça
, hormis en dictature,
Que les chiens, face au monde, abusent du pouvoir,
Sans laminer les cerfs, montrant leur vraie nature,
Cruelle et vorace, sans devoir ni savoir.


Comment se faire entendre ? © Mapomme

Piteux spectacle offert, quand un président et surtout son vice-président (que faisait-il là ? D'ordinaire, il n'est pas là. Admettons qu'une explosion ait lieu. Les deux meurent : il faut refaire l'élection présidentielle. D'autre part, le vice-président, contrairement à ce qu'on croit, dans la hiérarchie, n'est pas le numéro 2. On aurait compris que le Secrétaire d'Etat Marco Rubio soit là. Mais avec Trump, rien n'est fait normalement.
Comme une négociation en direct devant les caméras...