vendredi 14 mars 2025

Élégies. Le pitbull des enfers

Il tourne à tous les vents, qualifiant de tyran
Et de nouvel Hitler Trump, et puis se ravise,
Quelques années plus tard, pour rejoindre ses rangs
En changeant d’opinion autant que de chemise.

Il a porté trois noms et deux seconds prénoms,
Changé de confession par une pirouette ;
Crachant feu et flammes, à l’instar d’un démon,
Il peut changer de sens, telle une girouette.

Cerbère a trois têtes, quand son boss n’en a pas,
Et il promet l’enfer aux fous qui lui résistent ;
I
ls se voient tous promis à un affreux trépas,
Et aux pires tourments, si jamais ils insistent.

Il fulmine et aboie, tel un rottweiler fou,
Qui va nous dévorer, puis le voilà qui change !
L’agressé, effaré, se met au garde-à-vous,
Car il craint qu’aussitôt ce démon ne le mange.

Lui et son maître blond se voient tous deux maudits,
Car le cours des actions est constamment en baisse :
Toutes les retraites, si vient un noir jeudi,
Verseront des montants qui par malheur régressent.


Le pitbull des enfers © Mapomme

Pour les retraites, aux USA, elles dépendent du montant versé par les fonds de pension, lesquels dépendent de la valeur des actions et des dividendes versés. Si l'économie va mal, tout le monde trinque.

Élégies. Un monde virtuel

Le mensonge dit vrai, la vérité nous ment,
Quelle image est réelle et laquelle est la fausse ?
Peut-on alors se fier aux plus formels serments,
Quand des esprits retors de nos règles se gaussent ?

« Des reporters sont mis en Ukraine au cachot ! »,
A dit Thibaut Bruttin à sa surprise entière,
Apparaissant un jour dans une vidéo
S’exprimant au nom de Reporters sans Frontières.

Fabriqué par l’I.A., ce faux était bien fait
Et sa déclaration devint d’un coup virale ;
Peu chaut la vérité, qui reste sans effet :
La trahison demeure, abjecte et immorale.

S
i l’illusion s’impose en objet factuel,
Elle vaut vérité lequel devient mensonge !
D
evenus des juges d’un monde virtuel,
Nous nous défions de tout et le doute nous ronge.

Nous voyons ébranlées nos moindres convictions
Par ce flot où un fait vaudra bien son contraire ;
On peut prendre pour or un sujet de fiction
Et d’un sérieux rapport douter et se soustraire.


Un monde virtuel © Mapomme

jeudi 13 mars 2025

Élégies. Des périls en tous lieux

Nous regardons ailleurs, oubliant le silence,
Qui cache très souvent de terribles dangers.
Hurlez, gesticulez, en voyant l’insolence
D’un blondasse arrogant que l’on ne peut changer.

Durant le même temps,
un géant sait se taire
Et, s’armant à bas bruit, use de discrétion,
Car le Céleste Empire existe sur la Terre
Depuis trois mille années, selon son expression.

Au nouvel an chinois, au pays il présente
Comme toujours ses vœux de bien-être et d’essor ;
La formule paraît parmi les plus plaisantes,
Car qui s’opposerait à vivre un meilleur sort ?

O
r, à marche forcée, ce grand empire s’arme
Dans tous les domaines et veut assujettir
Les nations y trouvant un exotique charme,
Ainsi qu’un grand marché, prêt à nous engloutir.

Si un conflit naissait entre deux des empires
,
Le danger serait grand pour les simples humains ;
Notre monde à la paix depuis longtemps aspire,
Et malheureusement n’en prend pas le chemin.

Des périls en tous lieux © Mapomme

mercredi 12 mars 2025

Élégies. Aux temps des paix fragiles

La paix, en ce temps-là, n’était pas éternelle
Mais les conflits s’ouvraient sur d’autres continents,
Quand les canons grondaient très loin de la tonnelle
De la gargote calme, au dimanche venant.

On ignorait encor les grandes tragédies
Des saignées dans le peuple, à cause du progrès,
Laissant la société par l’horreur étourdie,
Quand triomphait la haine exempte de regrets.

Beaux déjeuners sur l’herbe, où sont ces beaux dimanches,
Quand le monde va mieux mais que bat le tambour ?
B
ien qu’ignorant pourquoi, il veut une revanche,
Qui ouvre les portes d’un monde sombre et lourd.

Que d’argent dépensé à produire des armes,
Que d’énergie offerte aux procédés létaux !
Des glorieux massacres nourriront tant de larmes,
Que d’aveugles foules vengeront aussitôt.

S
i la mort paye mieux faudra-t-il s’y résoudre,
Ou bien choisir la vie et un bel avenir ?
Q
uand bien même il survient, si tient à en découdre
Un tyran, il saura aussitôt l’obtenir.


Aux temps des paix fragiles © Mapomme
D'après Claude Manet (Musée Pouchkine)

mardi 11 mars 2025

Élégies. Le guignol du Kremlin

Ce bouffon prétentieux s’imagine puissant,
Quand il est au final la simple marionnette
D’un puissant autocrate inhumain agissant
Dans un théâtre d’ombre cruel et malhonnête.

Orgueilleux, suffisant et inconstant surtout,
Son point faible est, hélas, d’être manipulable :
Qui le flatte en fera un docile toutou
Nonobstant ses humeurs quelquefois ingérables.

Révélant le brouillard qui emplit son esprit
Il affirme une chose et demain le contraire,
Une cause épousant si on y met le prix,
Et ouvre les portes d’un enfer arbitraire.

Il croit être l’égal d’un glacial dictateur
Quand il est son jouet, grotesque matamore,
Se croyant avant tout un parfait médiateur,
Des succès à venir fièrement il s’honore.

Ce rodomont parade, en guignol du Kremlin,
Marionnette creuse dont le tyran s’amuse  ;
Les enfants sont joyeux et leur monde en déclin
À changer ses règles fermement se refuse.


Le guignol du Kremlin © Mapomme

Élégies. La braise sous la cendre

Revoici la guerre, toujours entretenue,
Tel un feu sous la cendre avançant à bas bruit !
Q
u’un tyran soit chassé et notre âme ingénue
Espère de la paix pouvoir cueillir les fruits...

Mais toujours le vieux mal, trahissant l’espérance,
Voit bourgeonner les fleurs des plus sanglants excès.
Ce n’était qu’un hiatus séparant deux outrances :
L
a colombe revient de son vol, sans succès.

L’histoire est parsemée d’itératives rages,
Dont l’une fait écho aux tortures d’avant ;
Le monde pétrifié n’y peut faire barrage
E
t voit à l’horizon la tempête arrivant.

Le sang des innocents en des lieux lointains coule
Et nous n’y pouvons rien, inutiles témoins,
Devant la cruauté du torrent de la foule,
Sinon la condamner, sans effet néanmoins.

Nous nous payons d’espoir, en parlant dans le vide,
Sans que revienne enfin le moindre faible écho ;
La guerre est en tous lieux, car des monstres avides
Foulent aux pieds les droits, en tyrans radicaux.


La braise sous la cendre © Mapomme

lundi 10 mars 2025

Élégies. Monopole du fric

Quand j’étais gamin, pour Noël on m’offrit
Un jeu dit de plateau qui était à la mode ;
Q
ui déteste un cadeau, s’avérant donc sans prix,
Paraissant ludique, mais dont l’attrait s’érode ?

Je gagnais de l’argent, bien que tout fût bidon,
Et, à la fin du jeu, il me fallait tout rendre.
Puis, le jeu me lassa, car sans aucun pardon
On ruinait l’adversaire, afin de tout lui prendre.

Je ne possédais pas l’âme d’un promoteur,
Qui d’ailleurs n’a pas d’âme et vit de l’infortune
De ceux qu’il affronte ; combien de profiteurs
Y ont trouvé leur voie et l’amour de la thune ?

O
r, pour trente deniers, naquit la trahison
De Judas autrefois, qui s’en fit le reproche,
Ne voulant pas passer par la case Prison :
D
ans le capitalisme, y a anguille sous roche !

P
assent les jours, les ans, sans que j’aime l’argent,
Pas au point de quitter mes démodés principes ;
Le monde est dirigé par d’effroyables gens,
Qui sont de l’affreux jeu le plus vil archétype.


Monopole du fric © Mapomme