jeudi 21 août 2014

Vers solitaire. Triolet sans Elsa

Ma femme aime son chat or je ne suis pas chat
Même en étant à poil jamais je ne ronronne
Je ne l’appréciai pas et elle se fâcha
Ma femme aime son chat or je ne suis pas chat
Cette chipie me dit que si j’étais pacha
Bientôt je m’en irais sans sceptre ni couronne
Ma femme aime son chat or je ne suis pas chat
Même en étant à poil jamais je ne ronronne
Ma femme aime son chat... © Mapomme 

Vers solitaire. Y faut pas confondre !

Y faut pas confondre apostume et apostat
Même quand l’apostat aurait une apostume
Chose qui écœura Josie qu’il accosta
Car plus moche tu meurs en dépit d’un costume
Puis à l’abbé cédant une lettre il posta
Avant de décéder et son courrier posthume
Nous parvint non timbré et un euro coûta
L’affranchissement fut plus cher que de coutume
Bien qu’affranchis à ce courrier nul ne bita
Un seul mot et on le jeta sur le bitume
Malgré l’écrit sans un mot finit l’apostat
Mais pas sans un mort à cause de l’apostume
L'apostat à l'apostume en costume © Mapomme 

mercredi 20 août 2014

Vers solitaire. Il tombait des hallebardes

Sacrebleu ! il tombait des cordes,
Ce qui est fréquent, je vous l’accorde.
Mais, ça n’avait rien d’une expression :
Tombaient les cordes que nous tressions.

Fort heureusement, pas des amarres,
Car on devine le tintamarre,
Et si elles remplaçaient les eaux,
Comment les rompre ? Plutôt nos os…

Il ne s’agissait pas d’une ondée :
On évoquait plutôt une cordée.
Pas question que je sois le premier ;
Cet aplomb ne m’est pas coutumier.

Bref, pas d’audace sous cet orage,
Que mes voisins nommaient un cordage.
S’il se mettait à tomber des seaux
Le brave en prendrait plein les dorsaux !

Je restais les yeux sous les arcades,
Sans tenter de folle cavalcade.
Il tombait des hallebardes © Mapomme 


Vers solitaire. Épigramme des cités désertées en été

L’enfant chantait Pic et pic et colle et gramme
Sautant à cloche-pied dans le cours de l’été
Je ne pouvais compter les pieds de l’épigramme
N’entendant que lui dans la déserte cité
Il rêvait d’aventure et d’insécurité
Sur les flots s’en allant vers une île à la rame
Une fumée montait lui annonçant un drame
L’assaut des pirates semant l’atrocité
De mon épigramme j’avais perdu la trame
Dans ma tête l’enfant ne cessait de chanter
 Sautant à cloche-pied © Mapomme 

mardi 19 août 2014

L'encre du néant. Les petits singes bleus

Comme nous nos amis s’ennuient des droits chemins
Et dans un labyrinthe aux nuits artificielles
Ils se perdent parfois et agitent leurs mains
Espérant de nous une aide providentielle

Dans des couloirs retors ils avancent sans fin
Revenant sur leurs pas car les voies par kyrielles
S’offrent à leurs regards de pauvres séraphins
Avalant la poudre d’étoile immatérielle

L’amer flot du Léthé n’a rien de fabuleux
Si le prix à payer conduit à la folie
Dupés ils errent par des détroits nébuleux

Subissant la sanction de la vie abolie
C’est la course folle des petits singes bleus
Dans le long dédale de la Mélancolie
 La course folle des petits singes bleus © Mapomme


lundi 21 juillet 2014

Sonnets. Le parcours compte plus que n’importe la fin

À nos amours déçues, à nos baisers reçus,
À la rose et l’ortie, au blé et la ciguë,
Aux démons d’ici-bas, aux anges du dessus,
Nous devons notre joie et nos peines aiguës.

Tous ont rejoint pourtant les limons de l’oubli,
Nous laissant tristement qu’une photo truquée ;
La mémoire avilit ou alors anoblit
Les images passées qu’on a trop reluquées.

Les pages sont froissées et le papier jaunit
D'un livre qui s’achève, dont les derniers chapitres
Conduisent au terme, cette fin qu'on honnit,

Dont la Parque au ciseau voudrait être l’arbitre.
Nous avons su extraire, avant d’être bannis,
Le suc de la vie qui justifie le titre.

Le parcours compte plus que la fin © Mapomme 


Sonnets. Dans les champs d’infini ensemencés d’étoiles

Dans les champs d’infini ensemencés d’étoiles
Nous aurons un sommeil tissé d’espoirs radieux
Le froid nous glacera les os jusqu’à la moelle
Car nous ne voudrons pas nous soumettre à un dieu

Évadés de la mort décédés en cavale
Dans un vaisseau fendant le vide sidéral
Nous rêverons d’ailleurs dans un caisson ovale
Refusant le repos d’un marbre sépulcral

Nous aurons tout misé sur la cryogénie
Pour filer à la barbe de l’insatiable mort
Ayant ainsi créé notre propre mesnie
Et loin des requiem pris un nouvel essor

Peut-être un jour prochain nous verra ramenés
À la navrante vie pour être d’anciens-nés

 Nous rêverons d'ailleurs dans un caisson ovale © Mapomme