lundi 7 juillet 2025

Élégies. Soumission à César

Ah ! fallait-il vraiment se soumettre à César,
Et lui lécher les pieds, après mille courbettes ?
Ensuite, faudra-t-il baisser notre falzar,
En prenant pour génie un vrai analphabète ?

«
Ô père, assiste-nous, face aux mille dangers !»,
Proclame en tremblotant cette bande de lâches,
Comptant sur sa force qui peut tout arranger,
En lui laissant le soin de ce genres de tâches.

Sans même ferrailler, sans grandeur ni honneur,
Nous rendons les armes, soumis à la puissance,
Pour céder à César, cet odieux rançonneur,
Dealant sa protection, dépourvu de décence.

Or, Vercingétorix s’était au moins battu,
Bien avant de se rendre au général de Rome ;
L
à, on baise les pieds, sans que tout soit foutu,
En croyant au ragot qui en fait un surhomme.

Puis, ferons-nous de même à propos des «Tarifs»,
Qui s’avèrent en fait une friponnerie,
Conçue uniquement par le nouveau shérif,
Pour baisser les impôts et autres conneries ?


Soumission à César © Mapomme

dimanche 6 juillet 2025

Élégies. «Je suis désappointé !»

Il lui a tout offert, revenir dans le jeu
Des plus grandes nations, de sauver sa jeunesse
Et son économie : c’était avantageux,
Relançant le bizness, plus des tas de promesses.

Il fut pris pour un âne, en laissant espérer
Un beau traité de paix, qui le rendrait grandiose ;
T
out n’était que du vent, car rien n’a tempéré
Des idées guerrières nourries sans nulle pause.

Comme Emma Bovary larguée par son amant,
D'un ami il rêvait d'une meilleure entente,
L'ami qui souriait, dont le regard charmant
Présageait une paix et la gloire éclatante.

«Je suis désappointé !», clame-t-il, très déçu,
Comme une fiancée par son amant trahie ;
U
n profond désarroi le prend à son insu,
Dont son âme brisée est dès lors envahie.

Le monde est incrédule, entendant ses propos,
Quand il cesse un soutien, pour modérer ses charges,
Ceci pour mieux baisser des riches les impôts,
Ce qui semble à chacun un vrai discours de barje.


"Je suis désappointé !" © Mapomme

samedi 5 juillet 2025

Élégies. Détrousser les manants

Détrousser les manants pour mieux gaver les riches
Est un programme odieux dont le Shérif est fier ;
S
i la chose est légale, il n’y a pas de triche,
En douillant moins d’impôts qu’on n’en réglait hier.

Les soins seront payants, sans que l’état s’en mêle,
Les gueux abandonnés crevant comme des chiens ;
L’injustice s’accroît de façon plus formelle
Quand on connaît le prix qu’exige un praticien.

Le shérif accable de surtaxes injustes
Et d’édits déloyaux la vie des pauvres gens :
S’
ils menaient jusqu’alors une existence fruste,
Ils tendent à présent à vivre en indigents.

Où est Robin des bois, s’il est bien de ce monde,
Pour débouler d’un coup en redresseur de torts ?
D
ans la forêt rasée, en sa fosse profonde,
N’a-t-il nul héritier pour châtier les butors ?

N
i Robin, ni Zorro et pas plus de Cartouche :
Les pignoufs paradent et gagnent à coup sûr
Et l’on reste interdit quand sortent de leur bouche
Les pires outrances souillant le pur azur.


Détrousser les manants © Mapomme

vendredi 4 juillet 2025

Élégies. Un futur sans humains

On nous promet encor un futur merveilleux,
Où les robots feront tous les travaux pénibles,
Et dans tous les bureaux les calculs ennuyeux
Seront faits par l’I.A. de façon infaillible.

Les humains bosseront sur des jobs attrayants,
Pour les cerveaux plus vifs qui habitent tout être ;
Demain plus de loisirs pour chacun s’éveillant
Au bien-être commun qu’on espère connaître.

Stop ! Arrêt sur image ! On m’a déjà servi
Un discours semblable qui semblait très probable ;
L
es machines-outils autrefois ont sévi,
À tous les ouvriers jouant un tour pendable.

Les PC, quant à eux, ont frappé les bureaux,
E
n divisant par sept dactylos et scribes :
N’attendez nul secours d’un potentiel héros,
D’un génial orateur maîtrisant la diatribe !

C
omme ce fut le cas, ils recommenceront,
Mettant au chômedu la jeunesse présente :
A
lors s’enrichiront les éminents larrons,
La noblesse du fric aux idées fascisantes.


Un futur sans humains © Mapomme

jeudi 3 juillet 2025

Élégies. Un gourou de la paix

Il gémit sur les morts qui tombent sous les balles,
Jeunesse sacrifiée dans d’horribles conflits ;
S
ur ce plan, tant d’humains maudissent les vandales
Qui envoient leur futur qui crève sans un pli.

Pour arrêter la guerre, il n’est rien de magique :
I
l faut décourager le pays agresseur,
Mais punir l’agressé a un effet tragique,
Encourageant surtout le tyran oppresseur.

De plus, se refuser à fournir des défenses,
Accroîtra le carnage et le mortel bilan ;
L’affreux veut réduire le montant des dépenses,
Quitte à porter la honte au moins pour dix mille ans.

Ses mains sont couvertes du sang de ce carnage,
Sans pouvoir les laver, tel un roi criminel.
En monstre il restera cet affreux personnage,
Trahissant ses alliés, dans l’opprobre éternel.

Nul océan ne peut laver une âme noire,
Du sang qui a couvert ces misérables mains !
Rien ne peut effacer, ce sang de nos mémoires
Lorsqu'il a adopté un aussi vil chemin !


Un gourou de la paix © Mapomme

Élégies. Les tribunaux aveugles

On voit sur les plateaux de nombreux sachants,
Pointus dans leur domaine, augurer des menaces,
Puis, quelques jours plus tard, aussitôt les lâchant,
Soutenir l’opposé, se montrant peu tenaces.

Ils applaudissent l’un, couronné de lauriers,
En agonissant l’autre et le mettant sous terre ;
P
uis, quinze jours après, leur humeur a varié,
Inversant d’un seul coup leurs anciens commentaires.

Ils clament : «La guerre de Troie n’aura pas lieu !»,
I
nventoriant pourquoi elle est plus qu’impossible ;
P
uis, lorsqu’elle survient, en esprits vétilleux,
Ils disent que les Grecs sont hélas invincibles.

Puis, Troie ne tombant pas, en dépit des assauts,
Que le roi Ménélas, épuisera ses forces,
Et, de guerre lasse, à bord de ses vaisseaux,
Répudiant Hélène, requerra le divorce.

Déroutants, les tyrans trompent les grands esprits,
Trop férus de logique, en ce monde qui beugle :
Vont en randonneurs, par le danger surpris,
Les juges des médias qui marchent à l’aveugle.


Les tribunaux aveugles © Mapomme

mardi 1 juillet 2025

Élégies. L’équation insoluble

Garder les dépenses, aller vers l’équilibre,
Sans un impôt nouveau est un problème ardu ;
D
ans les ministères, on pèse et on calibre
Les moyens d’empêcher que du fric soit perdu.

Si les Danaïdes dans un récipient versent
De l’or hélas liquide, qui par de nombreux trous
Disparaît aussitôt, par d’autres trous qu’on perce,
Toute épargne faite se perdra peu ou prou.

On restreint, on débat et sur tout on chipote,
Mais jamais le chaudron ne consent à s’emplir ;
Q
uelque mauvais génie disperse la cagnotte
Et l’impossible espoir ne viendra s’accomplir.

Le budget d’un état, tel un tanker immense
Dont l’inertie empêche un arrêt immédiat,
Fait toujours accroître le total des dépenses,
Et réduire l’impôt dans un grand charabia.

Pauvres Danaïdes, œuvrant à une tâche
S’avérant sans effet : jamais le récipient
Ne consent à s’emplir et chaque année relâche
Toujours plus, nous forçant à vivre d’expédients.


L'équation insoluble © Mapomme