samedi 20 avril 2019

Nouveau siècle. Aux appétits privés enfin faisons barrage !


Le bien public est vendu à l’encan
Le monde s’est mué en vaste enchère
On ne sait trop pourquoi ni depuis quand
 Quels sont les traîtres qui la déclenchèrent

Cette folie s’empare des esprits
Sans que de vrais leaders ne la dénoncent
Tous biens et services auraient un prix
Mais les questions demeurent sans réponse

Ce qu’on réplique est insatisfaisant
On parle de budgets à l’équilibre
On ne voit que les comptes du présent
Et on passe les budgets au calibre

Vendons bradons l’ancestrale maison
Pour tout claquer en restos et voyages
Vendons soldons jusqu’à la déraison
Pour un instant livrons tout au pillage

Puis un jour nos enfants demanderont
Qu’avez-vous fait des ancestraux domaines
Troquant un pur-sang contre un percheron
Flambant l’héritage en peu de semaines

Le monde entier est livré aux lobbys
Tout serait livré aux profits rapides
Un beau jour nous serons tout ébaubis
De voir à quel point nous fûmes stupides

Nous avons le devoir de refuser
Cette planétaire rapinerie
Ne restons pas lâches et médusés
Livrant nos pays à la braderie

Le bien public est vendu à l’encan
C’est l’héritage et le fuit de l’épargne
Serons-nous ad vitam inconséquents
Ou saurons-nous faire montre de hargne 
La part du gâteau © Mapomme




Nouveau siècle. Sous le regard des Inimmortels


Dans le vide elle tombe sous nos yeux incrédules
Comme vers la tranchée tombèrent les soldats
Comme du fil tendu chuta le funambule
Qui voulait tant sauver la belle Esmeralda

Aux deux sœurs de septembre à son insu on songe
Qui s’effondrèrent en poussière avec fracas
Le Monde vit que la Paix était un mensonge
Qu’il rêvait sans mesure en fumant son houka

C’est un royal château un parlement en flammes
Une bibliothèque un trésor de savoir
La foi de bâtisseurs qui s’élève et proclame
Tout le génie humain qui seul peut émouvoir

Aussi quand l’un d’entre eux soudainement succombe
Nous devenons mortels faibles découragés
Dans la nuit embrasée la flèche soudain tombe
Effaçant l’empreinte des règnes passagers

C’est l’Histoire outragée se révélant fragile
Telle la mémoire des vieillards tremblotants  
La maison d’un ancêtre plus qu’un Évangile
Et la lutte sans fin contre l’effet du Temps

Certe on rebâtira ce sublime édifice
Mais on aura compris que c’est un long combat
Contre l’armée des ans aux puissants maléfices
Qui fera s’écrouler tout rêve avec fracas 
La maison d'un Ancêtre © Mapomme +Sipa

vendredi 12 avril 2019

A l'encre du néant. Trop ce n'est pas assez...


Si seulement j’allais par les rues du présent
En y trouvant l’éclat des choses envolées
Mais jamais je ne goûte à un instant plaisant
Mon âme demeure sans cesse inconsolée

Il n’est pire douleur qu’une douleur sans nom
Et je ne sais quel manque en tyran me tenaille
Non loin d’Agrigente le temple de Junon
Proclame de l’orgueil la vaine bataille

À trop vouloir on perd les plus simples saveurs
Le pain avec du beurre ou la crêpe encor chaude
Vers le lointain passé on se tourne rêveur
Jadis y fabrique des souvenirs en fraude

On emplit la maison de choses sans valeur
Y cherchant le plaisir des babioles nouvelles
Redoutons cependant l’absence de malheur
Et de mélancolie stimulant nos cervelles

Car si l’on avait tout et donc plus nul désir
La vie serait soudain insipide et facile  
Le ferment de l’espoir provient du déplaisir
Non de la vacuité qui élit domicile

Dans l’esprit des navrés déjà tout possédant
Et qui n’attendent rien sinon la plénitude
Un bonheur est plus plein plus vaste et obsédant
Si de l’espoir on fait la fructueuse étude
Non loin d'Agrigente le temple de Junon © Mapomme


A l'encre du néant. Philinharmonie


Ce soir-là près du feu musardaient mes pensées
Sans rime ni raison dans un ultime éclat
Du jour quand je voyais l’étang paisible et plat    
Telle une vie parfaite et même trop sensée

L’ai-je rêvé ou bien vécu
Venant d’on ne sait où germa une musique
Et le silence fut vaincu
La tyrannique paix des jours anesthésiques

Des notes égrenées et parfois aigrelettes
D’un sortilège étrange apaisaient mon esprit
Dissonance harmonieuse et mélopée simplette
Aux accords imparfaits le cœur fut soudain pris

L’ai-je rêvé ou bien vécu
J’étais bercé charmé par des notes acides
Et agacé par les aigus
Qui secouaient le cours des destinées placides

On apprécie parfois quelque amertume honnie
Bonbon acidulé et étrange orangeat  
Mon cœur se complut en cette inharmonie
Ce cœur qu’un désaccord autrefois dérangea

L’ai-je rêvé ou bien vécu
J’aimais cet amer fruit mélodie désunie
Discord à tomber sur le cul
De toute inharmonie peut naître l’harmonie
Inharmonie © Mapomme



dimanche 20 mai 2018

L'encre de Miséricorde. Invisible


À l’est se lève le soleil
En hiver tombera la neige
Le matin j’ai toujours sommeil
Et l’été est un privilège

À midi pétante j’ai faim
Le soir je songe à la retraite
Je rêve à mon passé défunt
Et des souvenirs d’opérette

Tel un fleuve coule le temps
Et tant de temps où l’on regrette
Craignant l’hiver dès le printemps
Égrenant des amours aigrettes

Au présent se trouvait la vie
Les passés futurs sont sans heurts
Et trop tard on les apprécie
Car trop discret est le bonheur
Invisible © Mapomme


samedi 19 mai 2018

L'encre de Miséricorde. Bon an finit mal


Nous allions par les chemins
Abeilles d’été grisées
Sans penser à demain
Les choses semblaient aisées

D’un vol insensé planant
Butinant les marjolaines
Nous ignorions l’immanent
Automne aux feuilles de peine

Du temps fuyant les hérauts
Avant la fin prévisible
Des temps bienheureux et chauds
Heures bénies et indicibles

Tout l’espace du bonheur
Est empli de son absence
Lorsque notre cœur a peur
De son silence
Bon an finit mal © Mapomme

mercredi 9 mai 2018

Sonnets. Rossignol Philomèle


Si le rossignol depuis les bosquets du jardin
Trille durant le jour comme dans la pénombre
Un chant aussi changeant qui n’a rien de badin
C’est qu’il sait de l’humain les aspects les plus sombres

Ayant toujours sa langue il s’en sert doublement
Philomèle violée eut la sienne coupée
Si le jour il est gai son chagrin nuitamment
Affecte sa portée Triste est sa mélopée

Des destins effacés la nuit portant le deuil
Dansons buvons chantons les soleils éphémères
L’automne nuageux les promet au cercueil

Et quand l’été revient notre joie est amère
Sachant des jours futurs les insidieux écueils
Messidor n’a qu’un temps et règnera Frimaire
Triste est sa mélopée © Mapomme