samedi 31 mars 2018

Rimes de saison. Vive l’espoir !


Même défunt en fin d’hiver
Il va fleurir
L’espoir ne saurait ainsi périr
Il va germer à découvert 

Dans l’Univers
L’espoir l’espoir va revenir
Et va brandir
Partout partout son drapeau vert

Tout cœur amer
D’une vague venant mourir
Doit retenir
Qu’elle renaît toujours de la mer

Notre âme est vide
Comme la boîte de Pandore
Mais va éclore
Le gage de l’Espoir viride
Vive l'Espoir ! © Mapomme
avec un coup de main d'Arcimboldo pour la grosse légume...


Rimes de saison. L’espoir est mort !


L’espoir est mort
Je l’ai enterré ce matin
Dans le jardin
Près du jasmin je sais qu’il dort 

Hier encor
Je le pressais contre mon sein
Luisant un brin 
Dans l’étable en un rayon d’or

Il s’est éteint
De chacun dit-on c’est le sort
Monde retors
Voici donc le commun destin

Dans le jardin
Repose à tout jamais son corps
Je sais qu’il dort
Je l’ai enterré ce matin

Sans lui la vie s’avère amère
Reste le Songe
Contre l’ennui du jour je plonge
Dans l’onde des chimères 
Hope is dead this morning ! © Mapomme

dimanche 3 septembre 2017

Stances. Tout instant étonnant porte la fange et l’or


La barque solaire vogue entre les récifs
De stratocumulus baignant de rayons pâles
Les prés blonds où paissent les troupeaux si passifs
Devant l’été qui meurt dans un ultime râle  

Une belle image qu’on garde en souvenir
Pour les frimas d’hiver dans un herbier collée
Une fleur desséchée ne cessant de ternir
Momie en son tombeau de journées envolées

Tout instant étonnant porte la fange et l’or
L’or du bonheur présent le regret qu’il s’achève
C’est pourquoi je ressens une amertume alors
Que chacun est joyeux or ces heures sont brèves

Devrais-je tout brûler enterrer effacer
Ne vivre qu’au présent sans regard en arrière
J’envie ceux qui oublient chaque heur du passé
En se laissant glisser en l’onde des rivières

Où s’égrènent les jours au cœur-même de l’été
Bienheureux oublieux qui droit devant eux arquent
Je n’ai jamais trouvé la source du Léthé
Et mon meuble à tiroirs s’emplit d’instants qui marquent 
Les prés blonds ou paissent les troupeaux © Mapomme 

vendredi 21 juillet 2017

Stances. Sous le Zodiaque mouvant


Le monde est un temple dont nous sommes fidèles 
 Dont la nef culmine jusqu’aux constellations 
Infirme je larmoie sans une paire d’ailes
Infime en l’infini privé d’élévation

Sous la Voûte Étoilée d’apparence immobile
Un souffle fait bouger les piliers végétaux 
Le rosé a rendu les esprits volubiles   
On parle avec les mains comme des Orientaux

Aussi sur le parvis d’une maison amie 
Élevant mon godet au décor osirien 
En libations aux dieux de la gastronomie 
Mes compagnons j’honore en bon épicurien
Partageant l’offrande sans nulle boulimie
Tandis que l’échanson verse un nectar terrien 

Le monde est un temple pour des millions d’années
Où le dieu Amon-Râ est maître des destins
Et notre humanité trop vite est condamnée
Prenant pour obole ces bachiques festins
Elevant mon godet © Mapomme 

mercredi 12 juillet 2017

Stances. Aux amis par l’Amer volés

Trop souvent l’on croit que parents et amis
Vont sur l’immensité d’un océan d’années
À l’éphémérité nous sommes tous soumis
Toujours l’éternité à Mort est condamnée

Peut braver le temps l’aiguille de Bavella
Mais pas les compagnons voguant avec Ulysse
Qui tous ont péri entre Charybde et Scylla
Et comme eux Gilgamesh a bu l’amer calice

On pense avoir le temps à demain différant
La visite impromptue pour des causes frivoles
Le Temps nous punira d’un regret déchirant

Les amis négligés que les Parques nous volent
Sourient sur la photo tremblant comme un épi
À la faux la moisson est d’avance condamnée

Quand bien même on croirait que parents et amis
Vont sur l’immensité d’un océan d’années 
Aux amis par l’Amer volés © Akseli Gallen-Kallela

  



samedi 3 juin 2017

Stances. L’éphémère demeure et l’éternel se meurt


Si les pierres des murs pouvaient nous raconter 
Le passé obscurci par la mémoire oisive
Des instants effacés ayant pourtant compté      
Ranimeraient soudain des heures décisives

Des ombres de jadis des brumes jailliront
Invoquées par les murs parfois rongés de lierre   
Tel ce constant remords du bonheur le larron
Les pierres des maisons redeviendront des pierres

Les grenades mûres comme un soleil naissant
Donneront de la vie au cœur de ces enceintes
Œuvres périssables de l’homme bâtissant
Dans l’écrin parfumé d’hibiscus et d’absinthes  

La Nature chassée sans cesse renaissante
Vient fleurir les tombes quand se tait la rumeur
Sans nulle rancune sans remarques blessantes 

Dans la rue désertée l’héliotrope fleurit
Et masque les dalles soigneusement rangées
Des rêves d’avenir avec l’homme ont péri
En œuvres spontanées ses ruines sont changées
L'éphémère demeure... © Mapomme 

mercredi 24 mai 2017

Stances. Si seulement le monde avait un cœur d’enfant

On l’a sorti des flots le corps transi de froid 
N’ayant plus de force s’accrochant au courage
Et à ce brin d’espoir au cœur du désarroi     
Sur un débris de barque rescapé du naufrage

Combien de compagnons ont péri dans les flots
Avalés par l’Abysse insondable et placide
Cénotaphe mouvant sans l’offre d’un sanglot
L’humanité se meurt en un sournois suicide

La presse s’habitue et le pouvoir odieux
Abandonne ce flot en raison des dépenses
Aux vastes profondeurs du néant oublieux
Où les ultimes cris s’étranglent de silence

Sur cette sombre fosse élevons un tombeau 
Aux espoirs brisés dans leur écrin de rêves
Bakary s’accrochait à son rêve si beau
Qu’il ne pouvait lâcher devant lutter sans trêve 

Comme lui son sauveur pleura après l’effort
Redevenant l’enfant soignant le chat malade
Qu’il voulait arracher aux griffes de la mort
Car toujours les gamins combattent la Camarde

Si seulement le monde avait ce cœur d’enfant
Et pouvait s’émouvoir des lointaines souffrances
La haine et l’égoïsme n’iraient plus triomphants
Dans un fiel patriote indigne de la France 
 Si seulement le monde... © Mapomme