Voici des décennies, la femme à la maison,
Jour après jour restait, hors du monde, recluse
Et s’y sentait souvent quasiment en prison,
Dans la moindre pièce, allant telle une intruse.
Apprenant qu’une amie disposait du cocon
D’un boudoir personnel, sans dispute, ni ruse,
Elle l’enviait d’avoir, par un débat fécond,
Repoussé d’un époux les mille et une excuses.
Que, pour elle, une femme ait un douillet endroit,
Afin de ne rien faire ou selon son choix lire,
Permet de s’exempter des jugements étroits.
Le farniente enrichit tout esprit qui s’exile,
Hors d’un monde sans joie, dans une pièce à soi
Qui offre à la pensée le plus sublime asile.
vendredi 7 novembre 2025
Rimes drolatiques. Une pièce pour soi
Rimes drolatiques. Pétri d’ombre et lumière
Je ne sais si l’humain fut pétri dans la glaise,
Et qui, sans l’avoir vu, pourrait le garantir ?
Selon moi, il est fait de noirceur et de braise,
D’ombre et de lumière, d’orgueil, de repentirs.
Nous marchons, chaque jour, au bord de la falaise,
À deux doigts de chuter, ne pouvant s’en sortir ;
Craignant du sombre abime un futur qui déplaise,
Notre esprit augure qu’il veut nous pervertir.
Parfois, j’entraperçois, reflété dans la glace,
Entre ombre et lumière, mi-fiel et mi-candeur,
Un humain ignorant sa véritable place.
À la bonté succède une violente ardeur,
À laquelle on cède, défait de guerre lasse,
Quand l'âme est pénétrée d'une sombre froideur.
mardi 7 octobre 2025
Rimes drolatiques. Quand l’herbe se fait rare
Quand l’herbe se fait rare, alors du jamais-vu
Paraît autour de nous, aux jours caniculaires ;
Renards et sangliers se tiennent à l’affût,
S’approchant d’un danger pour pallier leur galère.
Ces animaux sauvages viennent vers les maisons,
Où de curieux humains ne semblent pas hostiles ;
À ce
comportement, il est une raison :
Ils donnent aux oiseaux quelques graines utiles.
On peut voir des chèvres grimper sur l’arbrisseau,
Sur de minces branches, quérant un rameau tendre ;
Pour boire, il faut chercher un des rares ruisseaux,
N’étant pas asséché, ou des humains dépendre.
Pour survivre, il leur faut soudain faire un grand saut,
Allant vers le danger, quitte à moins se défendre.
vendredi 3 octobre 2025
Rimes drolatiques. Les notes suspendues
Où nous ne glandions rien, lisant divers romans,
Ou écoutant Satie, ses airs taxés de moches
Par ses contemporains ; ils se gouraient vraiment,
Car sa mélancolie répondait à la nôtre.
Incertains du futur, habités de tourments,
Nous déclinions la foi de tous les bons apôtres
Qui vantaient un progrès tenant mille serments.
De sombres nuages menaçaient le bien-être,
Quand nous devions chercher un job pour l’avenir,
Dont peu donnait, hélas, envie de les connaître.
De certains employeurs, mieux valait s’abstenir,
Lorsqu’ils tenaient compte de nos chétives lettres :
De notre jeunesse, voulait-on nous punir ?Les notes suspendues © Mapomme
mercredi 1 octobre 2025
Rimes drolatiques. Ils sont tombés, obscurs
Qui sait ce qui poussa bourgeois comme ouvriers
À livrer une lutte inégale et suprême
Contre des escadrons de cruauté extrême,
Mus par un appétit féroce et meurtrier ?
Ils sont tombés, obscurs ou vainqueurs inconnus,
En offrant un destin à leur vieux pays libre,
Chassant les Ostrogoths loin des rives du Tibre :
Les humbles fantassins, chez eux sont revenus ;
Ils ont risqué leur vie, non pas pour la Nation,
Ni un simple drapeau, mais l’idée primordiale :
La liberté acquise lors des révolutions.
Tous ces preux ont lutté par simple conviction ;
À l’ombre de la paix, loin des fureurs martiales,
D'égotistes enfants n'ont plus foi dans l'action !
lundi 22 septembre 2025
Réminiscences. Le terreau des pensées
En dépit de l’effort et du chant des oiseaux,
Notre cerveau poursuit ses travaux d’écriture,
Sans un vrai calame taillé dans un roseau.
Quand on ne pense à rien, presque en villégiature,
Éclosent des idées, sans le moindre réseau,
Privé d’un seul clavier que nos dix doigts triturent,
Tel un air fugace sonnant comme un scherzo.
N'avoir rien pour écrire, au moment où foisonnent
Des phrases chamarrant des thèmes exaltants,
Nous navre avant terme puisque rien n’emprisonne
Ces thèmes condamnés à l’oubli révoltant ;
Du terreau des pensées, dit le cœur qui raisonne,
On les verra mûrir, enrichies par le temps.
dimanche 14 septembre 2025
Élégies. Même en les détestant
Des mots mettant le feu dans nos pauvres cerveaux
Qui ont tété au sein de l’école humaniste ;
On ne doit pas tomber au plus bas des niveaux.
Face à certains propos, on pourra, en colère,
Marmonner in petto, et non pas fulminer ;
Des diatribes semblent faites pour nous déplaire,
Sans passer notre temps à les examiner.
Malgré mon désaccord, comme dirait un sage,
Je n’accepterais pas qu’on vous fasse du mal,
Pour avoir envoyé à tous votre message :
Notre comportement serait-il animal ?
J’ai vu un président périr dans sa voiture,
À Dallas en direct ; tuer pour des projets,
Semble plutôt le fruit d’un esprit immature,
Se fondant avant tout sur un profond rejet.
Une vie n’est pas rien : l’ôter est sacrilège,
Et le concept honni par le crime est nourri ;
Mais pourrait-on tuer, sans le faux privilège
De la vente d’armes, que ce pays chérit ?






