jeudi 5 février 2015

Rimes de saison. Lamento du Spitzberg

Lorsque l’espoir se meurt l’hiver n’a plus de fin
Comme un oiseau gelé on reste sur sa branche
Dans une nuit polaire où nulle aurore franche
Ne ranime des cœurs depuis des mois défunts

Défunts à petit feu petits pas petits riens
On franchit la frontière en moins de temps qu’on pense
Pour le pays maudit où tout est décadence
Où l’on erre étranger dans l’éther cybérien

Les rues qu’on a connues ont le regard éteint
Les places sont noyées d’une ombre pénétrante
La vie est insipide et même incohérente
Hier décomposé et demain incertain

Il n’est plus qu’une envie quitter ce lieu malsain
Pour un pays où volent d’étranges sarabandes
Aveuglant l’or des cieux qui baigne Samarcande
Où l’on transmutera un audacieux dessein 
Samarcande © Mapomme 



mardi 3 février 2015

Rimes de saison. Tout Titan tait ses torts

Le Titan tord les corps dévorés sans effort
Tous les humains s’effraient de l’appétit féroce
Du géant primordial offrant la mort atroce
À quoi médite-t-il en son intime for

Fourmis vous m’agacez dit le Titan hautain
Il faut briser vos os pour pouvoir en extraire
L’essentielle moelle des tourments éphémères
Tout poète est un monstre insatiable et hutin

Il s’en va moissonner le trouble de vos cœurs
Afin de mieux combler le vide de son âme
En vampire aspirant tel un puissant dictame
Le suc des regrets ô divine liqueur

Mais le troupeau ne peut comprendre le Titan
Dont le front constellé s’ensemence d’étoiles
Et dont les yeux de feux de l’Infini se voilent
L’Infini aux soleils ardents et cécitants  
Titan © Mapomme avec l'aide de Jack



dimanche 1 février 2015

Sonnets. Osmose féline

J’ai plus souvent trouvé dans les yeux verts d’un chat 
Cette compréhension absente chez les hommes
Ceux-ci trop imbibés de leur prêchi-prêcha
Parlent pour ne rien dire et sans fin nous assomment

Pas de chats à la messe pour l’hostie et le vin
La parole permet les phrases patelines 
Sur son divan le chat ignore les mots vains
Un seul regard suffit à la gente féline

Voici pourquoi l’on voit de la Corse au Poitou
En compagnie d’un chat les pires solitaires  
Le silence adorant comme nous les matous
Savent dans les salons la saveur de se taire

S’il est inquiet le chat se calme d’un regard 
Et quand il est content nous montre des égards
Osmose féline © Mapomme



Rimes de saison. Renaissance

Et le onzième jour on créa l’assassin
Loin du jardin d’Éden fait de boue et de haine
Petit tyran portant la pensée allogène
Répandant peine et sang au nom d’un livre saint

Depuis ce minaret
Tombe un fatal arrêt
Des esprits vont sans âme
Sous la noire oriflamme

Et le onzième jour sous son soleil de nuit
Le sang sera versé au pays des Lumières
Sans pouvoir bâillonner l’ironie de Molière
Qui se railla toujours du dogme et de l’ennui

Depuis ce minaret
Tombe un fatal arrêt
Et s’empliront les rues
D’une âme disparue

Parce qu'Humanité
Rime avec liberté
Dessin de François Schmidt




samedi 31 janvier 2015

Rimes de saison. Soleil d’hiver

Jim fixe le givre dessinant des cristaux
Sur la vitre blanchie Étoiles frissonnantes
Qui opacifient la cité vibrionnante
Où cheminent sans but tel en un triste hosto  

Des âmes englouties en bouches de métro
Les pénitents s’en vont naviguant à la rame
Délestés de soleil vers l’Enfer et ses flammes
Jim admire le givre et ses hivers spectraux
Soleil d'hiver © Mapomme


dimanche 25 janvier 2015

Rimes de saison. Dans la fange des mares

Depuis les falaises fouettées par les vents
Les oiseaux vers les cieux à chaque aube s’envolent
Tandis que sur le sol nos rêves se désolent
D’ignorer le secret de ce vol si savant

Des espoirs d’avenir pour unique appétit
Ô pauvres voyageurs figés dans une gare
Les bagages trop lourds nous pleurons cette tare
Qui nous fait rêver grand et vivre aussi petits
Dans la fange des mares © Mapomme