mercredi 7 septembre 2022

Vers en technicolor. Conteur donne au combat le plus glorieux habit !

Depuis qu’est la cité, se répand la violence,
Car les guerres sont nées du désir des nantis,
Ambitionnant d’étendre ailleurs leur opulence,
Et jamais ce schéma n’a été démenti.

Tous les auteurs anciens ont passé sous silence
Ce dessein malveillant pour un but mieux senti ;
Les cadavres gisant ne sont que pestilence,
Sans un noble motif et sans héros gentils.

La Terre est un théâtre où les hommes s’agitent
Quand ombre est le pouvoir, entre les doigts fuyant,
Et, sur sa vacuité, nul esprit ne cogite,
Puisque tout n’est qu’horreur lors des assauts bruyants.

Quel cerveau enfantin peut croire à ces légendes,
Ces récits d’un conteur rendant noble un combat,
Vengeant l’honneur d’un roi que des héros défendent,
Quand tout n’est que razzia et sanglants branle-bas ?

On pillait les cités comme à présent les banques,
Et ruinait le pouvoir d’un fâcheux concurrent ;
Seul un mythe glorieux à ce beau récit manque,
Pour qu’on le magnifie vingt bons siècles durant.

Pulp fiction © Mapomme
D'après Quentin Tarantino

mardi 6 septembre 2022

Mythologies revisitées. Peut-on éteindre un feu qui couve sous la chair ?

Salomé a dansé devant un feu éteint
Un amant délaissé l’hymen sous la cendre ;
Cette danse dévoile un sentiment lointain
Lave issue d’un volcan menaçant de descendre

Pour engloutir la paix en robe de satin.
On ne sait si du feu l’antique salamandre
Sans brûlure est sortie mais nul auteur latin
N'a dit que de la flamme un cœur peut se défendre.

Salomé ne veut pas sur un plateau d’argent
La tête décollée de celui qu’elle espère
Qui emprunta jadis un chemin divergent.

Mais revoici celui qui s’était fait la paire
Et sa danse célèbre un élan résurgent
Qui en loup affamé quitterait son repaire.

Le Destin est un dieu facétieux et moqueur :
Ne voulant de sa tête elle a conquis son coeur.

Gilda © Mapomme
D'après Charles Vidor

dimanche 4 septembre 2022

Vers en Technicolor. Le chevalier errant voulut tuer un cerf

La corde de son arc était déjà tendue
Et le cerf serait mort, sans un cri implorant ;
La dame était jolie – la pomme défendue ! -
Qu’il en aurait souri sans l’orgueil dévorant.

Pourquoi écoute-t-on la voix d’une supplique,
Quand tout le long de l’an on y demeure sourd ?
Sans doute par langueur, si jamais elle explique
Le dégoût des passions qui exauçaient ses jours.

Le pouvoir de la fée, blonde décolorée,
Provenait d’un charme jusqu’alors inconnu ;
La dame aux yeux turquins, à la voix éplorée,
Estimait son loisir cruel et saugrenu.

Était-elle une fée, de quelque lac sortie,
Ou bien une sorcière espérant l’égarer ?
Était-elle un blanc lys ou la piquante ortie ?
Il se sentait changer allant désemparé.

Tel un voilier évite une anse où il ferait relâche,
Doutant, il louvoya avant d’entrer au port ;
Tout havre est un danger, car le temps nous attache,
Les semaines et mois ruinent les châteaux-forts.

Les désaxés © Mapomme
D'après John Huston

Mythologies revisitées. Ce David abattit le plus puissant Goliath

Qui a dit qu’un vieux mythe était peu inspirant ?
Certains lecteurs ont ri de la scène dépeinte
De ce géant Goliath au duel attirant
Un guerrier à lutter au val des Térébinthes.

Percy était paisible et cultivait son champ
Semant du canola sans avoir de contraintes ;
Au fil des ans il fit sans cesse recherchant
Sa propre variété quand il reçut l’astreinte.

Un géant de l’agro l’accusait de semer
Des graines provenant des champs du voisinage
Et voulait l’asservir par ce grief clamé.

Ce David semblait faible et n’était pas en âge
D’affronter un géant qui avait affamé
Les paysans du monde avec d’affreux chantages.

Sans pierres il mena une vaillante fronde
Abattant le géant et son chantage immonde.

L'affaire Percy © Mapomme
D'après Clark Johnson

samedi 3 septembre 2022

Mythologies revisitées. Meurt dans la forêt laide un héros sans Aède

 À écouter Homère ou bien Chrétien de Troyes
Seul un guerrier hellène ou un preux chevalier
Bien que fictifs héros furent les seuls qui soient
Quand périt l’anonyme en un bois les bras liés.

Ailleurs de par le monde en la nuit qui les noie
Ou dans notre pays espérant des Alliés
Combien sont morts ainsi sans que nul ne les voie
Sans chantre pour vanter leurs destins singuliers ?

Affrontant un tyran sans l’espoir de survivre
Ils sont guerriers de l’ombre et n’auront pas un chant
Pour donner le courage un beau jour de les suivre.

Heureux qui comme Ulysse a pu revoir ses champs
Retrouvant ses amis de leur liberté ivres
Obscur puisqu’oublié par la Parque fauchant.

On honore les morts sans même imaginer
Leurs tout derniers instants d'une aube illuminés.

Rogue One © Mapomme
D'après Gareth Edwards

vendredi 2 septembre 2022

Mythologies revisitées. Peut paraître un hymen sur un terreau de haine

Et un danger commun au final éclairant
Surgi quand on réfute un incroyable exode.

L’amour frappe à tout âge en rude conquérant
Qui au cours d’une scène imposera ses codes
Et au sein des enfers intervient altérant
Les desseins rancuniers d’un monstre malcommode.

Théâtre est le monde de nos drames repu
Où chaque jour qui naît verse or et obsidienne ;
Ainsi troublé le jour coule ininterrompu

Quand d’espoir s’est teintée la crainte quotidienne.
Comme sur le fumier un iris impromptu
L’amour peut triompher de toute haine ancienne.

Eschyle écrit ta fin et fais-la moins morose
Trempant alors ta plume en la belle encre rose !
Super 8 © Mapomme
D'après J. J. Abrams

jeudi 1 septembre 2022

Mythologies revisitées. Une étrange requête

« On n’entre pas ! » m’a dit le gardien de la Porte
« À moins de nous conter un récit prodigieux ».
Ce drôle m’agace mais au fond que m’importe
Si je puis pénétrer en ces lieux prestigieux

Et je narre un récit auquel le guet m’exhorte.
L’ancien guerrier en paix des mauvais contentieux
Se croyait à l’abri ; il fallut qu’il en sorte
Répondant à l’appel d’un vieil ami précieux.

Étant mort il voulait qu’on protégeât sa fille
Pour préserver ses biens contre les ennemis
Espérant dépecer les biens de la famille.

Comme on ne peut jamais guerroyer à demi
Il fallut du défunt défendre la bastille
Et laisser le domaine à jamais affermi.

Le gardien me sourit : « Passez la porte en paix :
Qui défend ses amis mérite le respect ! »

Les tontons flingueurs © Mapomme
D'après Georges Lautner