dimanche 30 mars 2025

Élégies. La folle stratégie

On a vu à Gaza la manifestation
De Gazaouis furieux, au milieu des décombres ;
D’affreux bombardements naît la détestation
D’un ministre ennemi dont l’objectif est sombre.

Ce conflit l’arrange pour garder le pouvoir
,
Car la justice attend avec grande impatience,
Par la guerre empêchée de faire son devoir ;
Le dirigeant en joue avec folle efficience.

En France, un mouvement
range les assassins
En tant que résistants, malgré leur barbarie ;
Qui tue des innocents ne peut passer pour saint,
Aussi belle que soit la fourbe plaidoirie.

Le peuple de Gaza dit au Hamas : « 
Dehors ! »
Et il les qualifie, sans fard, de terroristes ;
En France, un orateur multiplie les efforts
Pour que grimpe la haine et l’antisémitisme.

Sur une chaise assis
, lui en tombent les bras
Puisque ceux qu’il défend l’envoient droit dans les cordes ;
Il tenait une cause et soudain, patatras !,
Avec les opprimés s’étale la discorde.

La folle stratégie © Mapomme

samedi 29 mars 2025

Élégies. Aussi libres que l’air

Dans l’azur j’aperçus un arc-en-ciel immense,
Qui naissait en un lieu que je ne pouvais voir,
Pour finir en un lieu où l’autre vie commence,
Un paisible monde d’où vient tout le savoir.

Si on pouvait franchir les murs d’acier horribles,
Comme cet arc-en-ciel, le monde serait beau :
Mais 
un gros crétin blond veut tout passer au crible,
Chassant des travailleurs à coups d’excès verbaux.

La Terre est hérissée d’illimitées murailles,
Preuve d’iniquité entre puissants blindés
Et les déshérités d’un monde qui déraille,
Où la haine parvient ainsi à nous scinder.

Tout ça pour admirer la richesse infinie
De monstres se montrant toujours insatisfaits,
Pas assez rassasiés, pleurant leurs litanies,
Où les baisses d’impôts demeurent sans effet.

Reste-t-il des rêveurs dont l’esprit s’émerveille
Devant un arc-en-ciel et qui songent aux liens
Unissant les humains, dont le cœur s’ensoleille
De l’occulte magie d’un miracle édénien ?


Aussi libres que l'air © Mapomme

jeudi 27 mars 2025

Élégies. Que des pieds nickelés !

Les mêmes erreurs font que les leaders pinaillent,
Refusant de sonder les abîmes béants :
L
e vieux monde se meurt et le nouveau traînaille,
Quand dans ce clair-obscur naissent d’affreux géants.

Toute démocratie par essence est fragile,
Et non éternelle, dans le laps de temps,
Comme disait Gramsci ; les tablettes d’argile
Des traités s’effacent rien qu’en les humectant.

Il suffit d’un tyran avide de revanche,
Qui serait entouré de vrais pieds nickelés,
Pour que, de par le monde, aussitôt ils déclenchent,
Des gaffes à gogo qui feront craqueler

D’anciennes alliances, jusqu’ici très solides !
Crachant sur les amis, flattant les détracteurs,
D’un brusque trait de plume, ces ballots invalident
Un traité réfléchi, au dessein protecteur.

Échappés de l’asile, aux règles ils dérogent,
Détruisant les piliers étayant leur nation,
Justice, Sûreté, et, crachant sur leur toge,
Mentent aux sénateurs pris de consternation.


Que des pieds nickelés ! © Mapomme

mercredi 26 mars 2025

Élégies. Éprouvées par les ans

Il pleut sur nos amours et le bonheur s’efface,
En perdant ses couleurs éprouvées par les ans ;
D
e la passion d’antan on a perdu la trace,
Un vent la tempérant dans les frimas présents.

Ses couleurs ont passé, à force de routine,
Même si la flamme ressuscite un beau soir,
Lazare sur un corps qu’à nouveau il lutine,
Quêtant un jeune émoi dans l’ombre du boudoir.

Mais, le reste du temps, les feux des nuits de fièvre
Ne représentent plus un continent nouveau,
Terra incognita, qu’on découvre des lèvres,
Un temple qu’on fréquente à l’instar d’un dévot.

Sinon règne l’automne, aux brumeuses froidures,
Aux averses glacées, aux cieux obscurs et gris :
D
es semaines, des mois, où les brouillards perdurent,
nous pèse un manque, qui rend tout l’être aigri.

Il pleut sur nos amours, nos passions moribondes,
Nos cœurs cacochymes surveillant leur tension,
Comptant les calories, et l’esprit vagabonde
Vers l’âge des plaisirs sans mille préventions.


Eprouvées par les ans © Mapomme

mardi 25 mars 2025

Élégies. Quelle désillusion !

Combien ai-je esquissé de grandes espérances,
Comme beaucoup, je crois, qui croyaient aux progrès,
Car la technologie traçait, en apparence,
L’ébauche d’un futur qui nourrit mes regrets.

Pour gaver les ogres des empires néfastes,
Il fallut étouffer ces rêves dangereux,
Qui faisaient embrasser des horizons trop vastes,
Pour que, dépossédés, nous allions mal heureux.

Le bonheur s’avérant d’un profit assez maigre,
Brilla soudain l’attrait d’un truc de quatre sous,
Chimère détrônant des lendemains allègres :
De ce sot reniement nul ne peut être absous.

Quelle poudre d’oubli guérira l’amertume,
D’avoir trahi, d’un coup, les plus belles valeurs
Pour de la pacotille ? Ah ! nos rêves posthumes,
Désormais en ruines, ont le goût du malheur.

Pourtant, ils n’étaient pas aussi inaccessibles,
Mais guérir le mal-être est plus intéressant,
Puisque traiter un spleen, ce tourment indicible,
Génère des profits et des soins incessants.


Quelle désillusion ! © Mapomme

lundi 24 mars 2025

Élégies. Un cri dans la nuit froide

Maîtresse des pensées, Nuit tissée de silence,
Offre à nos insomnies cette pénétration
Qui permet de capter tous les cris qu’on te lance,
Les maux des oubliés dans la désolation !

Q
uand cessent les hauts cris des plaies superficielles,
Qui voulait avoir plus et n’obtient que son dû,
Des peines déclarées, bien que non essentielles,
Les malheurs plus profonds sont alors entendus.

Or, qui veille en la nuit pour percevoir ces ondes,
Qui migrent des pays moins bruyants et lointains ?
C’
est un puits ténébreux que très peu d’esprits sondent,
Où de tordent les mains des tragiques destins.

Nous avions un veilleur, oracle des révoltes,
Sachant mettre en chanson nos plus choquants dégoûts,
Qui voyait du futur les funestes récoltes
Des lâches abandons qu’on paie par contrecoup.

Si nul n’entend la nuit qui semble une onde lisse,
Les cris, les S.O.S., comme des ronds dans l’eau,
Aucun ne les verra qui, sans fin, s’élargissent,
Pour éveiller nos cœurs aux plus vibrants sanglots.


Un cri dans la nuit froide © Mapomme

dimanche 23 mars 2025

Élégies. Dans les forêts forer

Il faut forer, forer, jusque dans les forêts,
Sortir le pétrole du ventre de la Terre !
Qu’importe si Greta hurle comme un goret,
Derrière elle ralliant tous les protestataires !

Je suis le roi du monde et fais ce que je veux,
Car il n’est personne qui à mes vœux s’oppose ;
Mes ordres sont parfois tirés par les cheveux,
Cependant rechigner s’avère vaine cause !

Le bla-bla climatique est amplement bidon
,
Du fric jeté en l’air pour notre économie :
Bigrement le commerce en sera le dindon,
Comme ce fut le cas durant la pandémie !

Ces inutiles bois sont des terrains perdus
Qu’on peut utiliser pour exploiter la terre,
Pour y pomper de l’eau, dont quelques verts tordus
Sauvent tel un trésor quasi héréditaire !

I
l faut forer sans fin, tant qu’il est encor temps,
Puisque seuls des contrats peuvent doper la bourse :
Sous le sol sommeillent de fabuleux montants,
Lesquels nous permettront de remporter la course !

Dans les forêts forer © Mapomme