J’ai affronté
jadis la puissance implacable
D’un tyran régional, tuant
socialement,
Mais sans ôter la vie, dans
le pire vocable,
On
m’avait dégradé longtemps et salement.
Pourtant,
je suis en vie, sans que me manque un membre,
Non
atteint dans mes chairs pas plus que dans l’esprit ;
J’ai
suivi ma route, de janvier à décembre,
Et
ma ténacité
n’eut vraiment
pas de prix.
Tout
ça n’est que broutille en regard des violences
Qu’endurent
les femmes dans des pays lointains ;
Je
reste admiratif devant leur résilience,
Et
de leur courage face aux mâles crétins.
Visage
découvert, malgré les représailles,
Elles
se révoltent face aux moyenâgeux,
Qui
leur peignent des cieux pesant de leur grisaille,
De
sombres avenirs faits de jours orageux.
Dieu,
que sont vaillantes ces femmes exemplaires,
Risquant
les outrages des Gardiens criminels !
Combien
sont risibles les
minables colères
De
nos ternes élus pour des tourments
véniels.
samedi 5 avril 2025
Élégies. Des femmes exemplaires
vendredi 4 avril 2025
Élégies. Mal joué, monsieur Trump !
Le maître du chaos, sur la planète entière
A
fichu le boxon,
flinguant à tour de bras ;
Il
semblait sous le coup d’une fièvre émeutière,
Car
sur chaque pays il mettait un contrat.
Il
répétait un mot qui flattait ses oreilles,
L’énonçant,
tout ravi, dans son bureau :
« Tarif ! » ;
Le
déclamer offrait une joie sans pareille,
Le
globe devenant un comté sans shérif.
Ayant
laissé sans voix toute l’économie,
Il
prit un grand week-end, pour faire dix-huit
trous,
Affichant
un sourire, empli de bonhommie,
Mais
aussi d’un mépris des autres, peu ou prou.
A-t-il
si bien putté, sous le ciel de Floride,
Ses
drives l’amenant assez près du drapeau ?
Tant
mieux s’il faisait chaud, si l’air était torride,
Et
si un vent sournois emporta son chapeau !
Mal
joué, monsieur Trump, car résonne l’alarme,
Et
sonne le tocsin affolant les courtiers !
Votre
idée n’agit pas ainsi qu’un puissant charme,
Et
vous loupez le par, devant le monde entier.
Élégies. Aux morts qui sont tombés
Il n’y a plus
de sang, il n’y a plus de corps,
Mais les gens, en passant,
avaient posé des roses,
Là où étaient tombés des dizaines
de morts,
Sous un feu sans pitié en ce lundi morose.
Un
jour sombre en Irlande et à Gaza des mois,
Un
jour en Israël, des années en Ukraine,
Et
l’horreur en Iran, qui fait naître un émoi :
Si
puissante est la nuit, si vivace est la haine !
Les
fleurs se sont fanées, sans que naisse l’oubli,
Et
aucun assassin, ivre de ses massacres,
Ne vivra impuni, - c’est un fait
établi ! - ,
Sans
pouvoir y couper par un vain simulacre.
Contre une évolution, un pouvoir résolu
Ses Gardiens en moto à tous les coups dépêche ;
Dictant
d’obscures lois, ces vieillards
révolus
Affrontent les jeunes qui
les battent en brèche.
En
Iran, on combat
le pouvoir des mollahs,
Qui
égraine des lois d’un monde misogyne ;
En
France, on s’agite, pour
mettre le holà
En
portant ce voile, sexiste à l’origine.
jeudi 3 avril 2025
Élégies. C’est pas moi, je le jure !
Grand Mère était entrée, ayant perçu un
bruit
Dans
la cuisine éteinte, en craignant la
visite,
De
rats, ou de souris, qui rapinent la nuit
Et
qui, à se gaver, en aucun cas n’hésitent.
Elle
fut très surprise, en allumant d’un coup,
De
voir la Probité
baffrer sa confiture ;
« C’est
pas moi, je le jure ! »,
dit-elle avec bagou,
Avec
beaucoup d’aplomb, sans nulle fioriture.
Le
larcin paraissait être
un des plus
flagrants :
Pourtant
elle le niait avec extrême audace ;
Plus
ample est le forfait, plus le mensonge est grand,
Et
si on s’en
dédit,
qu’aussitôt on
trépasse !
Un
brin de confiture encor au bout d’un doigt,
La
chapardeuse, outrée, maintenait sa défense ;
Elle
plaidait les faits, nullement aux abois,
Semblant
une vierge qu’un procureur offense.
Un
avocat disait « N’avouez
jamais rien ! »
Dont
les mots l’inspiraient, ce soir, dans la cuisine ;
Ce
n’était qu’un plaisir, un brin épicurien,
Et
afin d’y goûter, nul gourmet ne lésine.
dimanche 30 mars 2025
Élégies. La folle stratégie
De Gazaouis furieux, au milieu des décombres ;
D’affreux bombardements naît la détestation
D’un ministre ennemi dont l’objectif est sombre.
Ce conflit l’arrange pour garder le pouvoir,
Car la justice attend avec grande impatience,
Par la guerre empêchée de faire son devoir ;
Le dirigeant en joue avec folle efficience.
En France, un mouvement range les assassins
En tant que résistants, malgré leur barbarie ;
Qui tue des innocents ne peut passer pour saint,
Aussi belle que soit la fourbe plaidoirie.
Le peuple de Gaza dit au Hamas : « Dehors ! »
Et il les qualifie, sans fard, de terroristes ;
En France, un orateur multiplie les efforts
Pour que grimpe la haine et l’antisémitisme.
Sur une chaise assis, lui en tombent les bras
Puisque ceux qu’il défend l’envoient droit dans les cordes ;
Il tenait une cause et soudain, patatras !,
Avec les opprimés s’étale la discorde.
samedi 29 mars 2025
Élégies. Aussi libres que l’air
Dans l’azur j’aperçus un arc-en-ciel
immense,
Qui naissait en un lieu que je ne pouvais voir,
Pour
finir en un lieu où l’autre vie commence,
Un paisible monde
d’où vient tout le savoir.
Si on pouvait franchir les
murs d’acier horribles,
Comme cet arc-en-ciel, le monde serait
beau :
Mais un
gros crétin blond veut tout passer au
crible,
Chassant
des travailleurs à coups d’excès verbaux.
La
Terre est hérissée
d’illimitées murailles,
Preuve
d’iniquité entre puissants blindés
Et
les déshérités d’un monde qui déraille,
Où
la haine parvient ainsi à nous scinder.
Tout
ça pour admirer la richesse infinie
De
monstres se montrant toujours insatisfaits,
Pas
assez rassasiés, pleurant leurs litanies,
Où
les baisses d’impôts demeurent sans effet.
Reste-t-il
des rêveurs dont l’esprit
s’émerveille
Devant
un arc-en-ciel et qui songent aux liens
Unissant
les humains, dont le
cœur s’ensoleille
De
l’occulte magie d’un miracle
édénien ?
jeudi 27 mars 2025
Élégies. Que des pieds nickelés !
Les mêmes erreurs font que les leaders
pinaillent,
Refusant
de sonder les abîmes béants :
Le
vieux monde se meurt et le nouveau traînaille,
Quand
dans ce clair-obscur naissent d’affreux géants.
Toute
démocratie par essence est fragile,
Et
non éternelle, dans le laps de temps,
Comme
disait Gramsci ; les tablettes d’argile
Des
traités s’effacent rien qu’en les
humectant.
Il
suffit d’un tyran avide de revanche,
Qui
serait entouré de vrais
pieds nickelés,
Pour
que, de par le monde, aussitôt ils déclenchent,
Des
gaffes à gogo qui feront craqueler
D’anciennes
alliances, jusqu’ici très solides !
Crachant
sur les amis, flattant les détracteurs,
D’un
brusque trait de plume, ces
ballots invalident
Un
traité réfléchi, au dessein
protecteur.
Échappés
de l’asile, aux règles ils dérogent,
Détruisant
les piliers étayant leur nation,
Justice,
Sûreté, et, crachant sur leur
toge,
Mentent
aux sénateurs pris de consternation.