Elle attend un retour qui jamais n’aura lieu,
Car l’appel du lointain s’avère souvent
traître ;
Même si l’on y voit un ciel pur et radieux,
Cet ailleurs mystérieux se montre un mauvais
maître.
Sur la lande, tout près
d’un cercle de menhirs,
Drapés d’un voile blanc d’évanescente brume,
Elle espère le voir vers elle revenir,
Depuis les flots rageurs que
couronne l’écume.
Ailleurs, très loin d’ici, dans de denses
forêts
Aux hautes frondaisons, hantées des cris étranges
Dont tout explorateur assurément
saurait
Nommer sans hésiter les singes qu’on dérange.
Ivresse d’un lointain,
combien sont ainsi morts
Pour avoir traversé d'interdits territoires ?
Au moment de périr, eurent-ils des remords
D’avoir un jour voulu s’illustrer dans
l’Histoire ?
Elle attend, mais que
d’eau a coulé sous les ponts,
Que de larmes versées,
que de veillées d’errance !
Aux souhaits de retour aucun saint ne répond
Pour nourrir, ici-bas, une frêle espérance.
mercredi 6 novembre 2024
Élégies. Elle attend un retour
mardi 5 novembre 2024
Élégies. La volupté bannie
Qui mange des fraises durant chaque saison
En fera donc un met tout à fait ordinaire ;
Les consommant souvent sans envie ni raison,
S’altère par l’excès
ce plaisir culinaire.
Le gourmand est puni par
sa constante faim
Qui fait d’un goût exquis une saveur banale ;
On oublie du nectar le délicat parfum,
L’exquisité en bouche et la note finale.
Tous nos sens se verront punis par les abus,
Sans remède immédiat à cette pénitence ;
Ce sera des gourmands le récurrent tribut
Que de n’avoir plus goût à la moindre pitance.
On en vient à songer que dans leurs longs
banquets
Les romaines orgies furent ainsi punies,
Car si aucun plaisir jadis ne leur manquait,
La volupté se vit de leur table bannie.
Il nous faut éviter ce grand désagrément,
Car le profond ennui naîtra de l’abondance,
N’ayant pas apprécié
les joies modérément,
Lorsque nous les offrait la douce providence.
lundi 4 novembre 2024
Élégies. Excès de liberté
Puisqu’on use à l'envi de violentes diatribes ;
Dans d’acides venins, lors des constants procès,
Trempent leur calame les vitupérants scribes.
Ils invoquent la rage, onguent miraculeux
Qui sauve sans faillir la liberté précaire
Que met en grand danger un monstre crapuleux,
Qui est de la nation le plus grand adversaire.
Jadis on affrontait un simple concurrent
Et non un ennemi qui vers le précipice
Le verdict des urnes lui devenant propice.
Alors, chaque scrutin se montrant capital,
Car il faudra livrer un corps à corps vital
Pour repousser encor cet abîme tenace.
Aussi on se permet tous les excès verbaux,
En vue de remporter ce grand enjeu ultime
Divisant la nation qui s’en va en lambeaux,
Quand amis et parents sont l’ennemi intime.
dimanche 3 novembre 2024
Élégies. Nous instiller la peur
Des prophètes nouveaux
d’une extinction de masse,
Sans erreur, prédisent les tourments à venir,
Mais peignent un monde qui fait croître l’angoisse,
Un cauchemar naissant qui viendrait nous punir.
Les symptômes sont clairs, les causes évidentes,
Car on voit qu’amplement s’altère
le climat ;
Si les maux sont patents, la querelle est ardente
Entre ceux qui prient un deus
ex machina
Et les furieux prônant l’amputation sévère ;
Les premiers exhortent à
faire des efforts,
Alors que, radicaux, quelques autres préfèrent
Trancher jambes et bras pour que vive le corps.
Ces orphelins de Marx,
prêchent la
décroissance
Et, sous leur habit vert, ont un rouge drapeau ;
Les sanglants idéaux y
voient leur renaissance
Et au Grand Capital
voudraient faire la peau.
Je crois plus aux premiers chassant le gaspillage,
Recyclant et chassant la surconsommation ;
Cherchant le bien commun, je vais dans leur
sillage,
Car les
seconds n’auront aucune compassion.
samedi 2 novembre 2024
Élégies. Une ombre immatérielle
dimanche 27 octobre 2024
Élégies. Tyrans et justiciers
Un jour vous finirez d’une façon horrible,
Exposés à la foule, aux crachats, aux jurons,
Aux pires insultes, aux infamants outrages,
Vos corps morts recevant des coups de ceinturons,
Vous verrez les faibles simuler le courage.
Si puissants qu’ils fussent, les tyrans absolus
Sont trahis un beau jour, quand leur féroce étreinte
Vient à se desserrer, qu’un proche est résolu,
Pour épargner sa peau, à les trahir sans crainte.
Quant aux grands généraux qui vivent dans la peur
Du retour d’un régime, ils sentent un obstacle
Dans un atermoiement vécu avec stupeur,
Rompus à statuer sans heurt dans un cénacle.
L’inverse du pire n’est hélas pas le mieux,
Mais aussi un excès qui mène à la révolte ;
Le mieux se situera dans le juste milieu :
En semant la terreur, la fureur on récolte !
Élégies. Cultiver son jardin
« Dieu seul est victorieux », lit-on à l’Alhambra,
Où les mots sont bien plus qu’une simple écriture :
Cette devise y est un récurrent mantra
Qui moque les hommes, sans nulle fioriture.
Dans les sanglants combats, seul est vaincu l’humain,
Dont l’appétit furieux est source de défaite
Pour avoir désiré quitter le droit chemin
De la paix d’un jardin qu’une âme pure fête.
On aurait pu bâtir des grands murs à l’envi
Et vider les caisses pour prévenir les guerres ;
On a fait des jardins dont se trouvent ravis
Le regard et le cœur, mais pas l’instinct vulgaire.
Tant d’ambitieux tyrans vinrent semer la mort,
Telle une peste noire en tous les points du monde,
Et leur horde a tué tant de vies sans remords :
Leur but mène au gouffre que nul esprit ne sonde.
Les grands leaders cinglés, haranguant en tous lieux
Une foule exaltée, ne
sèment que la haine :
N’accordons de crédit qu’aux génies merveilleux,
Les tyrans n'ayant droit qu'au feu de la géhenne.






