D'après Jan Styka
dimanche 13 octobre 2024
L'odyssée des passions. Chez les Lestrygons
D'après Jan Styka
L'odyssée des passions. Victoire des Cicones
vendredi 11 octobre 2024
Élégies. Un général opprobre
La vie semble un chemin parsemé de pétales,
Tant qu’on n’entrave pas les desseins frauduleux
Des notables puissants, dans leurs sombres dédales,
Ourdissant sans arrêt des projets crapuleux.
Malheur au misérable à l’esprit trop intègre
Qui montrerait du doigt leurs vils agissements !
Forte de son pouvoir, cette éminente pègre
Toujours le frappera de son bannissement.
Hélas, le pot de fer brise celui en terre :
Ainsi le monde va depuis sa création !
Retournant le grief, le mis en cause altère
L’intègre sans pouvoir, mis en accusation.
Alors il doit aller d’une démarche altière,
Mais se sait désigné du nom de scélérat ;
Il est vilipendé par la cité entière,
Proscrit tel un paria souffrant du choléra.
Pèse sur lui un ciel plus sombre qu’en octobre,
Et les regards de tous sont pire que des mots,
Tout chargé de mépris, de général opprobre
jeudi 10 octobre 2024
L'odyssée des passions. Un retour espéré
D’un père absent longtemps, le fils veut abolir
Les années d'un conflit qui d’affection le prive.
Les vaisseaux sont rentrés, dans les proches cités,
Mais pas ceux d’Ithaque dont on ne trouve trace !
Seul un courroux divin aurait pu susciter
Un aussi long retard qui tout espoir terrasse.
Ce dieu bénéficie de la complicité
De Zeus et donc Ulysse est tombé en disgrâce ;
Télémaque, au comble de la perplexité,
Scrute les flots déserts que son regard embrasse.
Tant d’années se passent à attendre un retour,
Puis l’espoir renaissant quand s’achève la guerre,
D’un favorable vent on prévoit le secours.
Défilent jours et mois, puis des années austères,
Sans qu’un vague récit ne parvienne à la cour ;
Alors, il faut partir et régler ce mystère !
Les cieux où les astres nous ont semblé pâlir,
N’annoncent nul espoir qu’un seul vaisseau arrive.
mardi 8 octobre 2024
L'odyssée des passions. Braver des flots hostiles
On se lance parfois dans de rudes combats,
Sans vraiment s’assurer des chances de victoire.
Ainsi, quittant enfin, au terme de dix ans,
Le rivage de Troie, pour retrouver son île,
L’homme aux mille desseins, du retour se grisant,
Ignorait qu’un grand dieu s’y montrerait hostile.
Sirènes et tritons, assis sur les brisants,
Caustiques contemplaient l’énergie inutile
D’un vaisseau affrontant les flots terrorisants,
Sans espoir, en dépit d’un capitaine habile.
De contraires courants, commandés par un dieu,
Le menaient loin d’Ithaque où guettait sa famille ;
Tous avaient tant rêvé de ce retour radieux
Et des joies qui naîtraient en voyant la flottille !
Ils dérivaient menés par des vents insidieux,
Hirsutes, fatigués et vêtus de guenilles.
Il faut souvent lutter, le moral au plus bas,
Contre un puissant courant qui veut dicter l’histoire.
samedi 5 octobre 2024
L'odyssée des passions. Se perdre dans l’oubli
Sitôt que le chagrin de notre âme s’empare,
On cherche vainement à sombrer dans l’oubli.
Abolir ces années d’une épique épopée,
Ou bien à naviguer sur d’indomptables flots,
En tous lieux redoutant de périr par l’épée
Ou alors de couler au plus profond de l’eau,
Reste pour tout humain une triste équipée.
Que de soupirs poussés, que de muets sanglots,
Quand de mélancolie, l’âme se voit drapée,
Désespérant qu’un jour ce périple soit clos !
Au pays merveilleux des courtois
Lotophages,
Que nous avons aimé cet oubli bienfaiteur
Qui s’avérait pourtant un sublime servage,
Leurs plantes dispensant un mieux consolateur !
Qui n’a jamais trouvé dans l’abus d’un breuvage,
Offrant pour un instant un effet salvateur ?
Vain remède, l’oubli nullement ne répare
Un naufrage amoureux en nos cœurs établi.
vendredi 4 octobre 2024
L'odyssée des passions. Ma vie livrée aux vents
Le dieu Éole offrit une outre
recevant
Des vents pour s’en servir quand règne une accalmie.
De partout les idiots préfèrent plus que mieux
Et, croyant agir bien, gaspillent leurs ressources !
Au-delà du surcroît, supposé ingénieux,
Aucun regret futur du malheur ne rembourse.
De stupides marins, de la faveur d’un dieu
Font un grand désastre sans possible rescousse ;
D’Éole
ils ouvrent l’outre, et cet oubli odieux,
Quand Ithaque est en vue, hors de vue les repousse.
Il n’est besoin d’un dieu pour que naisse un tourment :
L’homme sait se livrer lui-même à l’hébétude,
En faisant son malheur, croyant qu’Ulysse ment.
Certe, il a mille tours dans son sac, d’habitude :
La méfiance conduit à leur éloignement
D’une île où ils auraient retrouvé la quiétude.
De son but éloigné, sa vie livrée aux vents,
La sottise il craindra, bien plus que l’infamie !





